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Radio Goliards : la grande famine en Irlande (1846-1851)

IMAGE 1 – Le mémorial de la famine irlandaise, Boston (USA), fait en 1998 pour célébrer dit la plaque "la tragédie de la grande famine et le triomphe des immigrants venus à Boston." La mémoire de la famine, et la fierté d'y avoir survécu, sont encore présentes dans la diaspora irlandaise vivant aux États-Unis.

IMAGE 1Le mémorial de la famine irlandaise, Boston (USA), inauguré en 1998 pour célébrer dit la plaque « la tragédie de la grande famine et le triomphe des immigrants venus à Boston. » Plus d’un siècle et demi après les faits, la mémoire de la famine, et la fierté d’y avoir survécu, sont toujours présentes dans la diaspora irlandaise vivant aux États-Unis.

Imaginez un pays qui, suite à un gigantesque désastre économique et social, n’a jamais retrouvé le niveau de population qui avait été le sien en 1840. Ce pays existe, il est européen, et c’est l’Irlande. Ce désastre, c’est la grande famine qui a frappé l’île verte entre 1846 et 1851 alors qu’elle fait partie de la nation la plus riche d’Europe. Elle provoque la mort d’un million de personnes et l’émigration d’un autre million, principalement en Amérique du Nord. Pour l’Irlande, notamment la partie formant l’actuelle république, mais aussi pour la diaspora, l’événement constitue un tournant majeur de son histoire au point de devenir un enjeu mémoriel important. Pour analyser cet événement, pour tenter de comprendre qu’une famine a certes des causes naturelles, mais aussi sociales et économiques, pour en mesurer la portée et les enjeux actuels, radio Goliards a le plaisir de recevoir deux spécialistes de l’histoire contemporaine irlandaise :

  • Fabrice Bensimon, professeur de civilisation britannique à l’université Paris-Sorbonne et membre du Centre d’histoire du XIXe siècle, travaille sur l’histoire sociale et politique des îles Britanniques au XIXe siècle.
  • Laurent Colantonio, membre du CVUH, maître de conférences en histoire contemporaine à l’université de Poitiers et membre du CRIHAM, travaille sur l’histoire contemporaine de l’Irlande, en particulier sur les mouvements nationaux au XIXe siècle.

Tous deux viennent d’éditer un livre consacré à la famine : La Grande Famine en Irlande, Paris, PUF, 2014.
Bonne écoute :

Et, pour celles et ceux qui ont des tablettes, voilà le lien pour le fichier MP3.

Lors de l’émission, sur les conseils de Laurent Colantonio, nous avons diffusé nombre de morceau de musique populaires irlandaises qui traite du thème de la famine :

  • Tout d’abord « Dear Old Skibbereen » chanson traditionnelle reprise par le mythique groupe des Dubliners en 1973, traduite et analysée sur le très précieux site histgéobox. Notons qu’elle a été enregistrée dans un contexte de renouveau de la lutte nationaliste en Irlande du Nord (voir IMAGE 3) alors qu’un groupe engagé, les Wolfe Tones, l’avait eux aussi chanté dès 1969.
  • ensuite, « Famine » de Sinéad O’Connor (1994). Pour la chanteuse, l’Irlande subit encore les conséquences de la grande famine, qui a réduit l’île à une condition d’enfant maltraité, abusé – dans tous les sens du terme – par le gouvernement anglais, mais aussi par l’église catholique. Voir à ce sujet cet excellent article de Richard Haslam, « A Race Bashed in the Face : Imagining Ireland as a Damaged Child », Jouvert, Vol. 4-1, Automne 1999.
  • enfin « Thousands are sailing » des Pogues (1988) qui traite du thème de l’émigration, elle aussi traduite et commentée sur le site histgéobox.

Nous mettons également en ligne la caricature de Punch parue en 1849, qui a été commentée par nos invités durant l’émission. Elle en dit long sur l’image négative qu’avaient les Britanniques, notamment des classes moyennes et supérieures, des Irlandais :

IMAGE 2 – "Le fardeau du laboureur anglais, ou, le vieil irlandais de la montagne." Punch, 24 février 1849. En pleine famine se répand l'idée, dans la classe moyenne anglaise, que l'Irlandais affamé est un assisté vivant au dépend des contribuables britanniques.

IMAGE 2 – « Le fardeau du laboureur anglais, ou, le vieil irlandais de la montagne, » Punch, 24 février 1849. En pleine famine se répand l’idée, dans la classe moyenne anglaise, que l’Irlandais affamé est un assisté vivant au dépend des contribuables britanniques.

BIBLIOGRAPHIE – WEBOGRAPHIE

Et comme toujours, merci à Exomène pour la technique et le montage et à Radio Libertaire pour nous avoir hébergé dans ses studios. Nous nous retrouvons le mois prochain, le 18 décembre 2014 à 16h30 sur 89.4 FM, pour parler des étrangers dans l’Antiquité.

William Blanc

IMAGE 3 – La famine évoquée comme un génocide provoqué par la Grande-Bretagne ("Britain's Genocide") dans une peinture murale à Belfast, en Irlande du Nord (1998), exécutée sans doute par des militants proche des groupes républicains. Nos invités sont revenus longuement – pour la critiquer – sur l'idée qui voudrait que la famine de 1846 ait été un génocide.

IMAGE 3 – La famine évoquée comme un génocide provoqué par la Grande-Bretagne (« Britain’s Genocide ») dans une peinture murale à Belfast, en Irlande du Nord (1998), exécutée sans doute par des militants proche des groupes républicains. Nos invités sont revenus longuement – pour la critiquer – sur l’idée qui voudrait que la famine de 1846 ait été un génocide.

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