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Radio Goliard[s] chez les Barbares

"Les Huns à la bataille de Chalons" ; illustration de Neuville pour L’Histoire de France depuis les temps les plus reculés jusqu’en 1789 de Guizot, vol. I, p. 135.

« Les Huns à la bataille de Chalons » ; illustration de Neuville pour L’Histoire de France depuis les temps les plus reculés jusqu’en 1789 de Guizot, vol. I, p. 135. Une vision archaïque et péjorative des Grandes Invasions.

Sache ô prince que… « C’est de cette île Scanzia, qu’on peut appeler la fabrique des nations ou bien le réservoir des peuples, que les Goths passent pour être sortis anciennement, avec leur roi nommé Berig. À peine furent-ils descendus de leurs vaisseaux et eurent-ils touché la terre, qu’ils donnèrent leur nom au lieu où ils venaient d’aborder. Il s’appelle encore aujourd’hui, assure-t-on, Gothiscanzia. De là ils marchèrent incontinent contre les Ulmeruges, alors établis sur le rivage de l’Océan, les attaquèrent après avoir assis leur camp, et les chassèrent des terres qu’ils occupaient. » Jordanès, Histoire des Goths, chapitre 4

La période des Invasions barbares (IVe-IXe siècle), une époque de fer, une époque de sang, une époque sombre au point que, dans l’historiographie anglaise, on la surnomme Dark ages… les âges sombres. Aujourd’hui, nous allons tenter de l’éclairer avec trois invités :

  • Adrien Bayard, doctorant à l’Université Paris 1.
  • Bruno Dumézil, maître de conférences en histoire médiévale à l’Université Paris Ouest Nanterre La Défense.
  • Thomas Lienhard, maître de conférences en histoire médiévale à l’Université Paris 1.

Avec eux, nous sommes partis à la rencontre des sociétés barbares, en évoquant des points comme la raison de ces grands flux migratoires, l’ethnogenèse (comment se constitue un peuple barbare), l’ordalie, la place des femmes… avec, pour illustrer notre propos, des extraits des Vikings de Richard Fleischer (1958), d’Il était une fois… l’Homme (1978), et des digressions par la fantasy (Conan, le Donjon de Naheulbeuk… eh oui…), genre dans lequel se retrouvent pas mal de stéréotypes sur les barbares. Bonne écoute.

Et pour celles et ceux qui ont des tablettes fâchées avec les lecteurs flash, voilà le lien direct vers le MP3 de l’émission.

S’ajoute à tout cela un bonus sur le rôle de l’Église durant l’Antiquité tardive, avec, pour clore, Immigrant song de Led Zeppelin (1970), qui a pour thème les invasions vikings (pardon, les migrations. Led Zeppelin, comme de nombreux anglo-saxons, ont une vision plus positive de la période que la tradition historiographique française).

Voilà le lien direct vers le MP3 du bonus.

Quant au morceau d’intro, choisit par un Exomène très espiègle, les fans auront saisis qu’il s’agit d’une parodie Metal barbare, Udufru, meuglé par nos chers amis de Gronibard.

Quelques lectures au passage

Les extraits que nous avons diffusés sont visibles ici en version vidéo.

Il était une fois… l’Homme (1978).

Les Vikings (1958), avec le fameux épisode du lancer de francisque sur natte (n’essayez pas ça chez vous !!!).

Un autre extrait des Vikings, où il est question de poils. Vous remarquerez les différences stéréotypées entre Kirk Douglas, un barbare athlétique, violent et portant des braies de fourrures, et lord Egbert (joué par James Donald que vous aurez déjà vu dans Le Pont de la rivière Kwaï), l’Anglo-Saxon civilisé, efféminé presque, portant un tissu (qu’on suppose être de lin) long, privilégiant, selon ses propres mots, « l’esprit » plutôt que le corps. Hasard (ou pas ?) du casting, les deux Vikings sont joués par des Américains et l’Anglo-Saxon par un citoyen britannique.

On notera d’ailleurs que le réalisateur du film, Richard Fleischer, s’est spécialisé par la suite dans les films « de barbares », car il a tourné les deux suites de Conan le Barbare (1982), Conan le destructeur et Kalidor (respectivement 1984 et 1985), films tous deux tirés de l’œuvre de Robert E. Howard que nos invités ont évoquée lors de l’émission. La fantasy a ainsi beaucoup fait pour assurer la survivance du stéréotype du barbare.

Par un intéressant retour des choses elle a inspiré les réalisateurs de pas mal de péplums récents dont le discours est censé (en théorie) être plus historique. Ce n’est pas un hasard si deux des créateurs du film Conan le barbare ont fait par la suite des péplums : Oliver Stone a réalisé Alexandre (2004) alors que John Milius a produit la série Rome (2005).

William Blanc

PS : merci aux amis de Radio libertaire qui nous accueillent toujours avec beaucoup de sympathie.

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