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Goliard[s], quesako ?

Commençons par une présentation classique si vous le voulez bien : Balades au fil du temps, contes, conférences, projections, débats, jeux… Goliard[s] se propose d’amener les humanités, l’histoire, les histoires et toutes les littératures loin, bien loin des sentiers battus tout en restant pertinent et juste. Notre but : nous adapter à tous les publics (adultes, scolaires, groupes) afin de mieux montrer des pans entiers de l’Histoire et du patrimoine.

Bon d’accord, mais Goliard[s], au-delà des mots un peu creux, qu’est-ce que c’est en fin de compte ?

Goliard[s], c’est avant tout une question de pratique. Prenons un exemple simple si vous le voulez bien…

Moui, mais dépêchez-vous, je n’ai pas que ça à faire.

Je vous rassure, cela ne va prendre que cinq minutes. Disons que vous êtes dans un musée, au hasard Carnvalet, consacré à l’histoire de Paris, un endroit où, au passage, je vous conseille d’aller, d’autant qu’il est libre d’accès… Vous vous retrouvez devant cette toile, intitulée Procession de la Ligue place de Grève (vers 1590)
Procession Ligue 1590
et vous voyez un premier guide-conférencier qui passe, avec à sa suite un groupe d’une trentaine de personnes. Le type est muni d’un paquet de fiches bristols qu’il tient fermement. Il se poste au gauche de la toile (toujours à gauche, comme ça, il peut pointer l’oeuvre de la main droite, une main docte et sûre) et, devant un public silencieux, se lance, d’une voix monocorde, mais assurée,dans le discours suivant, en jetant de temps en temps un regard à sa fiche :

« La toile ci-contre a été réalisée par un peintre anonyme à la fin du XVIe siècle. Elle mesure 230 cm sur 75, format peu habituel pour l’époque. Les teintes et les couleurs sont sombres, les personnages et le décor naïfs. La scène représente une procession de la Ligue durant dans le Paris assiégé par les troupes d’Henri IV. Nous ne savons rien quant aux commanditaires. Détail pittoresque : des moines manifestant tirent des coups d’arquebuse en l’air alors qu’à gauche de la toile, un chien jappe »

Sur ces bonnes paroles, le guide-conférencier passe à la toile située juste à côté (sur la gauche, toujours sur la gauche). Il se poste devant. Tout en marchand, d’un geste lent montrant une maîtrise parfaite de ce geste, il a glissé la fiche bristol sous le tas, révélant à ses seuls yeux la suivante, consacrée, – ce n’est pas un hasard, TOUT est prévu – à la toile dont il va parler.

Le Goliard, lui, ne va pas arriver directement devant la toile. Il va parler de la salle, montrer que le musée n’est pas un lieu neutre, et va laisser les gens poser des questions. Une fois face à l’oeuvre, il laissera le temps au public de la regarder, de flâner, puis posera des questions, rebondira sur des observations, tutoiera les gens pour casser la distance entre l’intervenant et les auditeurs, fera quelques blagues, bougera, sera vivant, libérera sa parole et celle des autres, bref, autant d’expériences éphémères qu’il est impossible de retranscrire par écrit.

Vous voyez la différence entre les deux ?

D’abord, les GoliardE[s] ne sont pas là pour vous asséner un savoir tombé du ciel. Nos visites, nos conférences, nos débats, ne sont que des propositions. Il n’est pas rare que dans nos balades, des visiteurs mettent en question ce que nous disons et propose une autre solution ! Tant mieux, c’est l’un des buts recherchés.

Ensuite, nous tentons d’être le plus clairs possible, et encourageons chacun à nous poser des questions s’il n’a pas compris un terme. Nous voulons mettre à portée de tous les publics notre discours. Pareillement, c’est les goliardE[s], vous ne verrez pas un public passif. Nous posons des questions, afin que chacun participe et se sente acteur de sa visite (ou de sa conférence). Bref, nous tentons de démocratiser nos activités.

Enfin, les GoliardE[s] essaient de donner un sens à ce qu’ils voient, sans se cacher derrière une érudition gratuite avec laquelle ils énumèreraient sans expliquer. Qui va retenir que la voûte de Notre-Dame de Paris faisait tant de mètres de haut sur tant de large (d’autant qu’au Moyen âge, le système métrique n’existait pas) ? Il sera plus intéressant de mettre en corrélation ce chiffre avec les cathédrales construites après (Amiens par exemple) et de montrer qu’il existait une compétition, une course à la grandeur entre les évêques.

C’est ça Goliard[s]. Un savoir critique et coopératif mis à la portée de tous, qui se joue des frontières entre disciplines, entre cultures savantes et populaires.. Mais trêve de parole. Le meilleur des manifestes goliardien, ce sont nos activités. Venez y participer, invitez-nous dans notre abbaye de Thélème nomade.

8 réponses à Goliard[s], quesako ?

  • fred Peyrot dit :

    Je vous découvre par l’intermédiaire de « un temps de Pochon », sur Inter. Enfin un discours sur l’enseignement et sur ce qu’il devrait être qui me convient. Ce que je lis de votre démarche ne fait que le confirmer. Merci à William (je crois que c’est son prénom).
    Intervenez-vous ailleurs qu’à Paris? A Montpellier par exemple?
    Merci

    • williamblanc dit :

      Hélas, non… nous intervenons principalement sur Paris. Mais qui sait… Montpellier est une ville si riche d’Histoire et d’histoires.

  • HUET Richard dit :

    C’est très bien j’adhère totalement mais comment fait-on quand on habite Nîmes pour balader avec Goliard? Richard

    • williamblanc dit :

      Hélas, nous intervenons principalement sur Paris et l’Ile-de-France. Mais rien ne vous empêche de construire une structure similaire sur Nîmes. Parler de sa ville, c’est aussi la découvrir. D’autant qu’il y a tant de choses à dire sur Nemausus… Christian Goudineau en parle d’ailleurs (je crois) dans un de ses livres romancés, Le Voyage de Marcus : les tribulations d’un jeune garçon en Gaule romaine, Ed. Actes Sud, 2005…

  • Boursier Dominique dit :

    J’ai entendu parler de vos activités sur France Inter ce matin. Ce qui m’a accroché, c’est que celui qui a présenté aussi le site aimait le Moyen Age, moi aussi c’est ma période favorite. Vos activités se concentrent sur Paris, quant à moi, je suis au pied des Pyrénées. Dommage!

    • williamblanc dit :

      Merci… les Pyrénées, vous avez de la chance. Vous voyez encore passer de temps en temps des transhumances ?

  • patey christiane dit :

    Et à Lyon ! rien de semblable. Je me sers de votre site pour faire savoir que je serais intéressée pour monter un petit projet semblable. D’autres en ont envie ?