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Oups, j’ai marché dans Lorànt Deutsch

Avec un million cinq cent mille exemplaires vendus, le Métronome de Lorànt Deutsch (LD) est en passe de devenir un des bouquins d’histoire les plus vendus.

On dirait que ça vous rend jaloux ?

Qu’on me comprenne bien. Je n’ai rien contre le fait qu’une personne n’ayant aucun diplôme d’histoire écrive un livre d’histoire. De nombreux érudits locaux font de même, et produisent des ouvrages d’excellente qualité. Au contraire, cela peut parfois rafraîchir la recherche, relancer des débat, et puis, après tout, plus on est de fous…

Mais l’ouvrage de LD pose problème. Passons sur les multiples erreurs factuelles qui pullulent dans le livre1 il arrive parfois à des profs de fac d’en faire… (mais peut-être pas autant). Passons aussi sur l’absence de notes, de bibliographie (histoire de savoir d’où LD tire ses infos2). Passons aussi sur l’absence de toute pensée critique dans son livre, et sur sa vision très archaïque, pour ne pas dire conservatrice de l’histoire, centrée sur les grands personnages, les rois, les reines, les saints et les saintes (au passage, LD se dit royaliste3).

Passons… non, en fait, arrêtons nous un instant sur le numéro 148 de Détours en France consacré à Paris au Moyen âge. LD y intervient en tant que rédacteur en chef d’honneur. Voilà ce qu’il écrit sur Notre-Dame de Paris page 83.

« Notre-Dame, c’est le point d’orgue du gothique, le chef-d’oeuvre de l’art des hommes du Nord. Jusqu’alors, nous avions en effet toujours été plutôt dominés par une culture méditerranéenne, que ce soit avec les Grecs, les Romains ou Byzance, et là, tout d’un coup, ces Goths, ces barbares, arrivent avec leur architecture : le gothique. Notre-Dame constitue le témoin, le symbole de ce passage entre le Sud et le Nord… »

Et quoi, il est sympa ce texte.

Regardez de plus près. Les énormités présentes dans ce court (mais significatif) extrait mériteraient un article à elles toutes seules. Notre-Dame… point d’orgue du Gothique. Et la cathédrale d’Amiens (sans parler de la notion douteuse de point d’orgue ou d’apogée. Par rapport à qui ? A quoi ?) ? La France (ou la Gaule) n’a jamais été dominée par Byzance. Même au moment de sa plus grande extension sous l’empereur Justinien, l’empire romain d’orient n’a jamais passé les Alpes. Quand à l’art gothique, il suffit d’ouvrir le Larousse pour savoir que le terme a été inventé au XVIe siècle en Italie sans doute par Giorgio Vasari pour disqualifier l’art médiéval par rapport à celui de la Renaissance (terme semble-t-il employé lui aussi par le même Vasari) qui prônait un retour à l’Antique. Rien à voir donc entre l’art gothique (né en Ile-de-France au milieu du XIIe siècle) et les Goths (peuple de langue germanique actif entre le IIIe et le VIIIe siècle).

Mais le plus grave n’est pas là. LD oppose en effet deux catégories dans son texte. D’un côté, l’art des hommes du Nord, de l’autre, la culture méditerranéenne. A ces deux catégories sont associées d’autres termes que l’on peut résumer ainsi :

art gothique – culture méditerranéenne

Goths – Grecs/Romains/Byzantins

Nord – Sud

nous – eux [sous-entendu]

LD raisonne comme si l’histoire était une suite d’oppositions frontales, culturelles, entre deux civilisations, l’une méditerranéenne (qui aurait été vaincue) et l’autre nordique (qui aurait été vainqueur), culture nordique qui serait la « notre ». LD (sans le savoir ?) reprend là les théories néo-conservatrices du choc des civilisations de Samuel Huntington, voir de gens bien moins fréquentables comme le commandant Sylvestre :

Ok, Lorànt Deutsch, ce n’est pas la crème de la crème. Mais où voulez-vous en venir, et quand est-ce qu’on mange ?

Deux secondes, j’y viens. Parce que LD n’est sans doute pas le plus à blâmer dans cette affaire. Les vrais responsables, ce sont ceux qui, en voyant ce livre, ont flairé le scoop, le buzz, la bonne affaire. Editeurs, journalistes, par ignorance et par opportunisme, n’ont pas cherché à créer un débat, à informer le « grand public », à aider à la compréhension de l’histoire de Paris. Non, ils ont porté aux nues un livre médiocre, certains d’attirer les foules avec un acteur qui fait œuvre, selon eux, d’histoire (on peut d’ailleurs, au passage, blâmer la rédaction de Détours en France, titre appartenant au groupe Crédit Agricole via leur filiale Uni-éditions, pour avoir laissé passer une bourde aussi énorme). Pire, ils ont encouragé, avec cet ouvrage, la nostalgie, le souvenir, des sentiments qui, en fin de compte, empêchent toute réflexion (parce qu’après tout, « c’était mieux avant »).

Ce faisant, les promoteurs de ce livre ont reproduit la coupure savant/populaire. Aux savants (dont eux), la culture d’élite, l’accès au savoir critique, et aux masses, et bien le rebut, la pensée light, l’histoire bling-bling dont parle Nicolas Offenstadt qui permet tout, sauf de réfléchir.

Les historien-nes, de leurs côté, auraient pu jouer un rôle dans cette farce. Mais trop occupés ailleurs, trop sollicités, trop craintifs de se voir taxer d’intellos chiants, trop peu habitués à adapter leur discours aux non-scientifiques, ou tout simplement ignorés par les médias, ils n’ont pas réagi. Dommage, parce que faisant, ils participent au fossé qui les sépare de plus en plus du grand public.

Bon, ça va, ne vous énervez pas…

Je m’énerve pas, j’explique ; parce que LD n’est pas un phénomène isolé. Aujourd’hui, les livres d’histoire les plus vendus ne sont pas des livres d’histoire. Max Gallo, Alain Minc et sa pitoyable histoire de France (qu’il prétend inspirée de Fernand Braudel) voient leurs oeuvres tirées à des milliers d’exemplaires non pas parce qu’ils produisent de la qualité, mais parce qu’ils ont accès aux médias et surtout parce qu’ils ne dérangent pas, parce que leurs écrits cadrent parfaitement avec les préjugés contemporains. Or, celui et celle qui fait œuvre d’histoire doit savoir, parfois, déranger, proposer de nouvelles visions, en fonction de ce qu’il a trouvé.

Bon, alors, vous nous conseillez quoi comme livre ? Et attention, hein, pas un truc trop compliqué.

Sur Paris, quelques titres. Le bouquin d’Eric Hazan, L’invention de Paris (2002) est une bonne introduction, même s’il pêche par quelques imprécisions et un manque de cartes. On pourra contrebalancer ce défaut avec l’Atlas des parisiens, de Jean-Luc Pinol et Maurice Garden (2009). Et puis, il y a l’espèce d’OVNI littéraire et historique de Graham Robb, Une histoire de Paris par ceux qui l’ont fait (2009)… et enfin, des balades, des projections, des discussions, des conférences libres et le musée Carnavalet (dont l’entrée est gratuite) parce que l’histoire de Paris n’existe pas que dans les livres et qu’il n’y a pas de pas perdus4.

William Blanc

PS : une autre critique du Métronome, écrite par nos amis d’Histoire pour tous.

PS bis : les suites de cette article. La méthode Deutsch dévoilée en écoutant les Who : http://www.goliards.fr/goliardises-2/lorant-deutsch-louvre-trop/ (avec des commentaires de LD soi-même) et aussi, sur sa version très personnelle de la Révolution française : http://www.goliards.fr/goliardises-2/la-revolution-version-deutsch-ou-lhistoire-yop/

  1. Voici quelques erreurs factuelles recensées par un lecteur attentif sur le site d’Amazon:

    • page 32 : En 481, Clovis n’était pas encore chrétien (baptême entre 496 et 500).
    • page 52 : le mythe de Saint-Denis est présenté comme une réalité (la descente de la butte Montmartre par un décapité qui tient sa tête dans ses mains).
    • pages 55-59 : L’auteur prend fait et cause pour le mythe de l’empire gaulois… Il y a eu des usurpations en Gaule, certes, mais il ne s’agissait aucunement d’un « réveil » gaulois.
    • page 81 : Mérovée est présenté comme un authentique chef franc. Le personnage reste légendaire, du moins en partie. Difficile de séparer la légende de la réalité…
    • page 128 : Aucun historien ne fait état d’amours coupables entre Dagobert et Saint Eloi…
    • page 132-133 : A l’époque, la polygamie n’était pas réprimée fortement. Il a fallu attendre plusieurs siècles, le Xe-XIe siècle notamment. Charlemagne a vécu avec de nombreuses concubines et épouses en même temps…
    • page 134 : La charrue à boeufs est visiblement une invention d’Eginhard, premier biographe de Charlemagne. Il s’agissait de dévaloriser les Mérovingiens. C’est de lui qu’est venu le mythe des « rois fainéants ».
    • page 218 : Philippe Auguste a été sacré en 1179, car il a été associé au trône du vivant de son père, Louis VII, qui est mort l’année suivante. Philippe Auguste n’avait que 15 ans à la mort de son père. S’il a été surnommé Auguste, c’est juste parce qu’il est né en août…
    • page 247 : L’Hôtel de Ville de Paris a été agrandi en fait sous Louis-Philippe, incendié lors de la Semaine Sanglante en mai 1871, puis reconstruit quasiment à l’identique entre 1874 et 1882.
    • page 250 : L’emploi de l’expression « monarchie absolue » est très anachronique.
    • page 257 : La revendication officielle de la Couronne de France a été plus tardive. Ce n’est qu’en octobre 1337 qu’Edouard III ne reconnaît plus Philippe VI comme roi de France, et ce n’est que le 26 janvier 1340 qu’il se proclame officiellement roi d’Angleterre et de France.
    • page 261 : Il s’agissait des maréchaux de Normandie et de Champagne. L’auteur parle juste de « maréchaux », donc il y a ambiguïté. Ce n’étaient pas des maréchaux de France.
    • page 262 : La naissance du Tiers-Etat avec Etienne Marcel est quelque chose de fort douteux, de très controversé. Certes, les historiens libéraux, au XIXe siècle, ont fait d’Etienne Marcel un champion de la démocratie libérale, de la représentation populaire, car il avait voulu changer le mode de représentation du « commun peuple » aux Etats Généraux. Toutefois, aux Etats Généraux de 1302, on a bel et bien convoqué le clergé, la noblesse et la bourgeoisie des villes. Selon Augustin Thierry dans son Essai sur l’histoire du Tiers Etat (page 33 de l’édition de 1866), « la voix du commun peuple fut recueillie dans ce grand débat au même titre que celle des barons et des dignitaires de l’Eglise. » En note, il nous dit qu’on disait indifféremment « le tiers état, le commun état, et le commun ». La Chronique de Guillaume de Nangis emploie le mot communiarum.
    • page 268 et 282 : Cette rumeur faisant de Jeanne d’Arc la demi-soeur de Charles VII est complètement absurde. Elle apparaît dans le livre L’Affaire Jeanne d’Arc. Visiblement, cette « thèse » a été imaginée en 1802 par un préfet, Pierre Caze. Il vaut mieux lire la biographie écrite par Colette Beaune (chez Perrin, rééditée en poche « Tempus »), qui fait bien le point sur la vie de Jeanne d’Arc.
    • page 268 : La liaison entre Louis d’Orléans et Isabeau de Bavière n’est pas prouvée.
    • page 282 : L’entrée des troupes de Charles VII dans Paris date de 1436 (avec le connétable de Richemont).
    • page 297 : Charles IX n’a probablement pas été l’instigateur de la Saint-Barthélémy. Une des hypothèses qui rallie le plus d’avis (aucun avis n’est certain sur la question) est qu’il a été mis devant le fait accompli et a dû valider le mouvement, afin de ne pas perdre la face… un peu comme l’a fait Henri III lorsque la Ligue fut créée en 1576…
    • page 302 : Aucune allusion au siège de Paris, qui a vu une terrible famine en 1590. Rien non plus pour l’entrée de Henri IV à Paris le 22 mars 1594. Pourtant, ce sont des événements importants tant pour l’histoire de Paris que pour l’histoire de France…
    • page 326 : Le mythe de la Bastille comme prison de torture ne tient plus. Ce n’était pas le goulag !
    • page 361 : « Ah ! c’est la mer ! » n’a pas été prononcé en 1944 par le général de Gaulle. Cela a été écrit à la fin du tome 2 des Mémoires de Guerre, paru en 1956.

    Nous en avons aussi relevé d’autres. Page 26, Vercingétorix ne meurt pas trois ans après sa capture, mais six (en 46 avant NE). Page 27, LD parle d’un palais sur l’Île de la Cité (il ne sera construit que deux siècles plus tard… etc.

  2. Cette erreur a été réparée dans la seconde édition illustrée, mais la bibliographie mélange les source (comme Sauval) et les livres écrits par des d’historien, comme s’agissait des mêmes choses. or, il n’en est rien. Un « historien » comme Sauval qui a écrit au XVIIe siècle cherche surtout à compiler des savoirs, à citer des autorités (et c’est exactement ce que fait LD, sauf qu’il ne cite même pas ses sources). UnE historienNE contemporainE cherche plutôt à comprendre le mécanisme des événements, à analyser les sources de manière critique.
  3. Voici ce que dit, à ce propos, LD au Figaro le 5 mars 2011 : « … pour moi, l’histoire de notre pays s’est arrêtée en 1793, à la mort de Louis XVI. Cet événement a marqué la fin de notre civilisation, on a coupé la tête à nos racines et depuis on les cherche. On s’est consolés avec la révolution industrielle, on a vécu de paradis artificiels et aujourd’hui on nous les enlève, car c’est la crise économique. Il aurait fallu instaurer, comme en Angleterre, une monarchie parlementaire. C’est comme avec la religion, on essaie de faire triompher la laïcité, je ne sais pas ce que cela veut dire. Sans religion et sans foi, on se prive de quelque chose dont on va avoir besoin dans les années à venir. Il faut réintroduire la religion en France, il faut un concordat. » Les passages en gras ont été soulignés par nous.
  4. Phrase tirée d’une citation d’André Breton « Les pas perdus ? Mais il n’y en a pas ! » et repris par Eric Hazan.

261 réponses à Oups, j’ai marché dans Lorànt Deutsch

  • Nelly MEUNIER dit :

    L’extrait du Figaro est sensas ; « On a coupé la tête à nos racines, et depuis on les cherche » : burlesque ou surréaliste??? :-)

    • williamblanc dit :

      Burlesquement surréaliste sans doute. Et encore. Je crois qu’il va falloir faire un bêtisier LD. On cherche toujours l’extrait de l’émission où il explique que le règne de Charlemagne se situait aux alentours de l’An mil.

      • Ln dit :

        Je l’ai entendu évoquer le règne de Charlemagne aux alentours de l’An mil lors d’un reportage du JT de France 2, mais impossible de retrouver la date!

        • goliard dit :

          Merci pour ce commentaire… nous cherchons aussi cet extrait, sans y réussir. Si vous le trouvez, faites nous signes.

          • mrugala dit :

            Jolie travail d’archiviste : « j’ai entendu une vache braire, mais je ne sais plus dans quelle étable.. ni à quelle heure ». Un peu de précision, moi aussi je peux dire « j’ai entendu….mais je ne sais plus quand ni où ».

          • goliard dit :

            De quoi parlez-vous ?

          • Céline dit :

            JT de 20h, du 7 septembre 2011.

            Peut-être visionnable sur le site de l’INA, mais il est de toute façon possible de le retrouver…son passage n’a pas fait bondir que vous ce soir-là, des internautes sidérés à juste titre avaient signalé l’erreur (enfin, la bourde cosmique) commise par LD ce soir là.

          • ocla dit :

            qui dit gauchiste dit africanophile repentant.

            J’aime mon pays,ma civilisation et plus je voyage plus je l’aime pour tout ce qu’elle apportât au monde,heureux de m’être libéré du carcan idéologique de la gauche pourrie collabo du sionisme.

            Petit trotskard qui n’a jamais bossé de sa vie.

            Va voir un bon blog:les heures les plus claires.

            Là tu verras ce qu’est le talent avec 10 ans de moins.

            Vive l’Europe.
            J’encule le mondialisme et la tyrannie de la repentance.

            Alternationaliste pour la solidarité des nations résistantes.

            casa pound big up!

  • Ehpolod dit :

    Je suis clairement en accord avec votre article, mais j’aimerais apporter un oeil différent sur « l’accusation ».

    Pourquoi faudrait-il toujours faire de l’excellence pour être publié ? A ce que je sache, l’art n’est pas homogène ni unanime. Et heureusement. Pourquoi l’édition devrait l’être ?
    Croyez-vous que les millions de livre « Histoire pour les nuls » soient au sommet de la discipline ?

    Que l’on ne se méprenne pas, l’Histoire est le fond de commerce de nombreux auteurs, qu’ils soient dans l’édition, le cinéma ou ailleurs. La discipline n’est réellement le gagne pain que de quelques un.
    A qui la faute ?

    LD ne représente ici rien d’autre que 99% de la population… Une personne qui ne connait l’histoire qu’au travers de son parcours scolaire « général », autant dire, qu’il ne connait pas grand chose.
    D’un autre coté, entendez-vous souvent dire que ce que les gens apprennent lors de leur études est sans fondement réel dont les affirmation générale son issue directement d’une propagande vieille de 150 ans ? Parce que c’est ce qu’est l’histoire inculquée entre 8 et 18 ans…

    Evidement, LD a su utiliser sa notoriété pour vendre, mais quoi de plus normal. Au delà, des éditeurs qui ont eux aussi un devoir de moralité, il faut aussi tirer à boulet rouge sur les historiens et autres spécialistes qui ne montent que rarement au créneau.
    Les soit disant média qui aseptisent la population en contrôlant toute information sont facilement « destabilisable ». Il suffit juste de taper juste et d’ouvrir sa bouche…
    Evidement, cela leur serait plus facile avec un Coluche « historien » qu’un agrégé d’histoire sorti d’un bureau poussiéreux d’une université…

    Tout ça pour dire que je suis pour tout type d’édition. La scientifique, l’amateur, la réaliste, la romancée, j’irais même jusqu’à prétendre que l’édition du négationnisme tant contesté aujourd’hui ne me dérange pas du moment qu’il se trouve quelqu’un en face pour y répondre.
    Bref, une affirmation, qu’elle soit papier, ciné ou orale ne prend tout son sens lorsqu’elle est offerte à la critique, positive ou négative, encore faut-il qu’il se trouve quelques critique pour le faire, chose apparemment inexistant face à l’ouvrage de LD.

    Bref, tout « idiot » à droit de l’ouvrir, ça ne pourra que lui être bénéfique.

    • goliard dit :

      Merci pour votre commentaire.
      Très rapidement, pour répondre à votre message sur certains points :

      Pourquoi faudrait-il toujours faire de l’excellence pour être publié ?

      C’est justement le travail des éditeurs de sélectionner. Attention, il ne s’agit pas de faire uniquement de l’histoire universitaire. Mais pourquoi les ouvrages de popularisation ne devraient pas répondre à des critères de qualité. Les 99% de la population dont vous parlez ont aussi le droit à de l’histoire bien faite. Cette histoire bien faite induit :
      - la critique des sources (face à un document, qui ? où comment ? en direction de qui ?)
      - la place au doute et à la subjectivité.
      - la place au débat (l’histoire est une construction).

      LD ne représente ici rien d’autre que 99% de la population…

      Non, Laurent Deutsch fait partie du 1% supérieur, par ses revenus, ses fréquentations. En faisant ce livre, il veut célébrer l’histoire des élites, et ne surtout pas la remettre en cause (et qu’il soit un parvenu n’y change rien… les nouveaux dominants sont souvent « plus royalistes que le roi »).

      Bref, une affirmation, qu’elle soit papier, ciné ou orale ne prend tout son sens lorsqu’elle est offerte à la critique, positive ou négative, encore faut-il qu’il se trouve quelques critique pour le faire, chose apparemment inexistant face à l’ouvrage de LD.

      C’est ce que nous essayons de faire ;-)

      Evidement, cela leur serait plus facile avec un Coluche « historien » qu’un agrégé d’histoire sorti d’un bureau poussiéreux d’une université…

      Vous voulez dire un Coluche historien désagrégé… sans blaaague, meeeeeeerrrrrrde…

      A très bientôt.

      PS :

      j’irais même jusqu’à prétendre que l’édition du négationnisme tant contesté aujourd’hui ne me dérange pas du moment qu’il se trouve quelqu’un en face pour y répondre.

      Là, j’aurai du mal à vous suivre…

      • mrugala dit :

        Pfff…. A vous écouter, il n’y aurait que les spécialistes qui auraient le droit de s’exprimer. Le problème, c’est qu’ils s’expriment pour des spécialistes et laissent 99% de la population sur le coté en leur disant « laisser donc les spécialistes parler entre eux du sujet ». Prenez donc un livre qui présente les résultats de recherches archéologiques et lisez le. Vous verrez, c’est très vite insipide, inintéressant et pourtant plein de vérité, mais le public ne lira jamais cela. Maintenant réécrivez-le pour le public commun, il y aura toujours des historiens qui crieront à l’hérésie, aux raccourcis, aux oublis, aux interprétations. Ils auront raison, mais le public s’y intéressera beaucoup plus et IL APPRENDRA des choses.
        Quant à la critique à opposer à LD, qu’attendent les historiens pour éditer un livre ? (NB : face aux erreurs (et stupidités) du Da Vinci Code, il y a eu des livres pour remettre les vérités historiques en place. Donc c’est faisable, mais les gens préfère lire le Da Vinci Code que les autres.

        • goliard dit :

          Merci pour ce commentaire, qui prouve une fois encore que les défenseurs de Lorànt Deutsch ne lisent même pas nos articles :

          Pfff…. A vous écouter, il n’y aurait que les spécialistes qui auraient le droit de s’exprimer.

          Je me permets de vous faire relire les PREMIERES LIGNES de mon article : « Qu’on me comprenne bien. Je n’ai rien contre le fait qu’une personne n’ayant aucun diplôme d’histoire écrive un livre d’histoire. De nombreux érudits locaux font de même, et produisent des ouvrages d’excellente qualité. Au contraire, cela peut parfois rafraîchir la recherche, relancer des débat, et puis, après tout, plus on est de fous… »
          L’histoire, ce n’est pas une question de titres universitaires, mais une question de méthode.

          mais le public s’y intéressera beaucoup plus et IL APPRENDRA des choses.

          Oui, des choses fausses. Merci, formidable. Des élèves, en lycée, en viennent à citer LD comme source sérieuse. Et derrière, tout notre boulot d’historien est à recommencer.

          Quant à la critique à opposer à LD, qu’attendent les historiens pour éditer un livre ? (NB : face aux erreurs (et stupidités) du Da Vinci Code, il y a eu des livres pour remettre les vérités historiques en place. Donc c’est faisable, mais les gens préfère lire le Da Vinci Code que les autres.

          Sauf que l’oeuvre de Dan Brown est présentée comme une fiction (alors que LD se prétend historien). Maintenant, le problème reste que les gens prenne du Dan Brown (et du LD) pour des « vérités » (attention, il n’y a pas de vérité historique, juste des hypothèse que l’on peut, et que l’on doit, savoir remettre en cause). A mon avis, la faute en incombe au matraquage médiatique autour de ces livres.

          Prenez donc un livre qui présente les résultats de recherches archéologiques et lisez le. Vous verrez, c’est très vite insipide, inintéressant

          Nous en citons plusieurs dans l’article. Le fait que vous preniez tous les livres écrits par des archéologues et les historiens pour des oeuvres insipide prouve que vous n’en lisez pas beaucoup (nan, sans rire, vous avez lu du Duby ? Du Bloch ? Plus récemment, du Dumézil ? Du Le Goff ? Aude Mairey vient aussi de publier une biographie très accessible sur Richard III).
          Bref, lisez nos articles, et des (bons) livres d’histoire…
          Sur ce, bonne soirée.

          William

          • Olaf dit :

            Je m’immisce un peu tard dans le débat, mais je voudrais préciser une chose : une critique systématique que l’on lit ici contre les « détracteurs » de LD est que les historiens professionnels n’ont qu’à écrire eux-même des livres si ils sont si malins (ce ne sont d’ailleurs que des jaloux). À cela je voudrais répondre qu’ils en écrivent, et pas forcément dans un style inaccessible auc commun des mortels, mais malheureusement pas chez des grands éditeurs, parce que les grands éditeurs n’en veulent pas. Et quand bien même ils seraient édité chez un éditeur ayant pignon sur rue, ils ne bénéficieront jamais de la caisse de résonance médiatique dont un LD a pu profiter. Que l’on tire un ouvrage sérieux, au style enlevé, écrit par un inconnu sur Paris à plusieurs centaines de milliers d’exemplaires, que l’on invite l’auteur chez Ruquier et chez Dennisot, sur France 5 et au journal de France 2, juste parce que son livre est bon et non parce qu’il est connu, et on en reparlera.
            Ce qui est criticable, c’est que le succès de ce livre est construit sur la notoriété de son auteur et par une campagne publicitaire bien menée, et non sur ses qualités propres.

          • Sylvain dit :

            Ma compagne possède le livre. Avant que la polémique ne soit lancée, je l’avais feuilleté quelque peu… A mon goût, c’est de la « soupe », pétrie de nombreuses imprécisions et parfois même inventions, qui me laisse de marbre (en clair, je ne peux pas le lire, ça me disconvient et heurte ma sensibilité historique/intellectuelle).

            Mais de là à partir en « croisade », et à instruire un procès d’intention contre Lorànt Deutsch, il y a un océan… Pour être clair, je trouve que certains de vos arguments sont échevelés et présentent des raccourcis inquiétants (voire insultants; ex: son adhésion putative à l’idée de « choc des civilisations » – d’où le renvoi absurde à la caricature de Sylvestre – en raison de son explication inepte de l’art gothique… C’est une digression interprétative pour le moins contestable).

            A vrai dire, je trouve cette débauche d’efforts afin d’aboutir à une simili censure morale, beaucoup plus problématique et inquiétante que l’amateurisme et les images d’Epinal (parfois fausses, mais pas toujours) véhiculées par un comédien (et ça, tout le monde le sait) qui s’essaie à l’écriture.

            Il ne manquerait plus que d’apposer votre cachet « IMPRIMATUR » sur la page de garde des livres que vous voudrez bien tolérer…

          • goliard dit :

            Personne ne demande la censure. nous émettons juste une critique. Jusqu’alors (en gros, jusqu’en mars), il n’y en avait pas eu. Vous saviez que c’était mauvais. Super, la plupart des gens dans le grand public ne le savais pas, et Deutsch était invité dans des écoles, au point d’acquérir une position d’autrité (j’ai eu des collègues qui ont vu des licences 3 leur sortir Deutsch comme référence). Maintenant, au moins, ce sera difficilement possible.
            Su le Choc de civilisation, lisez bien la citation et lisez quelques passage du Métronome. Vous verrez que Deutsch résume souvent les grands événements (notamment dans l’Antiquité) à des chocs frontaux (ce qui, lorsqu’on connais ces périodes, est absurde).

          • oulipo dit :

            Ne t’énerve pas, Sylvain: Goliard et William ont juste envie de buzzer (http://www.youtube.com/watch?v=X1u4vsFPqNA).

            Poupeto

            PS: Quand je vois que vous êtes encartés au FG, j’ai presque honte d’avoir voté Mélenchon!

            L’intelligence n’est pas l’érudition;
            l’érudition n’est pas l’intelligence.
            Lao Tseu

        • eury dit :

          qui prouve aussi que les amateurs de deutsch ne connaissent pas les historiens.
          Les historiens mme ou mr, publient beaucoup de livres, quittez votre supermarché et aller dans une vraie librairie

  • goliard dit :

    Voilà ce que nous a écrit par mail l’administrateur du site les Paris de Lorànt Deutsch, site à la gloire du livre de notre brave buveur de Yop.
    Bonjour et merci de suivre les Paris DLD,

    Au sujet de votre article j’apporterais deux bémols concernant les faits présentés :
    .
    La Gaule et la France n’ont certes jamais été dominées par Byzance mais l’héritage romain était sur les rives du Bosphore et
    Clovis avait reçu de l’empereur les insignes de consul d’Occident (et se proclame Auguste) qui constituait de fait une continuation et une vassalité envers l’empire d’Orient
    qui n’a été remise en cause que par Charlemagne (On essaya de le marier avec l’impératrice de Byzance…) mais surtout causa la rupture du XIe siècle.
    Le vrai renversement sera le fait des croisades lorsque Jerusalem et Antioche seront repris par les Francs.
    Ces événements seront donc bien considérés alors (avec l’Art associé effectivement abusivement qualifié de « gothique ») comme le triomphe
    de la foi chrétienne occidentale sur la foi chrétienne orientale. Il y a donc une certaine part de vérité dans cette présentation.
    J’ajoute que c’est aussi cet héritage qui a toujours envenimé nos relations avec les Allemands qui avaient eux-mêmes leur propre légitimité (depuis le Xe siècle)
    sur l’héritage romain (saint empire romain germanique). C’est le sens symbolique du couronnement de Guillaume à Versailles en 1871.

    Concernant le succès du livre, il n’a pas été aidé par une promotion démesurée des médias mais principalement par le bouche à oreille et
    une originalité dans le fait de présenter une vision globale de l’histoire où certains détails sont probablement des légendes, il est vrai.
    Au départ, il ne s’attendait pas à avoir un tel succès mais au mieux de l’indifférence.

    En fait, Il s’agit de la reprise d’une tradition oubliée par les historiens de présenter pédagogiquement les périodes clés avec une notion de temps relatif.
    L’idée du métronome est de sortir de l’histoire héritée du XIXe siècle, période où la République avait besoin de se justifier et de se valoriser.
    Il faut plutôt le voir comme une œuvre semblable à une peinture donnant une vision d’ensemble que comme une accumulation de faits isolés mais
    en conservant l’importance et le rôle tenu par les uns et par les autres. Particulièrement le rôle tenu par l’Église, largement sous-valorisée
    dans l’Histoire officielle, qui souhaite préserver la République et ne pas relancer de débat sur la Révolution Française considérée comme une avancée sociale et un acquis.

    En résumé, il ne faut pas exagérer son rôle par rapport aux ouvrages ou aux discours officiels qui remplissent les médias depuis des lustres mais plutôt comme une contribution
    personnelle et non-conformiste dans la tradition des auteurs parisiens qui viennent de la rue, il y en a eu d’autres avant lui et il y en aura d’autres après.
    Cependant, Lorànt Deutsch a vraiment une connaissance exceptionnelle de Paris et de son Histoire (de tous les siècles), c’est là condition nécessaire pour réaliser cette synthèse en quelques pages et qui explique probablement son succès mérité.

    Ce débat avait déjà eu lieu il y a quelques temps , je mettrai votre lien dans les commentaires si vous ne le faites pas.
    http://www.lesparisdld.com/2010/09/la-controverse-de-larticle-de-lexpress.html

    Bien cordialement,
    D.L

    • goliard dit :

      Et voici la réponse des Goliards

      Cher monsieur,

      Tout d’abord, permettez moi d’être agréablement surpris et de vous remercier d’avoir mis le lien de l’article sur votre site.
      Pour vous répondre :

      « La Gaule et la France n’ont certes jamais été dominées par Byzance mais l’héritage romain était sur les rives du Bosphore et 
Clovis avait reçu de l’empereur les insignes de consul d’Occident (et se proclame Auguste) qui constituait de fait une continuation et une vassalité envers l’empire d’Orient
qui n’a été remise en cause que par Charlemagne (On essaya de le marier avec l’impératrice de Byzance…) mais surtout causa la rupture du XIe siècle.
Le vrai renversement sera le fait des croisades lorsque Jerusalem et Antioche seront repris par les Francs.
Ces événements seront donc bien considérés alors (avec l’Art associé effectivement abusivement qualifié de « gothique ») comme le triomphe
de la foi chrétienne occidentale sur la foi chrétienne orientale. Il y a donc une certaine part de vérité dans cette présentation. »

      - Donc, si je vous comprends bien, les croisés prennent Jérusalem pour se venger de Byzance… dans quelle source voyez-vous ça ? Qui écrit ça ? Les croisades sont des « pèlerinages en arme » et les chrétiens qui y participent cherchent avant tout à déclencher le retour du christ sur terre et déclencher la Parousie. D’ailleurs, il n’y a rien à voir entre les croisades et le développement de l’art dit gothique » – et certainement pas une revanche à prendre sur Byzance. – Lisez à ce sujet le petit livre d’Alessandro Barbero, Histoires de croisades, Champs, Flammarion, 2010. Il fait environ 125 pages écrites en gros caractères, n’est pas cher, et il vous donnera un panorama assez complet de ces événements (voir la critique de nos amis d’Histoire pour tous).
      Il y a certes eu la croisade de 1204, où les croisés ont pris Constantinople. Mais il ne s’agissait pas de se venger de la domination de Byzance sur l’Occident. Les relations entre les chrétiens d’Orient et d’Occident se sont surtout tendu après 1054 (le grand schisme) et surtout après les premières croisades (où les Francs ont refusé de redonner certaines terres reprises sur les Seldjoukides, par exemple la principauté d’Antioche).
      - « On » n’a pas essayé de marier Charlemagne (« on », c’est qui d’ailleurs ?). C’est l’impératrice Irène qui a voulu se marier avec Charlemagne parce qu’elle avait besoin de soutiens (son règne a été pour le moins tumultueux). Les deux souverains avaient d’ailleurs essayé de marier deux de leurs enfants, Rotrude et Constantin VI. Cela démontre plus un sentiment d’unité (entre chrétiens) que de désunion.
      - Les Francs du Ve siècle (et encore faut-il essayer de comprendre ce que ce terme veut dire dans les sources. Il s’agit, selon Bruno Dumézil, plus d’une réalité fiscale qu’ethnique ou culturelle. Voir à ce titre son article « Les Francs ont-ils existé», dans l’Histoire n°339) n’ont rien à voir avec les chevaliers « francs » du XIe… si Clovis est proclamé consul, c’est tout simplement parce qu’il veut se parer de la légitimité impériale pour asseoir son pouvoir, pas parce qu’il est soumis à Byzance (au contraire, Anastase Ier à besoin de son aide contre les Goths). Il se fait baptiser pour la même raison, notamment parce qu’il a besoin de l’alliance des évêques chrétiens romains ou gallo-romains notamment face aux Burgondes (qui étaient chrétiens ariens). Voyez à ce sujet l’excellent bouquin de Bruno Dumézil, Les barbares expliqués à mon fils, Seuil, 2010. Il est très court (112 pages) et a été écrit sous forme de questions réponses qui le rendent très didactique (et après, on dira que les historiens universitaires ne font pas d’efforts pour rendre leur travail accessible !!!).

      « Concernant le succès du livre, il n’a pas été aidé par une promotion démesurée des médias mais principalement par le bouche à oreille et
une originalité dans le fait de présenter une vision globale de l’histoire où certains détails sont probablement des légendes, il est vrai.
Au départ, il ne s’attendait pas à avoir un tel succès mais au mieux de l’indifférence. »

      Bien sûr. C’est pour ça que la couverture montre Lorànt « Touche pas à mon Yop » Deutsch en grand (en oubliant de citer Emmanuel Haymann, qui, par ailleurs, n’est jamais invité à s’exprimer sur les plateaux.). Ça ne sent pas du tout le plan comm’. Non, non, pas du tout…

      « En fait, Il s’agit de la reprise d’une tradition oubliée par les historiens de présenter pédagogiquement les périodes clés avec une notion de temps relatif.
L’idée du métronome est de sortir de l’histoire héritée du XIXe siècle, période où la République avait besoin de se justifier et de se valoriser.
Il faut plutôt le voir comme une œuvre semblable à une peinture donnant une vision d’ensemble que comme une accumulation de faits isolés mais
en conservant l’importance et le rôle tenu par les uns et par les autres. Particulièrement le rôle tenu par l’Église, largement sous-valorisée
dans l’Histoire officielle, qui souhaite préserver la République et ne pas relancer de débat sur la Révolution Française considérée comme une avancée sociale et un acquis. »

      Ah, là, au moins, les choses sont claires. Le Métronome est une oeuvre visant à réhabiliter l’Église. C’est pour ça, sans doute, que LD et EH ne parlent pas du siège de Paris entre 1590 et 1594, lorsque la Ligue ultracatholique tient la ville contre Henri IV. Que les historiens républicains aient cherché dans l’histoire une origine mythique et fantasmé à la République (et à la Nation, qui n’est pas une réalité avant le XVIIIe siècle, et encore) est un fait. Il faut l’analyser et le critiquer. C’est ce que font les historiens contemporains. Mais de là à vouloir réhabiliter l’Église, il y a un grand pas. LD et EH se placent dans l’école dite « révisionniste » (représenté par des historiens comme François Furet), qui vise à dire très clairement que la RF après 1790 a été une erreur, que les Français ont – pour reprendre les termes de votre idole – « coupé la tête à nos racines » – j’en ris encore. Désolé -. Derrière cela, il y a un agenda politique très clair. Dire aux citoyens que tout changement radical de la société est une erreur. On aura compris. LD fit partie des « chiens de garde » que Paul Nizan dénonçait, qui veulent dire au peuple de rester chez lui en admirant l’histoire de ses bons rois et de ses saints. Dans le Métronome d’ailleurs, pas de place pour les masses, pour les peuples, pour les gens « d’en bas ». Lire à ce sujet le livre de Suzanne Citron, Le mythe national, éd. de l’Atelier, 2008.

      « En résumé, il ne faut pas exagérer son rôle par rapport aux ouvrages ou aux discours officiels qui remplissent les médias depuis des lustres, mais plutôt comme une contribution
personnelle et non conformiste dans la tradition des auteurs parisiens qui viennent de la rue, il y en a eu d’autres avant lui et il y en aura d’autres après. 
Cependant, Lorànt Deutsch a vraiment une connaissance exceptionnelle de Paris et de son Histoire (de tous les siècles), c’est là condition nécessaire pour réaliser cette synthèse en quelques pages et qui explique probablement son succès mérité. »

      Le coup du p’tit gars de la rue… mais oui. LD, tout les jours, va bosser à un centre de télémarketing et mange un kebab à midi. Le soir, lui et ses potes, des vrais apaches que j’vous dis, y vont smurfer, boire du yop et faire peur aux rupins. C’est un gars anticonformiste que je vous dis, un rebelle, avec deux « l » comme dans… comme dans quoi d’ailleurs… Bah non. C’était (imparfait) un gars de la rue, qui est devenu maintenant un membre de l’élite bien installé qui offre une vision très réactionnaire et somme toute très classique de l’histoire de France, tout en jouant le coup de la victime seule face à l’élite parisenne-bobo-intello-poil-au-dos-et-ki-boit-pas-de-yop.

      « 
Ce débat avait déjà eu lieu il y a quelque temps »

      Ah bon. Où ? Chez Ruquier ? Bon sang, il faut voir comment Zemmour l’étrille (c’est ironique). Sur la chaîne l’Histoire, devant Feild et Stéphane Courtois. Non. LD n’a eu devant lui que des interviewers complaisants, partageant sa vision du monde (Zemmour, no comment. Stéphane Courtois, lui, est un régulier du cercle de l’oratoire, que l’on peut qualifier de néo-conservateur. D’ailleurs, le directeur de la chaîne l’histoire n’est autre que Patrick Buisson, ancien journaliste de Minutes (journal d’extrême droite) et proche conseiller de Nicolas Sarkozy. Que des anticonformistes, j’vous dis, des vrais rebelles, qui boivent du Yop et tout et tout). Non, sans rire, citez-moi un article où Lorànt Deutsch a été critiqué.
      Bien cordialement.

      • THEIS Laurent dit :

        Il est pour le moins désinvolte, d’accoler au nom de François Furet l’épithète de révisionniste, terme qui en soi n’a aucun contenu, le savoir historique se développant par le réexamen permanent des certitudes acquises, de sorte qu’il ne peut exister d’ »école révisionniste » , sauf à considérer qu’il existerait face à elle une autre école détentrice de la vérité sub specie aeternitatis, ce qui est absurde . Furet a livré une interprétation nuancée de la révolution française, événement lui-même complexe, s’efforçant de comprendre comment, à partir de 1791, le processus engagé en 1789 -et en fait bien avant- s’est infléchi dans une direction que les origines ne paraissaient pas contenir. En cela il revoit, ou révise, les conceptions monistes d’Aulard et surtout Mathiez, qui eux-mêmes avaient révisé Guizot, Michelet et surtout Taine, voire Jaurès. Evidemment, Furet ne parle nulle part d’ »erreur » -il n’y a pas chez lui de téléologie- et cherche encore moins à réhabiliter l’Eglise, ni d’ailleurs qui ou quoi que ce soit. Les Goliards nappent leurs observations généralement judicieuses d’une sauce idéologique très respectable, mais qui gagnerait à s’assumer comme telle.

        • goliard dit :

          Merci pour ce message,
          Une question compliquée que vous soulevez là. Sur le terme de révisionniste, il était employé par des historiens de la Révolution de gauche (voire compagnons de route du PCF) comme Soboul et Vovelle (ce qui ne fait pas d’eux le détenteurs de la vérité). Disons que Furet et Vovelle ont croisé le fer à une époque de restauration intellectuelle (les années 80) et de « fin des idéologies » (le Pérestroïka, la chute du Mur) qui ne les ont pas aidé à avoir un point de vue serein sur la question (après, la question est : peut-il y avoir un point de vu serein sur la Révolution ?). Nous en parlerons de toute façon lors de l’émission de radio consacré à la Révolution française le 24 mai que je vous conseille d’écouter.
          Mais revenons cette question d’idéologie. Oui, évidemment, nous avons des conviction. Parler d’histoire objective est une ânerie. Par contre, il y a quelques règles à respecter :
          - 1/ analyse critique des sources : ça Deutsch ne le fait pas (et Furet… aheum…)…
          - 2/ pas d’anachronisme : ça Furet tombe en plein dedans, calquant sa vision des militants communistes sur les montagnards (et cela n’a rien à voir).
          - 3/ pas de finalisme : idem, Fufu (oui, je le surnomme comme ça) tombe aussi en plein dedans, en voulant voir dans le stalinisme l’aboutissement logique de la RF…
          Et puis, Furet a été en pointe des célébration du bicentenaire, qui avait un mot d’ordre très clair :

          « lorsque la chute des régimes communistes européens semblait condamner la révolution dans son ensemble : la révolution était alors déclarée morte, elle était terminée ; la Révolution constituait de ce fait un objet froid, qu’il devenait dès lors inutile, et même politiquement douteux, d’étudier. » Pierre Serna, « Introduction » dans Pour quoi faire la Révolution ? » page 12

          Furet, pour faire passer ce projet, n’ira d’ailleurs pas de main morte, comme l’explique très bien Stephen Kaplan (historien américain qu’on ne peut pas soupçonner de gauchisme) dans Adieu 89 (il en reparle dans La France et son pain, un livre de souvenir, notamment les pages 221 à 235 qui sont très éclairantes) qui sera littéralement ostracisé par l’équipe de Furet (qui n’était pas très « nuancé » comme garçon en fait…).
          Sauf que non, la Révolution n’est pas un objet mort. Bien au contraire, des études récentes apporte un nouvel éclairage sur la question, qui invalident certains point de vue de Furet, mais aussi de Soboul (notamment sur la centralisation révolutionnaire), et encore plus les point de vue rétrograde de Deutsch (lire à ce propos cet article : http://www.goliards.fr/goliardises-2/la-revolution-version-deutsch-ou-lhistoire-yop/).

  • Vincent Piotin dit :

    Il y a comme un énorme ressentiment de la part de l’auteur de cet article qui, bien qu’il s’en défende, prend un plaisir à peine dissimulé à dégommer les auteurs profanes de l’Histoire. Tendance de l’époque d’ailleurs : Franck Ferrand par exemple, subit les mêmes foudres de la part des « historiens du sérail », je veux parler de ceux qui, engoncés dans leurs certitudes et leur monde universitaire fossilisé, détestent au plus haut point voir des « étrangers » non adoubés par eux s’immiscer dans leur petit champ d’action. Attitude non seulement regrettable mais même méprisable : ces historiens-là, depuis des décennies, se contentent de relayer la version officielle et souvent manipulée de l’Histoire de France : logique, ils sont payés pour ça, ils ne vont pas scier la branche sur laquelle ils sont confortablement assis ! Résultat, ils créent des générations de profonds incultes et de dégoûtés de l’Histoire. Franche réussite ! Et des erreurs, certes moins visibles que celles dénoncées à juste titre dans l’article, ils en commettent, sciemment ou parce qu’eux-mêmes endoctrinés, mais de beaucoup plus graves et lourdes de conséquences. Mais on s’en fiche hein ? L’essentiel est que chacun reste à sa place et que l’apprentissage de l’Histoire continue d’aller droit dans le mur : logique là encore, c’est le but, maintenir les futures générations dans l’ignorance de leur passé.

    A noter, la réponse en commentaire de celui qu’on suppose être l’auteur de l’article (oui, il aurait pu se donner la peine de le signer le gog… heu, le goliard) : « En faisant ce livre, il veut célébrer l’histoire des élites, et ne surtout pas la remettre en cause », en parlant de LD. Célébrer l’histoire des élites ? Il faudrait expliquer autrement que par une mauvaise pirouette. LD célèbre ce qui reste de notre patrimoine et que la société moderne, par scrupule ou par manque de temps, n’a pas encore détruit, mais on va bien finir par y arriver à force de s’y employer. Et effectivement, ce patrimoine en question, quoi que l’on puisse dire, il s’est construit majoritairement sous l’Ancien Régime, celui des rois de France. Et les touristes qui viennent en France, à votre avis, ils viennent y admirer quoi ? Les châteaux et autres monuments du passé, ou bien le Centre Pompidou et la Défense ? LD, malgré de regrettables erreurs, rend hommage au savoir-faire de nos ancêtres, à leur goût des belles choses et à un monde d’autrefois qui faisait que ces choses-là étaient possibles. Aujourd’hui nous avons quoi ? Finies les élites ? On se moque de qui ? Les élites elles sont plus que jamais présentes, sauf qu’elles oeuvrent contre la France, sont insaisissables et sont en train de disloquer totalement la planète : la finance, apatride et mondialiste. A choisir entre les élites d’aujourd’hui et les soi-disant élites du passé, c’est vite fait, sauf à vouloir que la France crève pour de bon.

    • goliard dit :

      On voit a quel discours aboutit « l’histoire » façon Deutsch… un discours très marqué. Je pense que ce commentaire se passe de… commentaire. Quoique.

      « Résultat, ils créent des générations de profonds incultes et de dégoûtés de l’Histoire. Franche réussite ! »

      Vous voulez parler de LD là… parce que son livre est truffé d’erreurs. Quant aux universitaires, vous en parler comme si c’était un bloc. Il y a des profs que l’un pourrait qualifier de gauche (Nicolas Nicolas Offenstadt), d’autres de droite, voire de droite extrême (Emmanuel Le Roy Ladurie). Certes, beaucoup ne font plus l’effort d’aller vers le « grand public » (mais il y en a beaucoup, beaucoup plus qu’on pourrait le penser). Mais à qui la faute ? Combien de médias invitent des historienNEs pour parler au grand public.
      L’article ne vise pas à se moquer du fait qu’un amateur fasse de l’histoire (lisez l’article bon sang, c’est au tout début !), mais que LD fasse de la mauvaise histoire, abreuve les gens de bêtises et de contre-vérités, tout cela au nom d’une pensée (qu’il cache soigneusement) très marqué à droite de la droite (vous savez, les admirateurs des têtes couronnées). A côté de cela, il y a de nombreuses associations locales, d’historienNEs « amateurEs » qui font de l’excellent travail (notamment à Paris). Mais qui s’en soucis ? Certainement pas les thuriféraires de LD et LD lui-même, bien content de se faire un jolie pactole (et certainment pas de faire oeuvre d’histoire ou d’éducation populaire)

      « LD célèbre ce qui reste de notre patrimoine et que la société moderne, par scrupule ou par manque de temps, n’a pas encore détruit, mais on va bien finir par y arriver à force de s’y employer. Et effectivement, ce patrimoine en question, quoi que l’on puisse dire, il s’est construit majoritairement sous l’Ancien Régime, celui des rois de France. Et les touristes qui viennent en France, à votre avis, ils viennent y admirer quoi ? Les châteaux et autres monuments du passé, ou bien le Centre Pompidou et la Défense ? LD, malgré de regrettables erreurs, rend hommage au savoir-faire de nos ancêtres, à leur goût des belles choses et à un monde d’autrefois qui faisait que ces choses-là étaient possibles. »

      Ah, parce que les historienNEs, les archéologues, les personnels des musées, les assocs locales ne font peut-être pas leur travail ? LD, c’est le messie que nous attendions tous… grand merci à lui… soit dit en passant, le patrimoine (qui est une notion critiquable, voir le livre de François Hartog, Régimes d’historicité. Présentisme et expériences du temps, Le Seuil, Paris, 2002) n’a pas besoin d’être célébré, mais analysé, compris. L’histoire n’est pas une messe, que diable (si j’ose… heu, oui en fait :-)). Pareillement, je me fous bien que des millions de touristes viennent « célébrer » le patrimoine. Le comprendre, oui, mais le célébrer. Un exemple… les monuments construits par les rois avaient une utilité. Ils n’ont pas été construits pour faire joli, mais souvent pour asseoir une domination, un pouvoir, faire parti d’un ensemble de dispositifs de « propagande » royal (la basilique de Saint-Denis est à ce titre exemplaire). Faut réfléchir mon vieux, et sortir du discours « Action française ».

      « A choisir entre les élites d’aujourd’hui et les soi-disant élites du passé, c’est vite fait, sauf à vouloir que la France crève pour de bon. »

      Donc vous voulez le retour des aristocrates de l’Ancien Régime. Merci, ça a le mérite d’être clair…

      Les élites elles sont plus que jamais présentes, sauf qu’elles oeuvrent contre la France, sont insaisissables et sont en train de disloquer totalement la planète : la finance, apatride et mondialiste. A choisir entre les élites d’aujourd’hui et les soi-disant élites du passé, c’est vite fait, sauf à vouloir que la France crève pour de bon.

      Là aussi, cela à le mérite d’être clair… la finance apatride… hum… ça me rappelle quelque chose ? Mais quoi. Ah oui…

      • Clémence RV dit :

        Bonjour,

        j’arrive après la bataille mais je dirais en quelques mots que vous vous donnez beaucoup de mal, et prenez beaucoup de temps (et d’énergie) à débiner un apprenti-historien que vous n’avez de cesse de mépriser.
        S’il est si méprisable que cela, pourquoi vous donnez vous tant de mal ?
        J’allais dire, aidé de Racine: « Il ne mérite ni cet excès d’honneur ni cette indignité »

        LD m’interesse peu à vrai dire, mais les échanges que vous avez eus à son sujet me semblent suffisamment significatifs pour réagir.
        En effet, vous donnez l’apparence de quelqu’un qui accepte la contradiction (en publiant les articles de vos contradicteurs) mais vous leur répondez en vous montrant systématiquement goguenard à leur égard, pétri de certitudes et, de fait, méprisant à l’égard de tous, in fine.

        Enfin, il est un peu dommage que votre souci patent de la forme (et non de l’orthographe d’ailleurs) et votre intention de faire rire desservent votre propos.

        Ce n’est que l’avis d’une passionnée d’Histoire qui n’a pas votre prétention.

        • Bernard M dit :

          Je reprends ce que je disais sur le site de « la Fabrique de l’Histoire »… Hé bien j’ai une approche un peu différente du problème. En effet, il se trouve que j’ai lu le livre dont on parle au moment de sa sortie, alors qu’il n’était pas cité dans les media. Son succès au départ était dû au bouche-à-oreille, puis on a commencé à en parler à la TV, à la radio, etc… A ce moment là, j’étais un simple passionné d’Histoire (j’ai une formation de scientifique), et j’ai donc « gobé » pas mal des choses écrites dans ce bouquin (bon, pas la tête de Saint Denis ni Jeanne soeur de Charles VII, hein…). Et à la même époque, je me suis inscrit en 1ère année de Licence d’Histoire (à distance)… Il a quand même fallu ça, et les émissions de France Culture, pour acquérir un peu d’esprit critique quant aux sources, ce qui est quand même LA BASE dans cette discipline. Alors que j’étais plutôt bon élève dans cette matière jusqu’au bac, pourquoi n’avais-je pas ce « culte » des sources ? Y aurait-il un manque dans les programmes scolaires ? Est-ce que cela se serait amélioré depuis presque un quart de siècle que j’ai quitté le lycée ? En tout cas, pas mal de choses ont changé dans mon approche depuis 2 ans et demi, et je confirme à 100% l’article des Goliards, alors que je ne me considère toujours pas comme faisant partie d’un « sérail » d’érudits. Comment peut-on faire comprendre à un public populaire ce qu’est vraiment l’Histoire si on continue à promouvoir un tel livre comme ouvrage historique ? Ceci dit, il m’arrive de trouver absconses, par exemple, certaines émissions de France Culture (surtout une émission historique diffusée le lundi ;-). La question inverse se pose donc aussi : comment être « pointu » sans être, pardon, chiant ?

  • MM dit :

    Une vidéo du Métronome version DVD… le pire est à craindre… des Gaulois avec des casques ailés, des vikings avec des casques à cornes… comment se fait-il que France 5, chaîne de service public, offre un million d’euros à ce type alors que des archéologues, des historienNEs de l’art, des historienNes compétents sont légions et n’en exigeraient même pas le dixième pour réaliser des documentaires de qualité ?

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  • Gabriel Thuillier dit :

    Hum, vous appelez ça « critiques » ? Son auteur aurait été bien inspiré d’apposer sa signature en fin d’article, article dont le titre seul est d’une vulgarité et d’un irrespect flagrant au passage (« oups, j’ai marché dans Lorànt Deutsch », presque digne de la presse de caniveau). En fait de critiques, j’ai plutôt l’impression, à lire la prose en question, qu’un différend personnel en est le ressort principal, voire une aigreur bien mal placée devant le succès d’un ouvrage qui a, lui, le mérite d’intéresser à l’histoire de France, ce que ne sait plus faire l’école depuis bien longtemps, et trop longtemps même.

    Qui êtes-vous donc pour juger ? Quelles sont vos références ? Quels sont vos écrits ? Quels sont vos actes ? Pour s’ériger en juge, encore faut-il en avoir l’étoffe.

    Les historiens prétendument de qualité (des noms svp, ce serait plus simple pour vous répondre) présentent néanmoins en général un immense désavantage : celui d’être profondément ennuyeux. Pour preuve l’aversion qu’une majeure partie des élèves éprouve pour une matière comme l’histoire. Où sont-ils les historiens émérites dès lors qu’il s’agit de redonner goût à l’histoire ? Où sont-ils les historiens émérites dès lors qu’il s’agit de réhabiliter l’amour de notre patrimoine ? Où sont-ils encore, ces historiens émérites, lorsqu’il s’agit de faire la lumière sur certaines périodes traitées de façon fallacieuse par l’école ? On ne les voit guère à l’œuvre : si certains prennent aujourd’hui leur place, ces historiens émérites ne le doivent qu’à leur propre incapacité à intéresser. C’est d’un mea culpa dont ils devraient s’acquitter, pas d’une fronde.

    En réalité l’histoire, c’est comme tout domaine, il y a d’un côté ceux du sérail, et de l’autre ceux qui ne le sont pas, les premiers vouant une haine féroce aux seconds. De là à voir en l’article auquel vous faites référence l’œuvre d’historiens du sérail agissant dans l’anonymat, ou bien – et j’ai bien peur que cette hypothèse soit plus crédible – celle de jeunes étudiants frais émoulus d’une quelconque université et cherchant un sujet vendeur, il n’y a qu’un pas. Rien que de très humain, en fin de compte.

  • Willem dit :

    Pourquoi ne vous lancez-vous pas dans la publication d’un « corrigé » ?

    Le témoignage de Bernard M raconte exactement comment il s’est intéressé à l’histoire (parce que moins « chiante ») et puis comment il y a pris goût (envie d’en savoir plus, référence au source, esprit critique).

    Nul doute que parmi les nombreux lecteurs de Métronome, nombreux sont celles et ceux qui pousseront au-delà leur intérêt sur l’Histoire — de Paris et la France. Ils pourraient même se précipiter sur ce « corrigé », car on peut toujours améliorer ses connaissances, car l’Histoire n’est pas une science exacte — sinon on ne reviendrait pas sans cesse sur les versions antérieures.

    Je suis sûr que le bouche à oreille fonctionnerait aussi bien pour un tel ouvrage qui apporte un complément, références aux sources, explications et approfondissements. Et que les médias ne tarderaient pas non plus à s’y intéresser car ça apporterait un volet supplémentaire à la saga Métronome en sachant qu’il auront une audience acquise à la question et attentive.

    Seule condition : rester factuel, se comporter en bon professeur pédagogue, qui ne pas tirer à bouler rouge sur un élève qui a fait quelques erreurs en présentant son exposé à la classe. C’est déjà positif qu’il ait intéressé ses camarades, maintenant au professeur de réagir – avec bienveillance – en apportant des correctifs et des compléments d’informations que chacun sera tout disposé à entendre et vérifier par lui-même…
    Pour cela, il faut ôter toute forme (et trace) de mépris au détriment de la connaissance et du savoir — peut-être en publiant alors sous un autre pseudo que Goliard[s].

    • William Blanc dit :

      Merci pour ce commentaire et cette idée. Ce serait pas mal en effet… sauf que, en fin de compte, cela existe déjà (voir les conseils de lecture) et que cela serait sans doute un peu méprisant pour les lecteurs du Métronome (sur le mode, vous n’avez rien compris, mais moi, je vous explique les p’tits gars…). Et puis, la position du censeur, même sympathique… mouais… en fait, j’ai bien envie de réagir en vous proposant de lire un texte sur les films historiques. Le but n’est pas de faire le recensement des erreurs… il faut surtout comprendre pourquoi elles (pour le Métronome, une vision très réactionnaire de l’histoire). A ce titre, votre propos est intéressant :

      ne pas tirer à bouler rouge sur un élève qui a fait quelques erreurs en présentant son exposé à la classe

      Je ne considère pas LD comme mon élève. Ce serait, à mon sens, entretenir un rapport malsain. Il fait de l’histoire. Qui suis-je pour dire qu’il n’en fait pas ? Par contre, je peux m’opposer à ses propos, amener des arguments, quitte à être un peu polémique (ça fait du bien. Evitons le consensus mou).
      Autre truc. Je ne m’oppose pas seulement à Deutsch, mais à un mécanisme médiatique qui fait qu’un type, aussi incompétent soit-il, puisse vendre un livre truffé d’erreurs et proposant une vision de l’histoire très limite et ait accès aux journaux, à la télé, sans que personne ne se pose la question de la pertinence de sa démarche. Editeurs, journalistes, et même historiens qui n’ont pas réagi sont responsables de ce phénomène. LD n’est pas un gentil élève un peu cancre perdu au fond de la classe. C’est un dominant, au sens social du terme (il a l’argent, les réseaux), aidé par d’autres dominants qui imposent leur vision de l’histoire, une vision qui invite à tout (la nostalgie, le fantasme), sauf au débat, sauf au questionnement.
      Mais bon, je retiens votre idée de bouquin. ;-)
      Dans l’attente de votre réponse.
      Goliardement.
      WB

      • Bardamu dit :

        « cela serait sans doute un peu méprisant pour les lecteurs du Métronome (sur le mode, vous n’avez rien compris, mais moi, je vous explique les p’tits gars…) »
        Au présent de l’indicatif vous avez exactement ce que je ressens, moi pôôvre lecteur inculte de LD.

    • Bernard M dit :

      Bonsoir, ce n’est pas exactement ce que je voulais dire dans mon témoignage. Je reproche en fait à « Métronome » d’être ce qu’il est, c’est à dire d’induire en erreur des personnes potentiellement intéressées à l’Histoire (ce que j’étais déjà). Je ne peux donc pas lui donner un statut de « passeur d’idée », ou de lanceur de vocation historique. Je préfère autant donner ce rôle à des oeuvres de fiction (mais assumées), qui peuvent amener, par le rêve et l’imagination, à intéresser le lecteur à l’Histoire.
      Je suis donc l’idée énoncée par William Blanc, mais comme lui je trouve tout de même pas mal votre idée de « corrigé » !

  • Robin dit :

    Le manque de rigueur et l’incertitude n’ont jamais fait partie de fondements solides et durables.

    • goliard dit :

      Hum… que voulez-vous dire ? Le manque de rigueur de LD… oui, c’est vrai, il fait preuve d’un manque de rigueur. La faute à sa vision très sectaire de l’histoire.
      Quant à l’incertitude, je ne peux pas être d’accord avec vous. L’incertitude est le fondement de l’histoire. C’est justement parce que chaque travail historique est incertain qu’il est possible (et nécessaire) de le remettre en cause, de le soumettre au feu de la critique…

      • Robin dit :

        Le manque de rigueur dans toute démonstration, qu’elle soit historique ou autre.
        L’incertitude peut, dans la mesure de votre remarque, faire partie d’un fondement mais celui-ci ne sera pas solide et durable s’il est possible de le remettre en cause. On peut donc dire que, certes l’incertitude n’a jamais fait partie de fondements solides et durables mais qu’elle fait partie de leur élaboration.

        • goliard dit :

          « l’histoire dit vrai mais ses vérités ne sont pas absolues » Antoine Prost, « 12 leçons sur l’histoire » (je cite de tête)… le débat s’élève… (mais pas trop, sinon, on va cogner la tête au plafond ;-)

  • Orel dit :

    Le vrai problème qui vous pousse à écrire ces lignes, c’est que vous avez beaucoup étudié l’histoire et que vous avez une grande connaissance mais que vous êtes incapable de transmettre ce savoir au plus grand nombre. L’idée géniale de LD c’est de transmettre ce savoir à travers les stations de metro, qui sont le quotidiens de millions de Français. Ce coté ludique et attrayant qui attire un maximum de gens vers l’histoire, vous ne l’avez pas trouvé, LD lui l’a trouvé. Et ça, ça vous met les boules :)
    Après vous pouvez vous rassurer en vous disant que les gens sont des moutons attirés par une célébrité qui écrit des aneries, ou alors vous remettre en question et trouver le moyen d’amener votre (bonne) version de l’histoire au plus grand nombre!

    • goliard dit :

      Cher monsieur. Apparemment, vous n’avez pas lu notre article. Nous aussi nous déplorons que les historiens aient abandonné le champ de la vulgarisation (encore que… nous donnons, en bibliographie, quelques références). Mais est-ce une raison pour proposer de la mauvaise vulgarisation. Quant à prendre les gens pour des moutons (attention, j’aime bien les moutons), nous ne me permettons pas ! La vraie question est celle du choix, du débat. Dans quelle émission LD a-t-il été confronté à un-e historien-ne ? LD lui-même, qui dit aimer l’histoire, renvoie-t-il à des ouvrages afin de permettre aux gens de parfaire leurs connaissances ? Non. C’est justement parce que nous ne prenons pas les admirateurs de LD pour des moutons que nous lançons (à la mode bulldozer, il est vrai), ce débat, que nous opposons à LD des arguments. Les prendre pour des truffes (non, désolé, j’aime trop les moutons pour dire ça) aurait été de les laisser avec le Métronome pour seule référence…

      PS : et, comme d’habitude, aucune réponse sur le fond, sur les erreurs faite par LD, sur son agenda politique limpide (remettre les rois au contre de l’histoire de France).

    • Alexis dit :

      Si LD a voulu « démocratiser l’histoire » en la rendant accessible au commun des mortels, c’est tout à son honneur. Mais encore faut-il bien le faire.

  • David L. dit :

    Bonsoir,

    Je me permet d’intervenir à mon tour, sans aggressivité. Je suis un cancre, l’histoire m’a toujours ennuyé durant ma vie scolaire. Des dates, des noms, des évènements, et on répète en boucle sur des millénaires de faits. Pénible.
    Je me fiche pas mal de M. Deutsch. J’ai acheté son livre après l’avoir découvert et feuilleté dans une librairie. Comme le dit Orel plus haut, il s’agit là d’avoir tendu un pont entre des lieux ou des morceaux de lieux auxquels personne ne fait plus attention pour les replacer dans leur contexte, dans l’histoire, et d’éveiller le cancre ou le blasé à des réalités tangibles, avec une petite part d’imagination qui l’implique encore un peu plus.

    C’est de l’histoire ENFIN ludique. Une petite chasse au trésor à travers la capitale.

    Toutes les erreurs que vous avez relevées sont très certainement justes, et on peut les regretter, mais je n’ai certainement pas acheté son livre pour l’exactitude historique – il y a bien d’autres ouvrages qui existent déjà pour qui veut aller plus loin – que je suis de toute façon incapable de juger. Je l’ai acheté car la passion pour cet auteur pour son sujet ( la ballade dans Paris à travers le temps ) était mille fois plus présente que dans les cours du meilleur de mes professeurs.

    Vous citez plusieurs fois  » son agenda politique « … et pourquoi nous ne le relevons pas : Simplement parce que votre lecture, grâce à votre érudition, est bien plus profonde que la mienne et probablement celle de la plupart de ses lecteurs. On ne le perçoit pas, son agenda politique… tout simplement. Encore une fois : Ce que j’y ai lu, c’est le détail de voyages dans des périodes d’histoire grâce à l’ancre de vestiges encore présents, et la mise en valeurs d’endroits oubliés.

    Je vous le dit sans provocation : Il y a une demande de la part des cancres dans mon genre pour des livres de ce genre. Il n’en a pas vendu autant parce qu’il serait une élite ou une célébrité, mais bien parce qu’il est plaisant. Si vous pensez que vous pouvez faire mieux que lui au point de vue factuel tout en étant aussi ludique, alors faites-le; Vous passez peut-être à côté d’une belle opportunité.

    Cordialement…

    • Renaud Barry dit :

      Bonjour,

      Je viens de découvrir ce site.

      Je suis un amateur d’histoire depuis mon plus jeune âge. Je passe donc beaucoup de temps à regarder les docus ou émissions historiques diffusés sur le petit écran. Suite au visionnage de je ne sais plus quel épisode de la série Métronome, j’ai essayé d’en savoir plus sur le livre et la série. J’avais eu comme un arrière-goût désagréable persistant en bouche (et en tête) bien après la diffusion, ayant relevé comme vous le vocabulaire fortement orienté du « saltimbanque de l’histoire » sur le peuple français et la période de la Révolution. Par clic successifs je me suis retrouvé sur la page d’accueil de goliards (merci histoire-pour-tous)…

      J’irais encore plus loin que vous dans l’analyse du phénomène LD. Il participe à une ré-écriture de l’histoire (qui porte comme vous le dites si bien le visage de la négation) qu’on voudrait imposer au « bon » peuple français pour son salut, peuple qu’on méprise tant par ailleurs – un peu à la manière de LD d’ailleurs (paternalisme condescendant d’un autre temps qu’on voudrait lointain). Une ré-écriture de l’histoire qui voudrait que la Révolution ai sonné le début du déclin de la France; que les droits de l’homme et la notion d’égalité hérités de cette période ne sont que fumisterie intellectuelle et contres nature – droit-de-l’hommiste n’est-elle pas l’une des insultes suprêmes assénées aux « gauchiasses » (à vos souhaits pardon – j’en suis une je le confesse) par les droites réactionnaires françaises; que Mai 68 n’est que la conséquence néfaste de cette décadence programmée de la France (Furet où es-tu caché?), j’en passe et des meilleures…

      Ce discours ne cesse de gagner du terrain depuis 20 ans. Je pense qu’aujourd’hui on est clairement sur le terrain du combat. En tout cas moi oui, dans ma vie de tous les jours, avec mes enfants, mes amis, ma famille.

      Tout ça pour vous dire merci pour le travail à mon avis essentiel que vous accomplissez.

      • goliard dit :

        Merci pour les compliments,

        Oui, le phénomène est très large. Il inclut des gens comme Casali, Buisson, Gallo, Ferrand, Berne même… mais il n’est si nouveau qu’on pourrait le croire. Voir à ce sujet « A quoi sert l’identité nationale » de Gérard Noiriel (notamment les 40 premières pages…) qui fait remonter ce type de discours à la fin du XIXe siècle, avec Lavisse et Vidal de la Blache.

  • bentolila dit :

    Bonjour,
    je suis heureux enfin; qu’il y ait quelqu’un qui critique le livre de LD. Je n’aime pas ce type de livre, parce que je considère l’Histoire comme un fait en perpétuel évolution. J’écoute tous les matins la fabrique de l’histoire, et lis d’autres livres historiques.

    • goliard dit :

      Merci… on essaie de faire notre job… maintenant, il serait bien que justement la Fabrique (et d’autres médias) prenne le relais. On a écrit à l’Histoire et à d’autres médias à ce sujet (comme la Fabrique). Il serait intéressant que chacun leur envoie un petit mail pour leur dire de réagir.

  • Ah non, ça suffit ! Vous aurez beau démolir le livre de LD, avec tous ses défauts, c’est lui qui nous a donné envie de faire cette ballade dans le passé ! J’ai moi aussi relevé quelques erreurs, mais bon, j’aime ce fou passionné qui a su rendre si vivant ce voyage … Je me fous pas mal de savoir s’il est royaliste, catho, ce n’est pas interdit, il est aussi de gauche, ha, ha

    • goliard dit :

      Il y a des royalistes de gauche ? Il y a aussi des poissons volants, qui ne constituent pas la majorité du genre… (librement inspiré d’Audiard).

  • Non, ça suffit, plus de commentaires !!! Je crois que vous avez usé et abusé ! Comme disait l’une d’entre vous : LD ne méritait « ni cet excès d’honneur ni cette indignité. » Quel déluge de critiques, et comme on sait « la critique est aisée …  » je ne voudrais pas abuser des citations ; ce doit être mon côté prof de Lettres, bref, pour faire court, je dirai que Lorànt D est un passionné qui sait rendre passionnant ce qu’il fait. Des erreurs, oui, j’en ai relevé quelques unes, moi aussi, et alors ? J’ai trouvé très original son parcours « métronome », il m’a donné envie, et pas à moi uniquement, de me promener dans Paris en suivant des chemins inédits … Toute la famille était devant le poste, parents, enfants et petits-enfants, et nous attendons tous LD dimanche prochain, sans vous, si possible !

    • goliard dit :

      Non madame, la critique n’est pas facile (vu que nous, nous sommes allé chercher les sources, les vraies).
      Non, faire de l’histoire n’est pas facile. C’est un travail de longue haleine.
      Non, Lorànt Deutsch n’est pas un passionné. C’est un royaliste qui a pour projet de vous proposer une fausse histoire, une imposture. Dire que LD fait de l’histoire, c’est dire que McDo fait de la gastronomie de terroir…
      A vous de choisir…

      • baptiste dit :

        Ben tu y arrives,vous le lachez le morceau. c’est royaliste que vous n’aimez pas… critique ideologique. ca sentait le gaucho frustré cet article. en tant qu’appolitique je ne comprenais pas cette critique aveugle. LD est approximatif, mais il ne milite pas, voyons… enfin ca reste paternaliste et a sens unique tout ca

      • eury dit :

        je suis médiéviste et j’appuie tout à fait votre théorie

        • goliard dit :

          Merci beaucoup… n’hésitez pas à lire le livre « Les historiens de garde » qui développe un peu, de manière plus sérieuse que ce petit « coup de gueule » que vous avez lu ci-dessus, nos critiques quant à Lorànt Deutsch, mais aussi face à tout le phénomène de marchandisation de l’Histoire… au plaisir.

    • Delphine dit :

      Ce qui est interdit, Madame, c’est le prosélytisme religieux sur le service public, laïcité oblige.

      À part ça, vous êtes prof de Lettres et son style littéraire à la limite de la caricature, et pas qu’un peu plagié sur les pires littérateurs de la 3ème République, ne vous gêne pas ? À mon époque pas si lointaine, en Lettres, on demandait un peu plus d’intégrité littéraire.

      Quant à l’usage des citations, j’aime bien finir celles des autres. « …et l’art est difficile » : vous assimilez, sans l’ombre d’une petite point d’un chouilla de minimum de honte toute bue, ce que fait Lorànt Deutsch à de l’art, donc ? Gaffe avec les citations, c’est un peu comme les « antiques reptiles qui ont résisté à l’évolution » (p. 82 de l’oeuvre d’art), des fois, ça crache le feu…

    • anne Breneol dit :

      autrement dit : « je vous demande vous arrêter »!!!
      un peu autoritaire, non? quant à dire « … je me fous de savoir s’il est royaliste, catho, ce n’est pas interdit… » il ne vous vient pas à l’esprit que lui n’est PAS neutre, que cela a orienté ses choix, ses commentaires, voire est à l’origine de l’entreprise? Moi qui n’étais pas férue d’histoire mais intéressée, je trouvais son initiative bienvenue, mais pourquoi n’aurais-je droit qu’à des approximations, pourquoi devrais-je retenir des erreurs historiques ???

  • Sophie dit :

    bonsoir,
    Juste une toute petite précision pour l’article: le baptême de Clovis est maintenant situé vers 507 après la bataille de Vouillé. (en soit ce n’est pas très grave, mais c’est juste par souci du détail!)
    Et d’ailleurs l’administrateur du site dont la réponse est inscrite plus haut fait une grossière erreur: comment Clovis aurait reçu les insignes impériaux de l’empereur d’occident (après 481-482, date de mort de Childéric) alors que la fin officielle de l’empire romain d’occident est en 476 et que Odoacre après avoir déposé Romulus Augustule envoie les insignes impériaux (de Rome) à Constantinople pour montrer de façon symbolique la fin de l’empire. Ceci dit, pour les contemporains, il est vrai que ça a pas changé grand chose. Childéric était effectivement officiellement gouverneur de Belgique seconde, et pour saint Rémi, il était totalement logique que Clovis reprenne le poste de gouverneur de Belgique seconde, 5 ans après la fin officielle de l’empire!
    Je n’ai pas lu le livre de Loran Deutsch, juste regarder l’adaptation télévisée. Ce n’est pas tant les erreurs de chronologie qui sont grave (encore que, ce n’est pas une dissertation de 3 heures, mais un travail où on a le temps de vérifier les chrono, mais passons), c’est plutôt les -comment dire- imprécisions et autres jugements à l’emporte-pièce sur tout les aspects « façon de penser » « vie quotidienne » et « culture » (par exemple « les romains anéantissent la culture gauloise »). La vulgarisation scientifique et la médiation culturelle sont des choses très biens, mais au départ, c’est tirer les gens vers la culture, pas le contraire tirer la culture vers le bas. (oui je précise, je suis en M1 d’archéo et histoire de l’art)

    • goliard dit :

      Merci pour votre commentaire,
      La date du baptême de Clovis fait encore débat (entre 496 et 511)…
      Sur les insignes, Clovis les reçoit de l’empereur romain d’Orient Anastase Ier (dont l’empire existe encore…).
      D’accord sur votre analyse du bouquin, mais attention. LD va jusqu’à inventer des faits (voir notre autre article avec, en prime, les réactions de LD himself : http://www.goliards.fr/goliardises-2/lorant-deutsch-louvre-trop/)… cela pose un problème… où s’arrête l’Histoire. Si on laisse quelqu’un dire n’importe quoi, cela ne laisse-t-il pas la porte ouverte aux mensonges, mêmes les plus nauséabonds ?
      Je pense que nos articles présentent, au moins, l’intérêt de lancer un débat sur ce que doit être une bonne vulgarisation. manière de vous dire qu’il faut les faire tourner, notamment auprès des archéo et des historiens de l’art qui deviendront, pour beaucoup, conférencier ou conservateurs et qui seront amenés à pratiquer cet art difficile…
      A bientôt

  • Sophie dit :

    autant pour moi pour les insignes (je suis peut être aussi un peu trop affirmative pour Clovis, en tout cas je crois maintenant qu’on est sûr qu’il n’a jamais mis les pieds à Tolbiac?)
    pour le coup du Louvre avec la tour méro, je me disais bien qu’il y avait un truc qui clochait, (je connais relativement bien le Louvre et j’en avais jamais entendu parler). Je viens de finir le deuxième épisode…. que dire…. entre l’huile bouillante et les erreurs de 4 siècles (bon d’accord c’est au niveau des « costumes » des figurants). Ce qui est le plus triste c’est les fans gobent pratiquement tout sans sourciller , au moins on aurait peu espérer qu’à défaut d’être une bonne série documentaire, ça éveille un sens critique chez les téléspectateurs….

  • SLB dit :

    Bon, moi, L. Deutsch, je l’aimais bien.

    Je ne reviens pas sur les erreurs factuelles, on en fait tous, moi-même agrégé, doctorant et dans le supérieur.

    Mais y’a un truc qui m’exaspère par dessus tout : partout où il passe il raconte qu’il a eu l’idée tout seul, par hasard, en se baladant dans le métro, en se disant qu’une telle masse d’histoire inexploitée, il fallait s’en servir, etc.
    Or, en 1999, j’ai, dans le métro acheté moi-même un fascicule à un SDF qui faisait exactement la même chose : raconter l’histoire de France et de Paris à travers ses stations de métro.
    C’est peut-être une coïncidence, mais il faut alors que LD arrête de raconter partout où il passe qu’il est le seul et le premier à avoir eu l’idée.

    Son action, de vulgarisation, est largement louable et je connais des tas de gens dans mon entourage, non férus d’histoire, qui ont adoré le bouquin. Mais, il faut qu’il soit plus honnête – ou mesuré – sur la genèse de son œuvre.

  • alexis dit :

    C’est quoi cette histoire ? Je ne savais pas que Louis-Philippe était encore roi en 1871, que Notre-Dame est « d’inspiration Goth » ou encore que l’Empire Byzantin était venu jusque chez nous ! Il va falloir que je retourne à mes livres d’histoire. Quant à Saint-Denis qui descend de la bute sans sa tête, c’est comme chercher des preuves archéologiques de la guerre entre des dieux et les titans.

    Plus sérieusement, je n’ai pas lu ce livre mais dés que j’en ai entendu parler j’ai eu quelques doutes sur la légitimité de LD à écrire un livre d’histoire. J’estime qu’il y a une limite à ne pas dépasser. Qu’un généalogiste qui n’a pas fait de grandes études d’histoire écrive une monographie sur l’histoire de son village ou sur l’histoire de sa région je peux tout à fait comprendre mais dans le cas de LD, alors là… je sèche. Quand je pense qu’il a même son émission sur France 5, ça me donne la chair de poule. J’imagine déjà les exposés de nos chères têtes blondes, qui mettront LD dans leur bibliographie.

    Je ne comprends pas non plus comment un tel livre a pu être publié. Soit il y a aucun contrôle, et tout le monde peut publier n’importe quoi, soit il y a des contrôles, mais comme il s’appelle LD, il y a eu passe-droit.

    Après, il n’y a pas que LD qui fait des erreurs. Je me souviens d’un reportage sur Arte (un samedi soir) où le narrateur a décrit Jules César comme le premier empereur. (Auguste, je suis désolé pour toi).

  • Ping : Oups, j'ai marché dans Lorànt Deutsch | christinedb | Scoop.it

  • JS dit :

    Je me demandais, sur ce passage, le 22 février 1848 (sur d’autres sources que je ne citerai pas, c’est le 23)

    Aux accents de la Marseillaise, des révoltés se dirigent vers le ministère des Affaires étrangères, alors situé bvd des Capucines. La foule s’approche des soldats qui protègent l’édifice, les hommes de troupe sont bientôt cernés, un meneur barbu et imposant veut frapper un officier avec une torche allumée qu’il brandit comme une arme. Un coup de fusil retentit dans la nuit, la torche vacille, tombe et roule sur le pavé. C’est la panique. Les soldats tirent en tous sens… on relève 16 morts

    p344 de la première édition.

    Cela me paraît hyper précis, trop pour être honnête ? Cela impute le début de l’émeute non au coup de feu anonyme et invisible mais bel et bien, de façon attestée, à un « meneur barbu et imposant » ?

    WTF

    merci pour vos éclaircissements éclairés d’historiens documentés !

    J.

  • JS dit :

    Je ne peux m’empêcher de citer un autre passage (quelques pages après un CV raccourci: « Auguste Blanqui, conspirateur professionnel »)

    des soldats ivres, paniqués par une foule menaçante, ouvrent le feu

    p347, le 4 décembre 1851.

    Ah ! la foule menaçante par laquelle le malheur commence… Victor Hugo dans Napoléon Le Petit donne une tout autre description de ce moment… curieux ?

    Quelques lignes plus loin, ND écrit « Un an passe ».
    Voilà.

    • goliard dit :

      Oui, c’est très clairement une vision négative du peuple (que reprend Lorànt Deutsch à son compte)… voir à ce titre l’excellent bouquin de Déborah Cohen, La nature du peuple….

  • veronique dit :

    Bonjour,
    j’ai beaucoup aimé votre article et ce qu’il met en avant, mais je crois qu’il y a de la place pour tout le monde dans le milieu du livre historique, y compris pour LD et ses erreurs que je n’aurais sans doute pas vues sans vos explications.
    L’histoire, je l’ai apprise comme tout le monde à travers des « clichés » chronologiques qui avaient l’avantage d’être aisés à retenir : Clovis qui se convertit par amour pour Clothilde, Charlemagne et Roland sonnant du cor à Ronceveau, Louis XI et les prisonniers qu’il mettait dans des cages, Louis XIV le roi soleil, … bref, j’en passe et de « meilleures ».
    Grâce à cette vision simpliste de l’Histoire de France, j’ai aimé cette matière et j’ai souvent cherché à en savoir plus.
    Dans l’ensemble, nous sommes assez fâchés avec l’Histoire, alors, si LD peut donner envie d’en savoir plus, d’aller plus loin (ne serait-ce que jusqu’au musée Carnavalet), pourquoi pas ?
    De toutes façons, le public ciblé par son ouvrage ne lira jamais de livre « sérieux » sur l’Historie de France, car ces ouvrages l’ennuieront et si vous leur faites un beau discours expliquant que LD a fait plein d’erreurs dans son livre, vous ne les atteindrez pas, car c’est trop éloigné de leur univers.
    Je dis cela sans aucune méchanceté, car il y a beaucoup de ces gens dans mon entourage : ce ne sont pas des érudits, mais des gens simples, des gens qui aiment l’Histoire sans « se prendre la tête » et est-ce un mal ?
    Cela ôte-t-il quelque chose aux érudits, à ceux qui sont ferrés à glace sur le sujet et qui ont besoin de réfléchir et s’interroger sur l’Histoire plutôt que de l’accepter telle que’on la leur présente ?
    Moi, c’est en physique/chimie que je ne me pose jamais de questions : je suis incapable de comprendre.
    J’admire la lumière qui s’allume quand j’appuie sur l’interrupteur, je sais qu’il y a « contact », mais après… ben, après ?… ben, c’est comme ça, c’est l’électricité.
    A chacun son truc ;-)

    • goliard dit :

      Merci pour ce commentaire (et merci d’avoir aimé l’article)…
      Personne ne dit que l’histoire doit rester dans le sérail des historiens, personne et surtout pas nous. Il faut vulgariser (nous préférons parler de « popularisation »)… hélas, les historiens le font très peu (et très mal). Mais est-ce une raison pour accepter une très mauvaise vulgarisation comme celle de Deutsch. Nous ne pensons pas…
      Quant à l’histoire, elle ne peut pas être un truc… elle est trop importante dans la formation des citoyens pour la laisser enfermée dans une tour d’ivoire.
      A très bientôt.

    • Delphine dit :

      Je trouve ça terrible, ce que vous expliquez. Finalement, c’est la victoire des mauvais vulgarisateurs qui ont réussi à faire croire qu’une Histoire « pas prise de tête », c’était forcément simpliste et clichetonneux. Voir même que toute science n’est intéressante que si elle est dépourvue de toute notion de science. On ne le répétera jamais assez, la vulgarisation c’est la simplification du discours pas du propos. Lorsqu’on simplifie jusqu’à le rendre inepte, ce n’est plus de la vulgarisation, c’est de la manipulation.

      « L’histoire, je l’ai apprise comme tout le monde à travers des « clichés » chronologiques qui avaient l’avantage d’être aisés à retenir [...] Grâce à cette vision simpliste de l’Histoire de France, j’ai aimé cette matière et j’ai souvent cherché à en savoir plus.

      Je peux retourner l’argument. Moi aussi j’ai appris pas mal de clichés bien baveux à l’école (même si ma maman prof d’HistGéo en a démonté plus d’un, j’étais à l’âge bête où on n’écoute pas), j’ai appris les Gaulois au casque à cornes (si si !), Charlemagne à la barbe fleurie et autres belles conneries qui me donnent aujourd’hui des envies de meurtre. Le problème de ces clichés, c’est qu’ils m’ont rendu l’Histoire des périodes concernées totalement sans intérêt, dédain dont j’ai aujourd’hui beaucoup de mal à me débarrasser : les Gaulois, bof…, le Moyen Âge, bof… Alors que, pardon, mais le Moyen Âge, par exemple, c’est une époque fascinante à plus d’un point, ne serait-ce que par ce qu’elle couvre un millénaire d’Histoire ! Malheureusement pour moi, ma vision du Moyen Âge est pourrie par des années de clicheton (et par Lorànt Deutsch maintenant, quelle saleté quand même…) et surmonter des à priori à la con comme ça, c’est ce qu’il y a de plus dur. C’est ça le gros problème avec l’Histoire-cliché, une fois confronté à la vraie Histoire, complexe certes, mais tellement enrichissante, le gouffre est parfois insurmontable. Les clichés appauvrissent l’Histoire, il la sclérose, elle devient une image d’Epinal, une image fixe. L’Histoire, c’est un film, pas une diapo.

      Dans l’ensemble, nous sommes assez fâchés avec l’Histoire, alors, si LD peut donner envie d’en savoir plus

      Ouh là, non… On n’est pas fâchés avec l’Histoire en France. On est l’un des rares pays où l’on enseigne autant l’Histoire à l’école, où il se vend autant de livres d’Histoire (de toutes sortes. J’ai des amies américaines fans d’Histoire, elle ne lisent QUE des biographies, parce que c’est tout ce qu’elles trouvent dans les rayons Histoire de leurs libraires généralistes. C’est pas mal limité l’Histoire vu uniquement à travers les biographies des Grands de ce monde…), où les hommes politiques parlent d’Histoire à tout bout de champs, etc.

      Ce n’est pas avec l’Histoire qu’on est fâché, à mon avis, c’est avec les Historiens. Tous les grands succès en Histoire de ces dernières années sont écrits par des non-historiens dont les visées idéologiques se cachent à peine pour certains. On est fâché avec une certaine vision « complexe » de l’Histoire parce que le paysage médiatique ambiant est à la simplification de tous les types de discours, au ravalement de l’esprit critique vers le bas. Les débats ont presque disparus à la télé, ceux qui restent sont à des heures indues, les journalistes ont autant d’esprit critique qu’un banc de merlus, les hommes politiques ont tous, sans exception, basculé leur discours vers le populisme, à plus ou moins grande échelle, la multiplication des télé-réalité à la place de tout autre type de programme, etc.

      Et c’en est donc arrivé au point où demander du débat sur le sujet (à travers Deutsch, Minc, Ferrand, ou d’autres) est rejeté autant par les lecteurs de ces livres qui sont dans le déni et le refus total de la reflexion (enfin, c’est quand même pour eux que les Goliards et Histoire pour Tous montent au créneau ! Ce n’est sûrement pas pour le plaisir de se faire insulter…) mais aussi par les milieux historiques où l’on balaie tout d’un geste de la main

      C’est ça, la vraie portée de la simplification et du cliché : une vraie cassure dans l’Histoire entre ceux qui y ont vraiment accès, et ceux que l’on manipule en ayant des arrières-pensées idéologiques plus ou moins évidentes. La simplification, c’est d’abord celle de votre réflexion, le cadrage de votre esprit critique pour que justement, vous ne sortiez jamais du cadre. Lorànt Deutsch qui s’adresse à un public populaire pour lui expliquer que le peuple, le populaire, est sanguinaire, destructeur, enragé, menaçant, nerveux, etc., que surtout, surtout, il ne faut plus ressembler à ça, les gars, restez à votre place, soyez sages, surtout NE VOUS RÉVOLTEZ PAS, c’est inadmissible de mépris. Vous ne devriez pas accepter cela.

  • Cachou dit :

    Et l’Histoire de France de Michelet, serait-elle a jeter à la poubelle sous prétexte qu’elle est narrative et bourrée d’incertitudes et de certaines contre-vérités ? Les légendes que LD insère maladroitement dans son récit (le mythe de St Denis par ex) méritent aussi d’être conservées dans la mémoire collective, même s’il faut rigoureusement faire la part du vrai et du faux, ou du moins préciser ce qui n’est pas prouvé ou vérifiable. On ne peut pas non plus reprocher à LD son manque d’objectivité, l’écriture de l’histoire est toujours subjective, même et surtout quand on ne l’assume pas. Et votre espèce de fantasme marxiste sur un LD qui serait une sorte d’agent de la bourgeoisie capitaliste engagé pour défendre la culture élitiste est à mourir de rire !

    • goliard dit :

      Bonjour,
      Merci pour votre commentaire et content de vous avoir fait rire ;-)… c’est déjà ça (même si nous ne sommes pas marxistes). Certes, l’histoire est subjective… mais, mais… elle obéit néanmoins à certaines règles, comme par exemple ne pas inventer des faits pour écrire un récit qui colle à ses propres préjugés. Quant à la mémoire collective, ça n’existe pas. c’est une construction faite en fonction des différents récits (historique, romanesque…)…
      Ah oui, et Michelet… bah, ce n’est pas une parole d’évangile non plus. Il est depuis pas mal d’année critiqué par de nombreux historiens (Jacques Le Goff en tête)…

    • Olivier dit :

      Michelet a accompli un sacré travail d’érudition dans le classement et la consultation des archives. Et son travail date quand même de plus de 100 ans pendant lesquels l’historiographie a évolué.
      On ne peut quand même pas se réclamer de Michelet en 2012 (et 150 ans de formalisation de la pratique archivistique et de classement) pour justifier un ouvrage de forme datée et comprenant des approximations, erreurs et parti-pris !

  • adelton dit :

    Etant un modeste passionné d’Histoire et de l’Histoire de France, je ne peux que m’interroger sur la méthode et le contenu de l’émission de LD et vous remercier pour cet article qui à mon sens rend honneur à la vérité historique. j’approuve votre démarche autant que je critique celle de LD car il me semble que lorsqu’on se donne pour vocation d’ouvrir la connaissance historique au plus large public, notamment vers des enfants et qu’ a fortiori, on ne dispose pas du diplôme universitaire qui atteste d’une certaine rigueur scientifique, la moindre des choses est de s’appuyer sur des sources validées, ou encore de s’exprimer au conditionnel.

    Après avoir visualisé deux épisodes et demi de cette émission, je ne crois pas qu’il faille accepter au nom de la démocratisation de l’histoire qu’on serve à la télé des faits historiques dont nous ne sommes pas à l’heure actuelle certains ainsi que des anecdotes qui relèvent plus de la mythologie et de laisser penser au profane qu’il s’agit d’authentiques vérités historiques, ce qui revient à filer du kiri à un marmot pour lui faire apprécier le fromage. Le cas du Saint décapité qui prend sa tête dans ses mains, du ferronier Biscornet qui vend son âme au diable pour finir son ouvrage, du manteau de Saint-Martin, sont des historiettes sympathiques mais ce n’est pas de l’Histoire.
    Qui plus est, je trouve le traitement de l’Histoire qui est fait dans cette émission extrêmement tourné vers la question religieuse et la construction de l’Eglise en France, ce qui n’est pas un mal en soi, car la Chrétienneté joue un rôle dans l’histoire de notre pays, mais toutefois, il faut je pense relativiser ce qui relève de la croyance qui est une opinion personnelle et non de la vérité qui elle est universelle. Rajouté à cela des arguments émanant de LD qui en plus de manquer d’objectivité, associe des concepts et des valeurs qui n’ont rien à voir entre eux et dont on se demande et dont on se demande pourquoi il les réunit.
    Faire de l’histoire simplement ne signifie pas faire de l’histoire pour les simplets. J’ai l’impression qu’on berne les gens et qu’en même temps Monsieur Deutsch leur donne « sa » vision de l’histoire. Or au contraire, s’il a réussi à toucher l’esprit d’un très large public, cette situation devrait l’inciter à agir avec plus de rigueur afin de s’approcher de la vérité et non pas de sa vérité sans quoi sa démarche serait d’emblée biaisée.

    Merci à vous monsieur Goliard de chercher à rétablir cette vérité et de nous avoir démontrer en prenant le cas de LD, que la passion ne rime pas toujours avec la justesse ; je ne pense pas une seconde que vous soyez aigri par le succès de LD ou par le fait qu’il n’ait pas de diplôme universitaire, je pense que vous êtes juste un amoureux de l’histoire, la seule, la vraie, la plus juste et la plus sincère possible.

    • goliard dit :

      Bonjour et merci pour votre commentaire et votre soutien (ça fait toujours plaisir),
      Me permettrez-vous de précisez un point qui me tient à coeur ? Vous parler de rétablir la vérité historique. Ce n’était pas vraiment notre but. Un telle chose n’existe pas. Par contre, l’histoire obéit à des méthodes qu’il nous faut respecter (sinon, on peut dire n’importe quoi). Le reste, et bien, c’est un débat, des arguments que chacun peut rejeter ou accepter en conscience… sur l’Eglise par exemple. Il y aurait en effet énormément de choses à dire. Je suis le premier à regretter que la chose soit peu étudié, même à l’école. Car une analyse scientifique du fait religieux au Moyen âge (ma période de prédilection), des débats théologiques qui l’ont secoué (par exemple la création du Purgatoire au XIIIe siècle. Voir à ce titre l’excellent livre « La Naissance du Purgatoire » de Jacques Le Goff), permettraient de comprendre que la religion est, comme n’importe quel fait social, une construction qui évolue en fonction des époques, et pas, comme le croit Lorànt Deutsch, une vérité tombé du ciel.
      La légende de saint Denis, qu’il raconte avec tant de passion, mais sans recul, est à ce titre très intéressante. Le premier texte de cette légende (censée se passer au IIIe siècle de notre ère) date du… début du VIe siècle (ou de la fin Ve). Elle a été écrite, évidemment, dans des cercles chrétiens, par des religieux, dans le but évident de créer une mémoire, un récit héroïque de l’implantation de l’église en Gaule du Nord. Cela ne veut pas dire que Denis n’ait pas existé, ni qu’il n’a pas été exécuté (même si nous n’avons aucune trace de persécution en Gaule du Nord au IIIe siècle), mais qu’il faut toujours, toujours, et encore toujours prendre garde à la source qui nous informe.

      • Anne Onyme dit :

        J’arrive un peu tard mais je crois pouvoir ajouter que la légende de St Denis actuelle est une construction hagiographique basée sur « l’histoire » de deux saints (voire 3) qui auraient porté le même nom. Je ne peux malheureusement pas vous citer le livre où se trouvait cette théorie pour la simple raison que je ne m’en rappelle plus, sa lecture remontant à plus de 10 ans mais peut-être quelqu’un de passage ou vous-même l’a lu aussi.

    • Kaalan dit :

      Je vous remercie aussi Monsieur Goliard pour secouer un tant soit peu les foules qui préfèrent gober les beaux parleurs plutôt que de se remettre en question.

      Je suis une passionnée d’histoire et je fais de la reconstitution historique scandinave, en tant que reconstitutrice, mes sources sont celles de chercheurs en histoire et en archéologie, je suis aterrée par les erreurs trouvées dans les documentaires de LD que ce soit au niveau des faits historiques qu’au niveau des costumes et de l’armement.

      Je ne peux que saluer votre article qui démonte point par point les partis pris de LD.

      Merci à vous!

      • goliard dit :

        Merci beaucoup ^_^ … en effet, il y aurait pas mal de choses à dire sur la vision des anciens Scandinaves et des « barbares » chez LD (mais je ne suis pas un spécialistes à la question).
        Bien amicalement.
        WB

  • Doe John dit :

    LD est énervant : il présente bien, il parle bien, il raconte bien.
    Ce qu’il nous raconte est faux, en partie ou totalement.
    Ce qui est vrai est compliqué, discuté, incompréhensible et jamais vulgarisé faute de consensus et de bon conteur.

    Si j’osais, je dirais qu’il est à l’histoire ce que Michel Cymes est à la médecine : un beau parleur.

    Michel Cymes a fait beaucoup la divulgation de bonnes informations, il a dit aussi énormément de bêtises. Il n’est pas « plus intelligent » ni moins d’ailleurs parce qu’il brille sur l’écran. Il croit à ce qu’il fait et il le fait avec passion.

    LD est pour moi le Michel Cymes de l’histoire de Paris : il parle bien, présente bien, raconte bien. Il fait rêver en nous disant ses bêtises, ses simplifications, ses mots pompeux pour enrôber sa méconnaissance mais il fait vraiment rêver.

    Et donc, pour finir, achetez ses livres, son DVD, regardez ses émissions et laissez vous aller à rêver et tant pis si ce n’est pas le vrai : c’est le beau et ça nous sort de la morosité politique et sociale de la véritable histoire qui s’écrit aujourd’hui.

    • goliard dit :

      Bonjour,
      Merci pour votre commentaire. Au moins, avec vous, les choses sont claires. Vous préférez un beau mensonge à un travail de recherche… comme un roman d’Hugo. L’ennui, c’est que le Métronome n’est jamais présenté comme un roman, et est vendu dans les rayons « histoire »… cela pose un problème, car les « bêtises » de LD commence à faire autorité.

      et ça nous sort de la morosité politique et sociale de la véritable histoire qui s’écrit aujourd’hui.

      De qui parlez-vous ? De quel ouvrage ? Il sort plein de livre incroyables écrits par des historiens (y compris de la vulgarisation de qualité). J’en cite beaucoup. regardez par exemple la « nouvelle histoire de France » paru chez Belin dirigée par Joël Cornette.

      • Oss girl dit :

        Sans compter que je trouve au contraire que LD nous plonge en plein dans la morosité politique et sociale. On fait toujours de l’histoire au présent et ce qu’explique Deutsch a des répercussions sur ce qui se passe aujourd’hui. Tenir de beaux discours historiques faux peut servir à accréditer des propos politiques tout aussi faux.

    • Céline dit :

      Un détail quand même : Cymes est médecin, donc titulaire d’une thèse de doctorat en médecine.

      LD est comédien, pas historien.

    • Alexis dit :

      Petite précision importante, quoique tardive : Michel Cymes est chirurgien spécialiste ORL, docteur en médecine, et chargé de consultations en exercice aux urgences de l’hopital Pompidou.

      Alors oui, il est médiatique, séduisant, parle bien, en l’occurence d’une discipline qu’il maîtrise suffisamment pour l’avoir étudiée 10 ans et exercée plus de 20.

      LD a effectué un double cursus en Langues Orientales (hongrois) et en philo. Pas spécialement de quoi s’ériger en spécialiste de l’Histoire de France.

      • goliard dit :

        Merci pour ce commentaire. D’ailleurs, question bête (et vraiment innocente pour le coup parce que je n’en sais rien). A-t-il eu sa licence ?

  • capitaine Lurbe dit :

    OUI, on peut craindre l’épisode Révolution en attendant le mai 68 de LD.
    C’est vrai que j’adore en général la Fabrique de l’Histoire (sauf son générique qui me casse les Oreilles depuis 10 ans), et que souvent, je manque de cocaïne pour comprendre les Lundis de l’Histoire pour les Forts.

    Une amateure Républicaine Laïcarde.

  • Ping : Splendeurs et Misères de l’Histoire de France | Wataya's Wonders

  • Desman dit :

    Je vous trouve un peu dur avec LD sur la question de l’opposition Nord-Sud. La période du Moyen Age évoquée ici (celles des cathédrales) a quand même été marquée en ‘France’ par cette opposition entre les cultures d’oïl et d’oc, avec notamment la Croisade contre les Albigeois. Et ce sont bien les seigneurs du Nord qui ont gagné à la fin. Et l’art roman a été supplanté par le gothique.

    De même quand LD parlent des Goths il dit précisément ‘ces Goths, ces barbares’. Sans rentrer dans les détails j’ai souvent lu que le terme ‘gothique’ aurait justement fait référence à l’art des barbares, ceux qui auraient oublié les références romaines. N’est-ce pas à cela que pensait LD ? Il ne parle pas explicitement d’une occupation du Nord de la France par des Goths (en tout cas pas dans le court extrait proposé).

    Concernant Notre-Dame de Paris comme ‘point d’orgue’ (super le jeu de mots au passage) du gothique, là je vous rejoins. À croire que LD n’a jamais mis les pieds à Amiens, Chartres ou Strasbourg. Ah, découvrir la façade de la cathédrale de Strasbourg au soleil couchant ! À coté de ça, et n’en déplaise aux parisianistes, celle de Paris c’est du pipi de chat.

    • goliard dit :

      Merci pour ce commentaire.
      Quelques remarques :

      La période du Moyen Age évoquée ici (celles des cathédrales) a quand même été marquée en ‘France’ par cette opposition entre les cultures d’oïl et d’oc, avec notamment la Croisade contre les Albigeois. Et ce sont bien les seigneurs du Nord qui ont gagné à la fin. Et l’art roman a été supplanté par le gothique.

      Moui… sauf que le gothique n’a jamais été pensé comme un art « colonial » assurant la pérennité du pouvoir des seigneurs du Nord sur le sud occitan. D’ailleurs, cette vision colonisatrice (issu des années 70, voir même de Maurras, qui voyait du « jacobinisme » partout) est a nuancer. De nombreux « sudistes » travailleront pour les rois de France (Guillaume de Nogaret pour Philippe le Bel par exemple).

      De même quand LD parlent des Goths il dit précisément ‘ces Goths, ces barbares’. Sans rentrer dans les détails j’ai souvent lu que le terme ‘gothique’ aurait justement fait référence à l’art des barbares, ceux qui auraient oublié les références romaines. N’est-ce pas à cela que pensait LD ?

      Ca, il faudrait lui demander. Mais n’oublier pas que ce terme de gothique est une vision rétrospective du XVIe siècle, pour disqualifier l’art médiéval. Quand à voir une continuité entre les cultures « barbares » du VIe siècle et les bâtisseurs de cathédrale du XIIe, ce n’est tout simplement pas possible (pas la même langue, pas les mêmes références culturelles, sociales).

      A très bientôt

      WB

      • Desman dit :

        Merci pour votre réponse.
        Pour précision je ne pensais pas au gothique comme à un art ‘colonial’. J’y voyais plutôt un des marqueurs du déplacement du centre de gravité culturel et artistique du pourtour méditerranéen vers le bassin parisien.

        • goliard dit :

          Okay… en même temps, même l’idée de centre de gravité culturel est à mon avis pas hyper juste. Déjà, sous les carolingiens, l’Europe du Nord (en gros, entre la Somme et le Rhin) produisait de nombreux chefs d’oeuvres (notion elle aussi toute relative). Idem pour l’Irlande. Au XIIIe siècle, le sud de l’Europe produisait lui aussi des oeuvres importante (y compris en Occitan, comme les poète de troubadous). Mais je ne pense pas que c’était à cela que faisait allusion Deutsch?. Sa pensée est plus primaire, plus manichéenne, plus méchaniste (et donc, complètement fausse).

          • Desman dit :

            Que le centre de gravité soit quelque part ne veut pas dire que le reste est totalement vide ;) Mais bon, vaste débat… Et qui s’éloigne de la question de départ !
            Le problème c’est que les phrases de Lorant Deutsch sont tellement simples et superficielles ( en même temps c’est le jeu de la vulgarisation) qu’on ne peut pas savoir la pensée qu’il y a vraiment derrière. Je préfère accorder le bénéfice du doute.

      • Renaud Barry dit :

        je suis en train de lire « Pour en finir avec le Moyen Age » de Régine Pernoud. C’est assez intéressant dans le sens que ce livre pamphlet a été publié à la fin des années 70. Et pourtant en lisant les commentaires de ce cet article, on se rend compte que son propos est toujours d’actualité…

        • goliard dit :

          Merci pour ce commentaire.
          Oui, c’est un bouquin très intéressant qu’il faut (re)lire. Vous parler de quels passages spécifiquement ?

  • Fikmonskov dit :

    « non pas parce qu’ils produisent de la qualité, mais parce qu’ils ont accès aux médias et surtout parce qu’ils ne dérangent pas, parce que leurs écrits cadrent parfaitement avec les préjugés contemporains »

    Il semble justement que le bouquin de LD dérange : « Passons aussi sur l’absence de toute pensée critique dans son livre, et sur sa vision très archaïque, pour ne pas dire conservatrice de l’histoire, centrée sur les grands personnages, les rois, les reines, les saints et les saintes (au passage, LD se dit royaliste3). », avec un passage que vous avez mis en gras, signe que si, ça vous dérange.

    Mais bon, je dis ça, j’en pense pas moins.

  • Ping : La tour d’ivoire des historiens « unetudianthistorien

  • Aramis dit :

    Que l’histoire ne soit pas un domaine réservé aux universitaires n’est pas une mauvaise chose, mais il me semble que le roman historique, tel qu’il était pratiqué par exemple par Alexandre Dumas, est une entreprise de vulgarisation tout aussi ludique et qui comporte moins de risques de tromperie sur la marchandise puisque étiquetée « fiction ». Il faut donc relativiser l’originalité de la démarche prêtée à LD, et promouvoir la redécouverte des classiques plutôt que la mode des pseudo-histoires.

    • goliard dit :

      Merci pour ce commentaire,
      Certes, mais l’oeuvre d’Alexandre Dumas est clairement identifiée comme romasnesque. De plus, elle a participé, au XIXe siècle, a créer ce roman national dans lequel nous baignons et sur lequel il faut maintenant porter un regard critique.
      De plus, l’ouvre de Deutsch comporte des particularités, des innovations récentes qui font appel au stratégie du marketing.

  • Nenya dit :

    Bonsoir!
    Je renchéris (post de SLB notamment) sur le fait que LD se targue un peu trop d’être l’inventeur
    d’un livre évoquant l’histoire au fil des stations de métro en vous donnant le titre de cet ouvrage
    que je possède (j’espère ne pas ressasser cette info, je ne crois pas l’avoir vue dans les commentaires): « Petite histoire des stations », de Pierre Miquel, aux éditions Albin Michel, et datant de… 1993!
    Donc, cette « masse d’infos inexploitée », cher LD, ne l’est en fait pas tant que ça…
    (Ou alors, veut-il peut-être dire qu’il est le premier « pipole » à avoir eu l’idée d’écrire un tel ouvrage ^^)

    • goliard dit :

      Hé bé, merci pour cette infos. justement, je cherchais un livre sur la question… d’autant plus que LD ne parle quasiment pas du Métro. Il s’agit plus d’un prétexte pour parler de sa vision (très critiquable, comme vous avez pu le remarquer) de l’histoire de France.

      • Nenya dit :

        Très critiquable en effet, et ne parlons pas des énormités qu’il nous sort : le passage sur les cathédrales gothiques m’a littéralement fait bondir!
        Ce qui est dommage, c’est que cette initiative somme toute très intéressante de proposer un ouvrage de vulgarisation ludique de l’histoire tourne si mal, de telles erreurs pour un ouvrage prétendument historique que des milliers de gens vont gober bouche bée me catastrophe…
        Il n’aurait pas sa notoriété d’acteur, personne n’aurait voulu l’éditer en l’état, ce n’est pas possible!
        Quant à l’ouvrage que je vous indique, P.Miquel dresse bien un historique des lignes de métro dont il parle, et dans son introduction il dresse un bref rappel de l’histoire générale du métro mais en s’attardant sur les choix d’attribution des noms des stations, ce qui est très intéressant.
        Bonne lecture donc ;)

  • Thibaud dit :

    Le succès de ce livre montre une chose : il y a un gros vide en terme de livres simples à lire et attractifs sur l’histoire de Paris, et sur l’histoire en général. La preuve : vous avez du mal à citer des livres d’histoire sérieux et pas trop compliqués sur Paris. Vous en citez un qui n’est qu’une introduction, à coupler avec un atlas, et le troisième est un OVNI… Où est THE livre, l’indispensable, simple et agréable à lire, bref la bible sur Paris ?

    Personnellement en tant que récent passionné d’histoire (ce ne sont pas les lamentables cours d’histoire de ma « jeunesse » qui auraient pu déchaîner une telle passion), j’ai du mal à trouver ce genre de bouquin. J’aime beaucoup la collection « Atlas des guerres » par exemple, chez Autrement, sauf que c’est tellement méconnu et pas assez vendu, que la collection s’est arrêtée à la moitié des œuvres (étant tirée d’une collection anglaise), je me vois donc contraint d’acheter les bouquins anglais (épuisés) sur e-bay et autres.

    Pour un bouquin sur les croisades ou les empires pas mieux… Soit on se tape un pavé compliqué et pas du tout illustré à part des cartes noir et blanc en début ou fin d’ouvrage (qui a eu l’idée de mettre toutes les cartes à la fin ou au début ? il n’y a rien de plus stupide, et pourtant c’est la norme…), soit on a un atlas concis blindé de cartes non commentées. Où est le format bon bouquin d’histoire illustré, en couleurs, qui raconte une histoire justement, mais sans se prendre pour un roman ? On a l’impression d’avoir les historiens d’un côté qui ont la flemme de rajouter des cartes et de s’appuyer dessus, et les géographes de l’autre qui listent des choses à partir d’une carte sans véritablement raconter quoi que ce soit… Alors le jour où un type, humble et à l’air sympa, débarque et prétend « enfin » vulgariser la chose, et se démarque de ces ouvrages illisibles, forcément ça vend. Parce que moi j’en ai marre de ne pas trouver un seul bouquin qui relate correctement l’histoire de l’empire espagnol, portugais, français ou hollandais, marre de n’avoir rien d’intéressant sur la guerre du pacifique, marre de ne pas pouvoir lire un ouvrage potable sur l’histoire des parcs nationaux en Europe, marre.

    • goliard dit :

      Bonjour,

      Merci pour ce commentaire. Oui, je peux comprendre que le manque d’ouvrage de vulgarisation vous casse les pieds. Mais déjà, il en existe (oui, il faut juste les connaître). Sur l’histoire de France, par exemple, il y a la nouvelle histoire de France dirigée par Joël Cornette, qui est remplie de cartes, de schémas, d’iconographies d’époque. D’ailleurs, à propos de l’icono, pour connaître un peu le problème de l’intérieur, je précise que, lorsqu’il en manque, ce n’est souvent pas la faute de l’auteur, mais de l’éditeur (oui, parce qu’acheter des reproduction, cela coûte cher. Idem pour les cartes, qui nécessite le travail d’un cartographe et/ou d’un infographiste).
      Bon, mais tout ça, ça ne justifie pas non plus du Deutsch, hein ;-)
      A bientôt

  • lauraneb dit :

    bonjour
    Pour précision, connaissant assez bien le milieu du marketing, je n’irai pas accuser LD d’avoir voulu faire passer son livre pour un livre d’histoire ; il y a une tres grande probabilité qu’il n’ait pas eu ce choix qui a été fait tres certainement par d’autres….

    maintenant lui est passé à la télé avec le label rouge « Vu à la Télé » et pas les historiens, ceux qui savent.. Maintenant quel historien ? celui qui place Alesia ici ou celui qui le place là-bas ? lequel parle de l’Histoire? On invite les deux pour les voir pendant deux heures se jeter à la figure « des preuves scientifiques » qui n’intéressent qu’eux ? L’Histoire n’est faite que de contradictions dans l’interprétation de faits… Il en fait autant (meme si j’admets qu’il y va quand meme un peu fort sur l’interprétation) dans un art populaire qui est celui de son époque (dont je ne suis pas fan il est vrai)….

    Puisque vous en savez plus, qu’est ce qui vous empêche de faire mieux ? des infographistes, des designers, des cameramans, des marketeurs, etc… il y en a 10000 au chômage….et ils seront ravis de vous aider à rendre vos discours moins glauques…et sorti de toute idéologie politique bien que les deux me semblent indissociables tant elle a servi de propagande. Arretez d’attendre qu’on vous donne la permission de le faire : faites le ; est ce que LD a demandé votre permission pour faire son livre et ses emissions?

    Personnellement (et je ne suis pas seul) je souhaite depuis longtemps un tel événement ce qui me redonnerait alors peut etre le gout d’acheter une télé et de payer une redevance…

    Maintenant les livres d’histoires qu’on trouve et meme ceux que vous citez, manquent de vie tellement ils sont solennels : on nous parlent de la vie des gens avec un ton qui sort tout droit d’un caveau humide et sombre sous prétexte que leur nom a marqué l’histoire : mais zut quoi : Louis XIV était un sale type ; même lui l’a reconnu a la fin de sa vie…(parait il) alors sortez des mythes car en tant qu’historien vous devez savoir que les vrais Heros restent méconnus…
    cordialement

    • goliard dit :

      Merci pour ce commentaire et félicitation de ne pas avoir de télé (on monte un club des « sans télé » quand vous voulez)
      1/ Si vous connaissez des moyens de financer une émission de télé, chiche. Beaucoup d’historiens n’attendent personne, ils n’ont juste pas les sous, nuance. LD, lui, connu comme il l’était, n’a sans doute pas eut ce genre de difficultés. On en prête qu’aux riches (paraît-il).
      2/ Vous parlez de caveaux humides. De quel livre, de quel passage ? Sourcez, citez, morbleu ! Arrêtez de parler dans le vide comme la plupart de nos contradicteurs.
      3/ « les vrais Héros »… mais de quoi vous parlez, bon sang ?
      4/ LD, pas eut le choix de dire que son livre était de l’Histoire… mais bien sûr. Lisez la page 10 du Métronome…
      Sur ce, bon week-end.

  • lauraneb dit :

    je ne porte aucune accusation contre vous et ne suis en aucun cas un de vos contradicteurs ; malheureusement à mon humble avis, on ne vous voit pas (et on ne vous entend pas assez)… bon en meme temps on me voit pas non plus des masses (je suis dans un autre domaine que l’histoire (science et technique) et on a le meme probleme que vous : un ane raconte une betise et ça devient loi (physique presque martiale))…

    Vous pensez que vous en savez plus que lui et que vous pouvez faire mieux : ok faites le…

    vous avez vu comment LD a fait et pourquoi ça marche faites en autant mais avec plus de serieux : sans invention ou appriori où on essaye de nous faire croire que certains personnages historiques étaient les heros de ces sales peuples incultes et barbares (j’ai du mal à croire que la « populace » était en adoration devant Louis XIV, tout soleil qu’il soit)… ces mythes, ces pseudos heros de l’histoire de France…Sur le sujet vous en savez bien plus que moi…

    vous avez des mecs (et des filles) qui sont tres doués et qui sont au chomdu : trouvez les et proposez leur un projet….3D, des acteurs, des cameramans : faites mieux que LD
    l’argent est un faux probleme qui nous fait croire que nous ne pouvons rien y faire…. Des mecs ont fait des films avec que dalle pourquoi pas vous ? De l’imagination…Sur les commentaires j’ai vu que vous aviez une personne qui faisait des spectacles historiques…pourquoi vous ne lui proposez pas quelque chose.

    Il n’y a pas que la télé dans la vie, et les effets 3d (qui était tres mauvais dans son emission en passant) ; c’est pas parce que vous etes sur internet que vous n’avez pas le droit de vendre vos connaissances ou vos videos….si LD avait pondu un bouse invendable, il aurait été reconduit à la porte (certes avec plus de courtoisie que pour vous et moi mais c’est tout)…Son nom (bien que je pencherai plutôt pour son réseau) lui a peut etre permis d’obtenir plus facilement un RDV mais c’est tout…apres il a su vendre son projet a des investisseurs…

    Il a beau s’appeler lorant deustch, si le marketing decide que son livre et son emission seront vendu sous une forme et par telle distribution, il devra faire avec car lui touchera 5 à 10% mais ses editeurs en esperent le reste et c’est leur pognon qui est investi… ça n’empeche pas LD de se prendre pour ce qu’il veut dans son livre (à vrai dire le marketing s’en fout un peu tout comme ils se foutent du contenu du moment qu’ils peuvent faire du pognon avec ; aujourd’hui c’est LD mais demain se sera un autre ; il n’est rien d’autre pour eux)

  • Mathieu dit :

    A l’auteur de l’article, un petit mot de réconfort : mes connaissances en histoires sont affligeantes et je ne saurais jeter un regard critique sur l’oeuvre de M. Deutsch. Mais une chose nous rapproche, la désolation face à cette bien regrettable manie des médias de vouloir à tout prix dévaloriser la communauté scientifique en n’accordant jamais la moindre parole aux vrais experts tout en offrant une place démesurée aux amateurs qui n’ont pour seul credo que la valorisation de leur petite personne. Vous devez savoir qu’actuellement les communautés des mathématiciens et physiciens subissent les Bogdanoff sans que jamais aucun de leur contradicteurs ne soit invité au bal, alors qu’il y aurait tant à dire à leur sujet…

    Courage à vous, délaissez ces pauvres masses fières des idoles qu’on leur vend car de toute façon les défenseurs du savoir dont nous faisons partie ne pouvons lutter à armes égales contre cela, mais ceux qui souhaitent vraiment accéder à la connaissance sauront reconnaître ceux qui valent la peine d’être écoutés.

    • goliard dit :

      Bonsoir,

      Merci pour les encouragements. Vous avez raison de faire l parallèle avec les Bogdanoff… si vous aviez des infos à ce sujet, nous serions preneur.

    • grand nom de France dit :

      mais que voulez vous lorsqu’un président de la République (Chirac) a nommé un footballeur, Thuram, à la tête d’une commission historique , et a désavoué un grand historien, Pierre Nora, sur la question des lois mémorielles, on voit qu’en matière d’Histoire tout est possible dans ce pays, ce qui rend d’autant plus risible la tartuferie de ceux qui critiquent le « manque de rigueur » de Lorant Deutsch.

  • Canine dit :

    Bonjour.

    @ l’auteur de cet article.
    Par simple curiosité, et sans rentrer dans le débat historique, vous reprochez massivement à Lorant Deustsch de colorier politiquement sa vision de l’histoire, et vous opposez votre propre rigueur à cela, soit. Mais quand vous écrivez que LD, en opposant la culture des gothiques/du Nord et la culture greco-romaine/du sud fait accrédite la théorie du choc des civilisations de Samuel Huntington, vous n’avez peu un peu l’impression qu’au jeu de la coloration, vous êtes au moins aussi doué que lui ?

    • goliard dit :

      Merci pour ce commentaire…

      Euh, je suppose que vous nous reprocher d’avoir aussi des opinions politiques, c’est ça ? Bah oui… bien sûr que nous avons aussi notre subjectivité politique. Sauf qu’à la différence de LD, nous n’allons pas à inventer n’importe quoi (en faisant fi des sources) pour que l’histoire corresponde à nos fantasmes idéologiques. Voir à ce titre notre billet sur LD et le Louvre, qu’il vieillit de sept siècle (rien de moins) : http://www.goliards.fr/goliardises-2/lorant-deutsch-louvre-trop/ . Voir aussi la phrase « culte » qu’ prononcé LD sur Franc Inter le 18 avril 2012 « L’idéologie ne doit pas être détruite au nom du fait scientifique. » Ca ne s’invente pas !
      Oui, nous avons notre subjectivité en tant qu’historien. mais justement, étudier l’histoire, c’est aussi perdre ses repères, être pris à contre-pied de ses préjugés, découvrir, et pas calquer des a priori idéologiques (qui son pour le coup, chez LD, assez craignos, non ?)

  • Gonzague dit :

    « pour moi, l’histoire de notre pays s’est arrêtée en 1793, à la mort de Louis XVI. Cet événement a marqué la fin de notre civilisation, on a coupé la tête à nos racines et depuis on les cherche. On s’est consolés avec la révolution industrielle, on a vécu de paradis artificiels et aujourd’hui on nous les enlève, car c’est la crise économique. Il aurait fallu instaurer, comme en Angleterre, une monarchie parlementaire. C’est comme avec la religion, on essaie de faire triompher la laïcité, je ne sais pas ce que cela veut dire. Sans religion et sans foi, on se prive de quelque chose dont on va avoir besoin dans les années à venir. Il faut réintroduire la religion en France, il faut un concordat. »

    Ce passage est tout simplement extraordinairement con. Au-delà de la simple assertion selon laquelle les racines de l’histoire seraient identifiables aux fruits portés par un « système » politique dont l’entame semble clairement définie (et avant Clovis, je suppose qu’il n’y avait rien, Terra Nullius, on vivait dans les arbres mais par chance l’ange Gabriel, qui passait dans le coin, nous a confié un roi), sans s’intéresser par ailleurs au fait que la lutte (ouverte ou souterraine) contre ledit système fut bien plus porteuse que les actions de ce dernier (qui se repaissait bien souvent dans sa suffisance de droit divin) et que, de fait, la « civilisation » est bien plus redevable à l’insoumission qu’à la pratique du pouvoir, clairement situer une rupture (jugulaire…) dans le temps et développer par conséquence l’idée d’une société originelle idéale (ça fait songer à Popper) relève de la bêtise pure et simple.
    Je saisis parfaitement que le progrès puisse faire figure d’épouvantail, attendu qu’il perturbe le (bon ou mauvais) déroulement d’une histoire connue, et par là même confortable. Mais de quel droit peut-on prétendre que la fin d’une période est un frein, voire un coup d’arrêt à la « civilisation » ? Quels sont les critères d’une « civilisation » ? En quoi la disparition d’un roi et d’une monarchie remplacés 6 ans plus tard par un futur empereur et suivis par un siècle d’histoire riche, positivement et négativement, n’est-elle plus partie prenante de l’histoire (car je soupçonne le jeune homme de confondre « histoire » et « civilisation »)
    Je suis à l’étranger et ne suis que peu l’actualité française mais s’il est vrai, comme vous l’affirmez dans votre article, et je n’en doute que peu, que le roman de Deutsch fait aujourd’hui école, il y a effectivement de quoi s’inquiéter pour le futur de nos chères têtes qui, si on lit en filigrane les propos tenus par l’auteur du « Métronome », auraient tout intérêt à être blondes.

  • Velvantine dit :

    Quand j’étais enfant, à l’école primaire, nous étions 50 % de petites françaises, et 50% de petites marocaines. Pourtant, nous apprenions toutes que nos ancêtres étaient les Gaulois, et moi, je n’avais pas de président de la République mais un sultan !

    J’ai aussi appris la sainteté de Louis IX, la méchanceté et l’avarice de Louis XI, sans parler de la barbe fleurie de Charlemagne !!! Pourtant, toutes ces erreurs m’ont donné envie d’en savoir un peu plus sur l’histoire de France. Je fais partie du vulgum pecus. Vous trouvez Duby si accessible que ça vous ? moi pas. Alors si un passionné me dit  » Pourquoi n’allez vous pas voir Paris autrement ?  » même s’il est simplement autodidacte, j’en profite un maximum. Ce n’est pas pour devenir historienne, mais pour le plaisir de la nouvelle découverte, et découvrir Paris autrement en fait partie

    Je préfère un prof de dessin qui me dit « démarre, et on corrigera s’il le faut ensuite, tu vas progresser » à celui qui me dit  » Tant que tu ne sauras pas dessiner, tu ne sauras rien de la peinture ». J’ai eu les deux. Le second, je l’ai abandonné par découragement, et je peins pour mon plaisir. Désolée, mais la plupart des historiens ne donnent pas envie d’aller voir.

    • goliard dit :

      Bonjour,

      Merci pour ce commentaire.
      Bon, ce n’est pas parce que les historiens ne sont pas doué en vulgarisation qu’il faut applaudir au premier histrion venu qui va écrire n’importe quoi (par n’importe quoi je veux aussi parler d’une tradition historique vieillotte et passablement nauséabonde) sur le mode « fun »…
      Sinon, vous parlez de Duby. Bah oui, Bouvines est hyper accessible. AVez-vous aussi sa série de docu télé intitulé « le temps des ctahédrales » qui est, pour le coup (à la différences de Métronome) hyper pointue tout en restant hyper accessible.

    • marcocha dit :

      Je souscris à votre commentaire. Mieux vaut commencer imprécis que pas du tout, la vulgarisation sera toujours vulgaire au regard des spécialistes. C’est l’esprit critique et la curiosité qu’il faut développer. Regardez tout le mal que l’on a dit de wikipedia et qui devient une référence (mais à prendre avec des pincettes). Notre société devient tellement déculturée que les déclencheurs de curiosités sont toujours les bienvenus, après à nous de creuser et de penser « ce n’est pas forcement vrai ce que dit la boite à image ! »

  • meatboy dit :

    Bonjour,

    Votre article et vos commentaires transpire d’agressivité Goliard, parce que vous penser que depuis la « victoire du peuple », la révolution Française a été d’une bêtise sans nom, peuple qui c’est fait manipuler par des élites qui avait juste des rancune personnel à l’encontre de Louis XVI, et que ces même révolutionnaires ont réécrit l’histoire dans leur propre intérêt!!!

    Les gens qui gagne le pouvoirs déformes la réalité historique pour leurs propre intérêt idéologique!
    Voyez à travers votre histoire moderne comment les communiste/socialiste déforme l’histoire de leurs pays, et réfléchissez un peu par vous même et non par un partis politique!
    Je sais que cela doit être dur de penser par sois même vu comment les livres et les média vous matraque de propagande, et que généralement les gens de gauche/droite font un lavage profond de cerveaux de leurs enfants pour que perdure de pères en fils des idéologie d’un autre âges.

    La gauche et la droite on fais beaucoup pour glorifier la révolution Française, qui est juste la victoire de la médiocrité et ont ne peux êtres fiers de cette bêtise humaines, et je rajoute que pour moi la gauche Française raconte encore plus d’ineptie historique et glorifie la bêtise humaine a un point qui me sidère chaque jours, que je lis et écoutes leurs propos qui oublie que dans beaucoup de pays leurs idéologie sont des dictatures responsable de millions de morts, mais la gauche est la spécialiste de la manipulations de masse, et ont justement infiltré tous les niveaux de l’éducation et historique, pour bloquer ou effacer une vérité historique qui ne vas pas dans leurs sens.

    Vu que dans les média 90% des « penseurs » ont une idéologie de révolutionnaire/communiste/socialiste/républicain, pour moi qui est vraiment insupportable, ils ne pensent pas par eux même mais par un partis politique.
    Et vous amenez votre grain de sable à se désert idéologiques et de propagande dignes de philosophie de bar.

    • goliard dit :

      Merci pour ce commentaire,
      Et toujours pas de réponse sur le fond, toujours le fantasme du complot. Dites, les gras, c’est quand qu’on parle d’histoire, du contenu du Métronome, hein ??? ;-)

      • Bernard GILLE dit :

        Monsieur Blanc,
        que votre critique est belle!!!

        J’aimerais vous voir plus positif: quand allez-vous nous écrire une histoire de Paris depuis ses origines?

        Rien n’est mieux que la concurrence intellectuelle… on peut comparer, voire même critiquer.

        Au moins pourrons nous lire que, durant l’occupation dans les années 1940, le dirigeant communiste français Duclos a été à la Kommandantur nazie à Paris pour demander l’autorisation de faire paraître le journal « l’Humanité »… Ce qu’a malheureusement omis LR dans Métrônome.
        Ce genre de détail est primordial pour comprendre l’histoire des peuples et des lieux.

        • Delphine dit :

          Ben oui, pourquoi pas ? Je vous rassure, personne n’est communiste ici, on veut bien parler de l’Histoire plus que douteuse de communistes parisiens pendant l’Occupation… sauf que Lorant Deutsch, l’Occupation, il s’en tape. Par contre Pépin Le Bref qui a refusé de s’installer à Paris, ça…

    • Delphine dit :

      En parlant de médiocrité, vous vous mettez quand à l’orthographe ?

  • meatboy dit :

    Qu’elle fantasme du complot!!??, la réponse sur le fond c’est que votre post transpire la facilité, et la propagande idéologique, et qui participe juste à un dicta de pensé instruit depuis presque trois siècles.

    Sur les faits que vous reprochez à Mr Yop ce sont des point de vue c’est toujours assez tiré par les cheveux vous pinailler sur des détailles et jouer un peu trop facilement sur les mots, pour justement leurs faire dire ce que votre idéologie étroite veux leurs faire dire.

    Quand vous citez Mr Yop « l’histoire de notre pays s’est arrêtée en 1793, à la mort de Louis XVI. Cet événement a marqué la fin de notre civilisation » mais je ne peux être plus d’accord!
    Pour moi c’est la victoire de la médiocrité et l’anarchisme au pouvoir, il faut revoir ce qui à découler de cette « révolution » moi je parle de régression, un seul homme à pu redresser la situation, Napoléon à pu sauver le peux qui restait de la France et à moderniser la France qui étais à l’arrêt, si l’on avait pas eu ce sursaut on serait comme les pays de l’est sans repère et sans avenir.
    Depuis 100 ans les gouvernement ramène la France au plus bas avec nos dirigeants successifs, aura-t on un sursaut avec une personne de la stature de Napoléon, j’en doute fort, et nous glissons vers une anarchie qui nous colle à la peau depuis trois siècles sans repères et sans avenirs aurai du être le cris de guerre des « révolutionnaires ».

    • roger dit :

      Elisée Reclus L’Anarchie (1894)

      On ne peut point reprocher aux libertaires qu’ils cherchent à se débarrasser d’un gouvernement pour se substituer à lui: « Ôte-toi de là que je m’y mette! » est une parole qu’il auraient horreur de prononcer, et, d’avance, ils vouent à la honte et au mépris, ou du moins à la pitié, celui d’entre eux qui, piqué de la tarentule du pouvoir, se laisserait aller à briguer quelque place sous prétexte de faire, lui aussi, le « bonheur de ses concitoyens ». Les anarchistes professent en s’appuyant sur l’observation, que l’État et tout ce qui s’y rattache n’est pas une pure entité ou bien quelque formule philosophique, mais un ensemble d’individus placés dans un milieu spécial et en subissant l’influence. Ceux-ci élevés en dignité, en pouvoir, en traitement au-dessus de leurs concitoyens, sont par cela même forcés, pour ainsi dire, de se croire supérieurs aux gens du commun, et cependant les tentations de toute sorte qui les assiègent les font choir presque fatalement au-dessous du niveau général.

      C’est là ce que nous répétons sans cesse à nos frères, – parfois des frères ennemis – les socialistes d’État: « Prenez garde à vos chefs et mandataires! Comme vous, certainement, ils sont animés des plus pures intentions; ils veulent ardemment la suppression de la propriété privée et de l’État tyrannique; mais les relations, les conditions nouvelles les modifient peu à peu; leur morale change avec leurs intérêts, et, se croyant toujours fidèles à la cause de leurs mandants, ils deviennent forcément infidèles. Eux aussi, détenteurs du pouvoir, devront se servir des instruments du pouvoir: armée, moralistes, magistrats, policiers et mouchards. Depuis plus de trois mille ans, le poète hindou du Mahâ Bhârata a formulé sur ce sujet l’expérience des siècles: « L’homme qui roule dans un char ne sera jamais l’ami de l’homme qui marche à pied! »

      Mais si l’anarchie est aussi ancienne que l’humanité, du moins ceux qui la représentent apportent-ils quelque chose de nouveau dans le monde. Ils ont la conscience précise du but poursuivi et, d’une extrémité de la Terre à l’autre, s’accordent dans leur idéal pour repousser toute forme de gouvernement. Le rêve de liberté mondiale a cessé d’être une pure utopie philosophique et littéraire, comme il l’était pour les fondateurs des cités du Soleil ou de Jérusalem nouvelles; il est devenu le but pratique, activement recherché par des multitudes d’hommes unis, qui collaborent résolument à la naissance d’une société dans laquelle il n’y aurait plus de maîtres, plus de conservateurs officiels de la morale publique, plus de geôliers ni de bourreaux, plus de riches ni de pauvres, mais des frères ayant tous leur part quotidienne de pain, des égaux en droit, et se maintenant en paix et en cordiale union, non par l’obéissance à des lois, qu’accompagnent toujours des menaces redoutables, mais par le respect mutuel des intérêts et l’observation scientifique des lois naturelles

      L’histoire nous permet d’affirmer en toute certitude que la politique de haine engendre toujours la haine, aggravant fatalement la situation générale, ou même entraînant une ruine définitive. Que de nations périrent ainsi, oppresseurs aussi bien qu’opprimés! Périrons-nous à notre tour?
      J’espère que non, grâce à la pensée anarchiste qui se fait jour de plus en plus, renouvelant l’initiative humaine. Vous-mêmes n’êtes vous pas, sinon anarchistes, du moins fortement nuancés d’anarchisme? Qui de vous, dans son âme et conscience, se dira le supérieur de son voisin, et ne reconnaîtra pas en lui son frère et son égal? La morale qui fût tant de fois proclamée ici en paroles plus ou moins symboliques deviendra certainement une réalité. Car nous, anarchistes, nous savons que cette morale de justice parfaite, de liberté et d’égalité, est bien la vraie, et nous la vivons de tout coeur, tandis que nos adversaires sont incertains. Ils ne sont pas sûrs d’avoir raison; au fond, ils sont même convaincus d’être dans leur tort, et, d’avance, ils nous livrent le monde…

    • goliard dit :

      Je crois que vous avez tout dit, là… merci, c’est toujours très instructif de parler avec un fanboy de Deutsch ;-)

    • Sol dit :

      Bonjour cher garçon,

      Votre bric à brac est un peu confus. N’ayant guère le temps de développer je souhaite néanmoins vous faire remonter le fumet de votre peu ragoûtant commentaire aux naseaux :

      - « Un diktat de pensée imposé depuis presque trois siècles », remarquable continuité : pouvez-vous préciser ? Je pense qu’on est au coeur de votre point de vue.
      - « pinailler sur des détails » La notion de détail en histoire n’est guère heureuse, c’est pourquoi ceux qui s’attèlent à sa compréhension n’ont pas le même dédain que vous envers les données.
      - »Je ne peux qu’être plus d’accord » dont acte… et il en va de même pour toute la suite de votre post : c’est votre point de vue et on peut percevoir la tristesse qui vous a envahi de voir déchiré ce joli tableau presque vivant que souhaitiez si réel.

      Ne reprochez pas l’exercice de l’esprit critique, lui ne vous empêche pas de vous frotter à un buste de Bonaparte et de pester librement contre la mollesse de votre temps en peignant vos soldats de plomb.

      Pour en revenir au sujet. Je rejoins les interrogations de beaucoup de commentaires quant à l’accessibilité de l’histoire, j’ai laissé filtré un « tabernacle » de ras-le-bol en lisant que LD allait disposer d’un million pour son…adaptation ; une pensée compatissante pour les jeunes chercheurs-doctorants qui voient cet argent financer une tarte à la crème télévisuelle faisandée.

      À mon sens, le support est aussi au coeur des questions actuelles entourant ce débat : des auteurs appropriés + un financement + une fenêtre médiatique. Dernièrement, je pense au documentaire de Raphaelle Branche et Sylvie Thénault sur la guerre d’Algérie (voire celui de Stora…) ou encore au « Philippe Pétain » d’Arte dans lequel les historiens sollicités me paraissent adaptés pour dire le moins : Marc Ferro, Robert Paxton, Henry Rousso…(Je ne suis plus sûr pour Ferro…c’était peut-être dans un documentaire sur les Einsatzgruppen pour France Télé – avec Christian Ingrao aussi d’ailleurs).

      Le documentaire est un excellent instrument pour mettre la lumière sur un élément d’histoire et la plupart des documentaires sont mieux référencés que l’album de LD.
      Je peine à trouver des textes de référence (je m’y plonge – Christian Delage peut être ?) mais je pense que ceux qui ont lu les commentaires jusqu’à ces abysses sont tous curieux des moyens à mettre en oeuvre pour permettre l’accessibilité de l’histoire ; le plus grand bonheur de l’histoire au plus grand nombre en somme.

      Des conseils de lecture épistémologique sur ce rapport entre histoire et diffusion ?

  • Lacks dit :

    Le sursaut ne passera manifestement pas par le respect de l’orthographe…

  • Guillaume dit :

    Mr William Blanc vous représentez le parcours universitaire des sciences humaines qui a échoué…
    Vous n’êtes que dans la critique, et vous même qu’avez vous fait ?
    Il est loin où des chercheurs comme vous nous faisaient rêver.
    Laissez les personnes ayant des initiatives travailler ….

  • Scientifix dit :

    Si je devais chercher des poux à tout auteur de livre de vulgarisation scientifique pour cause d’erreurs et d’imprécisions dans mon domaine de recherche (Biologie), je devrais changer de métier et devenir coiffeur.

  • Alexandre dit :

    page 52 : le mythe de Saint-Denis est présenté comme une réalité (la descente de la butte Montmartre par un décapité qui tient sa tête dans ses mains).

    Non? sans déconner? il n’est vraiment pas descendu avec se tête dans la main?

    Plus sérieusement, comment pouvez-vous classer ça comme un fait non factuel. Je pense que tout le monde avait bien compris qu’il s’agissait d’un mythe.

    • goliard dit :

      C’est vrai. Sauf que LD aurait pu dire simplement que cette légende (en fait, le premier texte par lequel nous connaissons Denis) a été écrite dans des cercles ecclésiastiques au VIe siècle (soit trois siècle après la date supposée de la vie de saint Denis).

  • Jacques dit :

    Bonjour,

    voilà une attaque en règle !

    Certe l’ouvrage contient quelques erreurs, bcp moins que ce que vous en dites. Il appartient de distinguer les erreurs effectives (dates, …) et les suppositions dans lesquelles vous ne vous retrouvez pas mais qui peuvent être valident d’un point de vue historique.

    Le Métronome a au moins le mérite de rééquilibrer un peu la vision pré-révolution et révolution, que l’on tente de nous faire avaler depuis 150 ans… La France s’est construite entre le Veme et le XiX eme siècle principalement, en qualité de première nation mondiale durant plusieurs siècles. Après, c’est plus compliqué ! … cqfd.

    La France c’est avant tout la religion Chrétienne et nos Roys, c’est factuels, et il est bon que l’histoire s’en empare…

    Mais les divers pouvoirs en place, essayent de nous faire oublier cela depuis trops d’années. Alors, forcément, quand un ouvrage a forte diffusion va dans le sens contraires et rétablie bien des vérités, c’est difficile pour certains. Et pour d’autres cela semble incroyable !

    D&R

    Cordialement,

  • Bob dit :

    Même si vous avez (peut être)raison sur le fond (vos arguments d’autorité sont très irritant dans un très mauvais style), votre manière d’exposer les faits donnent la vilaine impression que vous êtes très aigri et même presque vexé de voir ce succès. Bref vous emballez pas sur ce LD (au demeurant sympathique), au moins il aura eu le mérite de (re) donner gout aux Français à l’histoire de leur capital, et peut être de s’y pencher un peu plus.

  • in natura duo principia dit :

    À trop vouloir prouver une thèse, on l’affaiblit…

    Vous dites:
     » LD raisonne comme si l’histoire était une suite d’oppositions frontales, culturelles, entre deux civilisations ».

    Je n’ai pas lu le livre de Deutsch, mais je trouve que le rapprochement que vous faites entre la thèse du Choc des civilisations et le « passage entre le Sud et le Nord’ est fallacieux. Ou plutôt: le rapprochement est fallacieux, comte tenu de l’extrait que vous en donnez, parce que c’est vous qui connotez la notion de « passage » par l’idée d’un « choc ». Vous avez certainement raison de relever les erreurs commises par l’auteur, mais je ne suis pas convaincu de l’argument réducteur que vous employez pour le disqualifier. Vous êtes au courant de l’orientation politique de L. Deutsch et faites une lecture sociocritique de son ouvrage. Or, vous savez fort bien qu’à vouloir prouver que notre thèse est vraie, nous ne trouvons pas la vérité, mais seulement des éléments corroborant notre thèse, partielle et partiale. Disqualifier un travail se fait en le réfutant, c’est-à-dire en montrant la fausseté de son discours, ce que vous avez visiblement bien fait en relevant certaines erreurs. Restez-en là et, de grâce, ne tentez pas de mettre au jour les présupposés politiques de l’auteur, qui défendrait une vision erronée de l’histoire, façonnée au gré d’oppositions frontales. Vous aussi avez une vision des choses, comme tout homme qui voit, interprète, prend la parole. Mais personne n’a pris le temps de décortiquer vos dires afin d’en rendre compte. Faites de l’histoire, sous réserve de savoir d’où vous-même parlez!
    P.S: Choisir un extrait des Guignols pour caricaturer l’idéologie d’une « adversaire » est rhétorique, et non pas scientifique (comme l’histoire a la prétention de l’être).

    • goliard dit :

      Bonsoir,

      Merdci pour ce commentaire très intéressant. Oui, vous avez raison, il faut se garder d’une méthode par trop sociocritique. Mais notre affirmation sur le « Choc des Civilisations » se base aussi sur la lecture du livre de Lorànt Deutsch (sans doute pour un futur article, qui sait).
      Sur les Guignols, il n’est pas interdit de faire rire en science ;-)

      • Jacques dit :

        Attention ! L’histoire n’est pas une science…

        C’est une analyse factuelle, ou du moins cela devrait l’être.

        La science elle, s’intéresse aux phénomènes et se doit de les expliquer et d’en tirer alors de règles mathématiques applicables. La science repose sur l’analyse de lois existantes (universelles, quantiques, newtoniennes,…) et doit répondre à des règles de reproductibilité des expériences, pas l’histoire.

  • grand nom de France dit :

    « une vision conservatrice de h’histoire »?au secours, les nazis vont bientôt pointer leur nez…tu ferais mieux de retourner à tes bitures
    cloporte.skyrock.com
    (et au fait, quels sont tes liens avec M Corbière et le FDG?)
    de la part d’un titulaire d’une Maîtrise d’Histoire (Paris I)
    ps : on sait que toi et tes copains avez désormais tous les pouvoirs, mais si il le faut on fera des samizdats comme dans la défunte union soviétique (qui n’était pas communiste comme chacun sait, mais seulement russe donc caca…)

  • Sol dit :

    Après lecture, cela me paraît approprié donc je propose.

    Au delà du livre de LD, la problématique que l’on cherche à triturer est contenue dans le titre de la participation de Patrick Garcia « Usages publics de l’histoire » dans le Tome 2 des Historiographies du même auteur + Delacroix, Offenstadt et Dosse. (une douzaine de pages)

  • arnitoc dit :

    Parce que vous êtes le dépositaire de la bonne Histoire? Vous faites de la polémique à deux balles, propre à faire s’émouvoir vôtre petit aréopage de thuriféraires patentés. Bien sur, au même titre que « quand il pleut ça mouille », vous avez raison de pointer des erreurs. Mais quand vous essayez de nous faire passer la pilule de l’idéologie qui sous-tend le livre de LD ???? J’ai même cru à un moment, que vos « amis » et vous, alliez faire le procès d’une espèce de Faurisson des stations de métro. Je pense que vous devriez reprendre à fumer la shiva shanti au lieu de la tonte du parc voisin qui vous fait manifestement délirer. Et comme vous vous plaisiez à citer Audiard, je me permets de vous citer du même auteur, cette citation qui vous va comme un gant: « Les cons ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît ». Na!

    • goliard dit :

      Oui, c’est pour ça que vous laisser des commentaires. Pour info, nous n’avons JAMAIS taxé Lorànt Deutsch de négationnisme. Son livre ne contient AUCUNE négation de la Shoah (je répète, aucune négation).

    • Lacks dit :

      L’être « vingtièmiste » ne supporte pas la contrainte de l’austérité scientifique, son quotidien extraordinairement rude et sa soif d’imaginaire étanchée à coup de consumérisme et d’historettes le rendent réfractaire à toute rigidité scientifique et analytique. Tout doit lui être conté, rendu intelligible passé à la moulinette de la vulgarisation et bien sur soumit à son auguste jugement.
      La vulgarisation c’est déjà le début de la négation.

    • Delphine dit :

      Mais c’est Deutsch qui dit que les idéologies sont plus importantes que les faits ! Vous le trouvez vraiment défendable là-dessus ?

  • Babs dit :

    Merci pour cet article….

    Il est vrai que LD à su développer un vecteur de communication privilégié avec le public via son concept plutôt ingénieux et charmant…

    Moi même je me suis pris au jeu en tombant sur ce programme,la télévision étant saturée de programme décérébrant.
    Et malgré un niveau d’histoire ne me permettant pas de contrôler les informations que j’ingerai,j’ai vite senti comme un « ton » un peu gênant,un sentiment bizarre me prenant à la fin de certaines phrases,assez bien placées qui plus est…
    Je précise que je travaille en technique audiovisuelle et connais certains trucs de monteur pour « faire passer la pilule » quand nécessaire et que j’en ai identifié pas mal…ceci dit c’est loin d’être une exclusivité.

    Tout ça pour dire que « l’orientation » du « contenu » dont vous parler se ressent aussi sur le « contenant » quand on sait y prêter attention(bon c’est du langage de technicien traduit à l’arrache…mea culpa)

    Il m’en avait suffit pour en rester la…un peu déçu d’ailleurs…quand je suis tombé sur l’actualité du PCF dénonçant la chose….et après quelques recherches me voici plutôt satisfait de trouver vos réponses.

    Si je ne suis pas capable de vérifier vos sources historiques-la chose me paraissant laborieuse étant plutôt passionné par les modes d’emploi en langue étrangère-je vous rejoint totalement sur l’absence totale de confrontation de la part des médias et une soumission tout à fait mercantile au produit de LD, sans aucune remise en question ou mise à jour d’éléments concrets pour appuyer ces thèses.

    Objectivement cela nuit à sa crédibilité…

    Et pour finir j’ai aussi senti comme certains ici l’ont mentionnés,une certaine animosité de votre part(très maîtrisée cependant le langage aidant) dans vos réponses et allusions à une certaine marque de lait caillé…avec une certaine touche d’ironie comique…et je vous en félicite…!!

    Car comme vous et à ma manière,dans ma tribu,je serais de ceux qui clappent le clapet du premier arriviste à salir l’histoire d’un Hendrix,d’un Marley ou de la conception exact d’un album des Floyd…tout en sachant fermer le mien le jour ou j’ai l’occasion de me coucher moins bête…plus spécialement quand il s’agit de mes passions…

    Car quand on est VRAIMENT passionné on respecte ce qui nous anime et l’on se sent pousser des ailes quand on doit le défendre.
    Votre cas me fait penser à tous ces grands inges sons de studio qui travaillent depuis toujours dans l’ombre en toute humilité et qui voient débarquer des jeunes premiers pleins de « grandes formules » sur le son,à qui on donne tout crédit dans les médias alors qu’ils ne disent que des inepties conditionnées par leur tribu musicale et l’industrie marchande…bref…je m’egare…encore…

    Sur France5 j’ai entrevu une façon détournée de faire passer des messages via un imposteur,comédien de son métier…..sur ce site j’ai senti l’âme d’un VRAI passionné…Bravo…et….Merci

  • Raoul dit :

    Ce brûlot pue la vanité à plein nez. Vous devriez exiger que l’histoire soit réservé aux élites de votre caste tant que vous y êtes ! Arrêtez de vous branler la nouille sur vos distinctions académiques, comme l’autre blaireau qui dit « Je ne reviens pas sur les erreurs factuelles, on en fait tous, moi-même agrégé, doctorant et dans le supérieur ». Si le diplôme nous immunisait contre la connerie, vous ne feriez pas montre de tant d’arrogance.

    J’irais moi aussi ce ma petite citation de La Bruyère qui vous va comme un gant :
    « C’est, en un mot, un composé du pédant et du précieux, fait pour être admiré de la bourgeoisie et de la province, en qui néanmoins on n’aperçoit rien de grand que l’opinion qu’il a de lui-même. »

    • goliard dit :

      Merci pour cette réponse plein de tact, et qui ne répond à rien sur le fond. D’ailleurs, votre accusation d’élitisme n’est pas crédible, car nous disons exactement l’inverse dans l’article (ouk, l’histoire doit être ouverte à toutes et à tous, mais elle doit répondre à une certaine méthode), ce qui prouve au passage que vous ne l’avez pas lu (CQFD)…

      • Raoul dit :

        Si je l’ai lu ! C’est sans doute que je ne l’ai pas compris…

        L’histoire vous voulez bien la répandre tant que vous en restez l’émetteur. Ça doit rester une histoire de famille, n’est-ce pas ?

        « Qu’on me comprenne bien. Je n’ai rien contre le fait qu’une personne n’ayant aucun diplôme d’histoire écrive un livre d’histoire. » Consternant. Vous pouvez édulcorez cette phrase en louant l’érudition de petits ruraux aux oeuvres méritantes qu’il est déjà trop tard.

        Et la méthode, c’est vous qui en êtes les dépositaires, c’est ça ?

        Quand bien même vous affirmeriez que l’histoire vous appartient cela me choquerait moins que vos logorrhées prétentieuses toujours, tout prompts que vous êtes à vous cacher derrière vos diplômes.

        « Rien sur le fond », c’est ça ?

        • goliard dit :

          Bah dis donc, faut pas énerver Raoul Volfoni… non, personne n’est dépositaire de la méthode, c’est juste un question de bon sens. Et non, à par des invectives anti-intello primaires (c’est du Barrès, le style en moins), rien sur le fond.

          • Raoul dit :

            « Invectives anti-intello primaires », on voit de quel côté vous vous situez… Vous en seriez presque touchant sans cette fatuité qui vous colle aux bottes.

            Un peu d’humilité voyons ! C’est là le sens de mon intervention dont vous cherchez toujours le fond.

  • Alexandre dit :

    bonjour

    j’ai dans mon jeune temps fait des études d’histoire, jusqu’en Maitrise. Dois je me considérer alors comme un spécialiste, ou tout au mois un initié à la chose Historique ?
    J’y ai au moins appris le sens critique, et à ne pas prendre pour argent comptant le fait que ce soit écrit et publié.
    Du coup j’ai pris beaucoup de plaisir à lire le « métronome » avec toute la réserve sur l’exactitude historique due a un ouvrage grand public.
    Combien d’enfants ont pris goût à l’histoire en lisant Asterix, les fiches paninis ou autres romans jeunesse, tous pleins d’approximation ou d’arrangements avec le réel ?
    C’est en prenant goût à l’histoire que par après l’envie peut prendre d’aller plus loin, d’aller au plus prés.
    Alors si le « métronome » peut à certains redonner l’envie de savoir d’où l’on vient, pour mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, je dis pourquoi pas!

    • goliard dit :

      Oui… moi-même, je me suis intéressé à l’histoire à travers des oeuvres de fictions… okay… sauf que Deutsch ne prétend pas faire une oeuvre de fiction, mais de l’histoire. Quand à votre esprit critqiue, bravo, mais le grand public et les mômes dans les classes n’ont sans doute pas autant de moyens d’autodéfense intellectuel…

  • Jean-Marie dit :

    Tout cela comporte un arrière plan strictement politique et revient à réserver « la connaissance et sa divulgation » à un petit nombre qui n’admet pas d’autre alternative.

    Le succès de LD n’est en rien entaché de politicien, mais est tout simplement populaire. Que son ouvrage comporte des erreurs ne change rien à cette volonté récurrente de critiquer tout ce qui n’est pas pas le moule des tenants d’une certaine gauche.

    • goliard dit :

      Et toujours rien sur le fond.

      • Céline dit :

        …Etrange difficulté, tout de même, que celle que rencontrent beaucoup de défenseurs du programme et/ou du livre de LD, à comprendre, à distinguer et donc à manier certains concepts…

        D’un côté, l’intention de vulgarisation, louable, ce que personne ne conteste ; si ce n’est que…

        …la vulgarisation n’a pas à se dispenser d’une certaine rigueur. On apprend pas « à peu près » à écrire : on apprend ou pas. Pour l’histoire, c’est pareil.

        LD produit ici une lecture de l’Histoire qui tient plus de l’oeuvre artistique que du travail de recherche scientifique : la mise en scène, les effets d’image, très ( trop ?) utilisés dans le programme TV, l’absence totale de référence bibliographique, bref, tout ça a déja été listé ici..

        - Or, l’ambiguité recherchée et cultivée entre par l’auteur, qui n’échappe pas, Dieu merci, aux observateurs vigilants parmi lesquels les créateurs de ce site, pose un problème : LD instaure une frontière poreuse entre l’artistique et le scientifique, dans un programme diffusé sur une chaîne du service public, France 5, gérée par l’Etat, financée par le contribuable, pour proposer à un (jeune) public des programmes à vocation pédagogique. ( » Chaine française du savoir, de la formation et de l’emploi » comme le précise le cahier des charges de la chaîne)

        C’est la posture ambiguë de LD, dans un contexte institutionnel à vocation pédagogique, qui pose problème.

        Or, ces « erreurs », ou omissions, ou inexactitudes, commises par LD changent tout, précisément : là ou on peut voir négligemment une erreur, on peut aussi se dire que « Art + Institution + Pédagogie + Erreur », c’est l’équation magique qui définit la propagande.

        Or, bien plus que Lorent Deutsch, ses velléités royalos, ses envies de grandeur, son succès éditorial, le prénom de sa tante ou son goût pour les huîtres, c’est le fait que le service public, et donc l’institution, ait créée et entretenu un canal par le biais duquel un discours de propagande puisse être relayé qui POSE PROBLÈME EN FAIT…

        Il n’est pas question ici d’une « certaine gauche » ou de la fête à Neuneu : il est à admettre que scientifiquement parlant, un fait est un fait : soit il s’est produit, c’est avéré, et c’est un fait. Et on parle d’Histoire.

        Soit on rajoute un coup de canon dont on a jamais entendu parler, pour faire trembler la scène, pour rendre un message plus saisissant, et là, on est dans la fiction. Et là fiction relève de l’Art, et non de la Science, pas plus que de l’Histoire. Auquel cas on avertit le public, surtout s’il est jeune ou peu informé. Et surtout si c’est lui qui raque, de par sa qualité de contribuable payant une redevance télévisée que la télévision de service public utilise pour acheter les programmes produits par LD….En clair, et même s’il n’en a jamais mangé, un gosse a le droit de savoir s’il achète du caviar ou des oeufs de lump, même si ça se ressemble…

      • Pour en finir avec les couards dit :

        Facile de se plaindre que les messages manquent de fond quand on ne publie pas ceux qui en ont un peu ! Mais… peut-être n’aimons-nous pas les points de vu qui fâchent… entre nous !

        • Céline dit :

          ….C’est toujours drôle, les interventions de ceux qui « veulent en finir avec les couards », mais qui se bornent à venir chouiner, et sous pseudo… Quand à avoir un point de vue (oui, ça prend un e) qui fâche, très bien…encore faut-il commencer par en avoir un.

  • Piotr dit :

    Vous avez un don pour décrédibiliser votre cause, c’est assez incroyable. Par des phrases lapidaires et sans fondements (la partie sur Gallo, Minc etc), vous en tirez des conclusions. Nul.

    Vous faîtes de votre compréhension de l’Histoire une vérité et quiconque la remet en cause est un ennemi. J’appelle cela du marxisme. Inutile d’en dire davantage, vous m’aurez compris.

    Au moins, avec cette histoire, vous avez votre heure de gloire… (sic).

  • Damned dit :

    Bonjour à tous.

    Pour ma part, je n’ai pas encore trouvé nécessaire d’ouvrir l’ouvrage de M. LD, n’ayant appris son existence qu’en glanant de-ci de-là quelques informations fraîches sur M. Mélenchon (rare personnalité politique actuelle que j’estime être digne d’intérêt).

    Ce faisant, v’là-t’y-pas que j’tombe nez à nez avec l’affaire qui nous préoccupe présentement ! Je lis deux ou trois articles et, me laissant porter par le flot continu et labyrinthique de la nébuleuse internet, me voici chez vous, sur votre site, où, après avoir pris connaissance de votre article et de nombreux commentaires qui s’en suivent, quelques questions me tarabistouillent les méninges.

    1/ Pourquoi le Front de Gauche se ridiculise-t-il à vouloir interdire la promotion d’un livre, aussi mauvais puisse-t-il être ? Ne tombons pas dans les travers des dogues néolibéraux qui s’emploient à marginaliser, interdire, interpréter toute oeuvre qui n’opine pas derechef devant leur idéologie. Comme dirait Desproges : « c’est petit ». Alors qu’il suffirait, comme vous le faites, de dire qu’on n’est pas d’accord, et pourquoi. (A priori plus le livre est mauvais, plus l’exercice est simple. Réjouissons-nous de ça !)

    2/Pourquoi s’indigner de la sorte, c’est-à-dire si véhémentement, qu’un olibrius aussi connu qu’incompétent puisse sortir son petit livre et en tirer monnaie, amour-propre, audience… et gloire, pourquoi pas ? Est-il le premier ? OOOOOOOOOh que non ! Enfin ! Qu’avez-vous contre cet homme-là ? Car, comme le disait toujours si bien Desproges : « Sabatier ? Il est charmant… bon… moi aussi, j’ai connu des topinambours qui avaient le regards plus vif ! Mais sommes-nous réellement réunis ici ce soir pour dénigrer les rhizomes ? Je dis non !!! » En plus, ce Deutsch, il est plutôt cool, non ? Il ne se prend pas pour un grand historien : il reconnaît son absence de bibliographie, l’imprécision d’ensemble de l’ouvrage, bref, le fait qu’il n’est pas fait son travail, c’est déjà bien ! Si BHL ou Beigbeder en étaient là… quelle joie ! Quel soulagement ! Et, pour finir là-dessus, s’il n’est pas le premier à tirer profit d’une oeuvre bancale ou stérile (je n’en sais rien moi-même car, comme souligné en introduction, je n’ai pas lu le livre), il ne sera pas non plus le premier à en faire un film : Desproges (encore lui sacrebleu !), nous l’apprenait également : « Duras n’a pas écrit que des conneries, elle en a aussi filmé ! »

    3/Une remarque quand même avant de poursuivre : Votre article est très pertinent M. Blanc, mais je n’en attendais pas moins de la part d’un universitaire, cependant :

    4/Une de vos remarque a attiré mon attention :  » L’article ne vise pas à se moquer du fait qu’un amateur fasse de l’histoire[...], mais que LD fasse de la mauvaise histoire[...] très marqué à droite de la droite (vous savez, les admirateurs des têtes couronnées). » Je tiens à préciser ici que mon père, Marxiste et passionné d’histoire, admire néanmoins nombre de têtes couronnées qui ne furent pas toutes de son bord politique, parfois leurs destins, et que ces états d’âmes ne peuvent se comprendre qu’en dehors de la politique. Moi même, de sensibilité gauche-extrême gauche, suis d’accord avec Desproges, par exemple, pour dire que le seul président de la cinquième république, par son charisme, certains de ses choix et une certaine forme d’intégrité, qui ressemblait à un chef d’Etat était de Gaulle. Ca fait mal, mais c’est un fait. J’espère donc que cette remarque manquait juste de précision et qu’elle ne signifiait pas qu’il faille être de gauche pour être un grand historien, le talent et l’intégrité d’une personne n’ayant aucun rapport avec son bord politique. Mais rassurez-vous, votre remarque venant visiblement d’un éminent spécialiste, je penche plutôt pour un maladroit raccourcis !

    Tchao à tous !

    • goliard dit :

      Bonjour…

      1/ Pour le Front de Gauche, aller leur demander, mais je ne pense pas qu’il ait demandé une quelconque censure. Juste (et c’est ma position aussi) que la mairie de Paris arrête la promotion acritique du livre.
      2/ Dans cette affaire, on se demande surtout si on peut critiquer Lorànt Deutsch. Perso, je pense que oui.
      3/ Faire de l’Histoire, ce n’est pas (à mon sens) aimé ou détester des « têtes couronnés », mais tenter de comprendre l’organisation sociale d’une époque. Il ne s’agit pas de faire le Top 50 des rois.

      J’espère donc que cette remarque manquait juste de précision et qu’elle ne signifiait pas qu’il faille être de gauche pour être un grand historien

      Bien sûr que non (ex : Braudel). Mais attention, tout les gens de droite ne sont pas des admirateurs des têtes couronnées (ou des grands hommes).

      En plus, ce Deutsch, il est plutôt cool, non ? Il ne se prend pas pour un grand historien : il reconnaît son absence de bibliographie, l’imprécision d’ensemble de l’ouvrage, bref, le fait qu’il n’est pas fait son travail, c’est déjà bien !

      Cool ? Je vous propose de lire ses intervention sur le site ? Quand au fait qu’il rconnaisse ses erreurs, et bien non, au contraire. Il n’arrête pas de dire dans les médias « ce que je dis est authentique ». Bref, il persiste et signe.

      • Damned dit :

        Merci tout d’abord d’avoir pris le temps de répondre et de (finalement ?) publier le commentaire dont le but, s’il en avait un, était de mettre un peu d’humour dans ce débat bien sérieux.

        Cette publication annule de fait mon deuxième commentaire (chronologiquement parlant), cela va de soi, et je vous présente également mes excuses, on ne peut plus plates, en ce qui le concerne.

        Cela dit, j’ai lu plusieurs articles ou LD reconnaissait dans une certaine (démagogique ?) mesure, les limites de son ouvrage, la plus diffusée étant : « Je n’invente rien. [...] Je ne suis pas chercheur au CNRS, ni archéologue. On peut sûrement taxer « Métronome » d’être une compilation d’ouvrages. Je l’accepte. Voyez, [...] je n’ai pas cité toutes ces sources, et je le regrette. » Tout est dit. C’était néanmoins en début de polémique et aujourd’hui les choses se s’enveniment : il se défend. Voilà sans doute pourquoi il revendique l’authenticité de son ouvrage avec une verve décuplée, alors que si authenticité il y’a, on la trouve (peut-être) plus facilement dans son intérêt pour l’histoire (aimer une discipline ne signifie pas qu’on la comprenne bien), et dans le sentiment qui l’a animé pendant sa rédaction (je le lui souhaite).

        J’évoquerai en conclusion la bonne démagogie caractéristique de cette sorte de personnalité, pour admettre que sur le fond, nous ne sommes malgré tout pas si éloignés. Je ne pense cependant pas que tout cela vaille une polémique telle qu’il risque, seul, d’en sortir gagnant, en vendant mieux un livre qui aurait probablement dû, pour le bien commun, passer inaperçu.

        « Dans cette affaire, on se demande surtout si on peut critiquer Lorànt Deutsch. Perso, je pense que oui. » Cela ne m’empêche pas de penser qu’il vaut mieux critiquer l’oeuvre d’un auteur, voire même ce qu’il représente (socialement, symboliquement etc), quand celui-ci jouit d’une audience suffisante (sinon, aucun intérêt), que de le critiquer simplement lui (je dis bien « simplement », une pique bien sentie, tant qu’elle n’est pas finalité, défoule et n’a jamais tué personne).

        Evidemment, « faire de l’histoire, ce n’est pas [...] aimer ou détester des « têtes couronnés » », mais « aimer l’histoire » peut mener à ça, sans être nécessairement futile. Voilà pourquoi, aimer ou détester, admirer les têtes couronnées n’est pas le fond du problème. C’était le sens de mon intervention et de l’humour qu’elle contenait. Ce n’est pas le fond du problème, car nous restons humains, et nous établissons forcément un lien affectif plus ou moins prononcé, un rapport (d’attrait, de rejet, d’indifférence, l’indifférence étant aussi un lien affectif, etc…) avec les personnalités (historiques, philosophiques, littéraires etc…) que nous étudions. Et ces liens ne nuisent aucunement à la pertinence d’une analyse, à la compréhension d’une personnalité ou d’une époque, elles peuvent même l’enrichir, à la condition cependant d’avoir conscience de ce rapport, et ainsi d’être en mesure : d’abord de pouvoir l’exprimer, le communiquer au lecteur pourquoi pas, et ensuite de pouvoir s’en méfier (rester vigilant vis-à-vis de soi). Je résumerais cette idée par : rester intellectuellement intègre, honnête avec soi et avec le lecteur, exercice extrêmement difficile quelque soi la méthode employée.

        Ainsi, admirer des têtes couronnées n’empêche réellement de faire de l’histoire qu’à la condition de ne prendre aucun recul, ou trop peu, vis-à-vis de son admiration et que celle-ci, soit ne prenne trop de place dans l’analyse, soit la déforme, la pasteurise etc… (j’ajoute que la détestation, l’indifférence etc dont je parlais produisent la même difficulté.) Voilà la nuance que j’aurais aimé deviner dans votre propos car nier son affect, l’étouffer sous couvert de méthodologie est très à la mode chez nos élites intellectuelles peut tout autant pasteuriser une analyse, la rendre consensuelle, froide, mensongère que l’adoration des têtes couronnées (qui me dérange bien plus qu’une admiration consciente et maîtrisée…)

        « Faire de l’histoire, c’est tenter de comprendre l’organisation sociale d’une époque ». Oui, mais pour quoi faire ? L’histoire, selon moi, est cyclique (trop long à démontrer ici), ce qui signifie qu’elle doit être ensuite confrontée à la réalité de l’époque présente, ceci dans le but, aujourd’hui lointain, je l’admets, de ne pas sans cesse reproduire les mêmes erreurs collectives. Voilà toute la beauté, toute la richesse de cette discipline, et pourquoi, à mes yeux, votre définition suffit aux universitaires érudits adeptes (ils ne le sont pas tous), de branlettes intellectuelles souvent incestueuses et surtout sans conséquences.

        Je pense aussi que la promotion artistique d’un livre n’a pas à être assurée par une municipalité, mais, s’il est indispensable d’en parler, rien ne sert de le grogner stupidement dans un tribunal : une loi ferme pourrait être proposée.

        Voilà, je crois avoir fait le tour des points qu’il me restait à préciser. Merci de votre patience et bon débat à tous…

  • Sol dit :

    Pas sûr que le thème suscite encore beaucoup de commentaires sur le fond justement.

    Tout ce qui ressort dernièrement, c’est la frustration de personnes qui n’arrivent pas à dissocier la méthodologie qui permet l’esprit critique d’un quelconque corporatisme/obscurantisme/mysticisme/ complot des élites et le secret de la licorne blablabla…Fatigant à lire, quelle que soit la prose employée par ceux qui croient venir ici pourfendre d’horribles gardiens qui ne chercheraient qu’à occulter LA vérité aux pauvres néophytes.

    Vouloir comprendre c’est faire preuve d’un minimum d’exigence. Venir chialer ici sur un pseudo-sectarisme des « historiens », qui représentent un ensemble très hétérogène, c’est tenter au fond d’expier sa propre fainéantise en ce qui concerne les sources.

    • Jacques dit :

      Hum, hum, cher(e) Sol,

      malheureusement, pour vous, pour nous, la nature humaine est ainsi faite qu’il y a autant d’histoire que d’historien. Rare sont les analystes impartiaux.

      Maintenant, au-delà des interprétations ou des raccourcis aisés, il y a des faits (historiques).

      Et les faits, rien que la faits, amènent tout historien à mettre en avant la monarchie durant 1 500 ans environ, puisqu’il s’agit du système politique alors en place.

      Et, LD met en avant un certains nombres de faits, ayant fortement participé au développement de Paris, sous l’impulsion directe ou indirecte des Roys et de la noblesse. LD a en ce sens raison de rétablir nombres de vérités (factuelles), car, à l’inverse, ces dirigeants nous ont été présentés durant très longtemps comme des incapables sanguinaires, qui aimaient plus que tout manger des enfants (issus de la paysannerie)… J’exagère à peine, à la lecture de certain livre du programme d’histoire des années 1900…

      Mais voilà, comme la vérité se rééquilibre à travers ce type d’ouvrage (je dis bien rééquilibre, car rien ‘était blanc non plus…), cela hérisse le poil des purs et durs »républicains laïques » (un instant, je vais me laver les mains et mon clavier,…….., voilà !), qui pourfendent alors leurs auteurs des plus basse vilenies (à commencer par les traiter d’incompétent), sous couvert de vérité et de méthodes historiques, enfin, corrigeons : « leur vérité et leur méthode »….

      Goliard, ne perdait pas de vu que la république n’est qu’un passage dans l’histoire de France. Déjà moribonde vu les scores d’abstention aux différentes élections. Les hommes et les femmes veulent des leader capables d’emmener le pays, pas des gus qui aspirent à un poste tous les 5 ans et qui se refilent la « cuillère » à chaque tour. Combien de temps tiendront nous avec des politiques aussi courte. Colbert et Louis XIV pensaient la France à 50 ans minimum…

      Pouvez-vosu me comparer la situation de la France au niveau international du Vème au XVIème siècles, puis du XVI au XIX éme et enfin du XIX au XXI ème… Bref, comparons de façon factuelle les résultats d’un gouvernement monarchique et d’un gouvernement républicain. Inutile de faire l’autruche….

      Enfin, le génocide des guerres de Vendée est maintenant officiellement reconnu et présent dans les livres d’histoire de nos chères têtes blondes. Le virage est amorcé.

      Bien amicalement,

  • ceusette dit :

    On m’a offert le livre, mais j’avoue qu’il ne m’a pas vraiment emballé… La série télévisée était plus réussie, ne serait-ce que par les reconstitutions et la découverte de lieux dont l’accès est souvent limité (même pour un étudiant chercheur, de ce point de vue là, je vous rejoins, on favorise les démarches commerciales aux dépens de la recherche… j’en parle par expérience!). Toutefois, je trouve que cette série s’arrête trop sur des anecdotes ou même de la fiction, et oublie carrément d’autres éléments fondamentaux pour l’histoire de Paris: la création des canaux, les passages couverts, et même la Tour Eiffel!… Ce ne sont pourtant pas des détails! Tous ces éléments n’ont-ils pas dessiné le Paris moderne!? Il s’agit tout de même de graves lacunes . L’ennui dans la démarche de Laurent Deutsch tient peut-être au fait qu’il mélange trop histoire « générale » et « histoire de Paris ». S’il s’était contenté de retracer une histoire érudite des « mystères de Paris » (pas grand-chose non plus sur la littérature), il n’y aurait pas à polémiquer. L’histoire de Paris demeure aujourd’hui trop méconnue du grand public. En soi, un livre de vulgarisation qui pourrait sensibiliser un public plus large n’est pas condamnable. En outre, je crois qu’il est exagéré de le taxer de « révisionnisme » … Cela me semble quand même disproportionné… D’ailleurs, toute démarche révisionniste nécessiterait un point de vue critique, qui manque au livre. Le relatif silence des historiens « professionnels » tient au fait que l’histoire de Paris (et de sa banlieue d’ailleurs) n’a finalement suscité qu’assez peu de recherches… Tout au moins, pas autant qu’on pourrait le croire. En outre, ces études sont souvent extrêmement spécialisées et se rattachent difficilement à une histoire plus globale de la capitale.

  • Damned dit :

    Tiens, tiens… toujours rien… étrange… me serais-je fait lamentablement censuré ? Pourtant, il me semble être resté très courtois, et finalement assez soft. Ayant parfois envoyé des messages bien plus acides que celui-ci sur des articles d’obscurs journaux qui n’ont malgré tout pas osés… je m’interroge. Manquez-vous à ce point d’humour dans les hautes sphères intellectuelles parisiennes ? Ou ai-je frappé, sans le savoir, à la porte d’un site d’historiens pas si courageux que cela et ma foi bien corporatistes -Sol évoquait le thème…
    Si c’est le cas, je m’en tiendrai volontiers au point de vue d’Alexandre.

  • Brian dit :

    Je suis tout de meme etonne que l’on prenne ce debat au serieux alors qu’il s’agit clairement d’une attaque ideologique en regle… Si vous passez a la radio M. Blanc c’est parce qu’un elu du Front de Gauche que vous avez laisse vous representer s’est fait votre porte parole. D’autre part, la methode de critique est clairement deconstructionniste (methodologie politique de choix des communications politiques communistes et positivistes). Enfin ce qui a franchement l’air de vous agacer, c’est que LD se dit royaliste et parle de saints et de rois plus que de vilains et paysans (je vous ai entendu le dire a la radio il y a quelques instants).

    En fait vous voudriez simplement qu’il se taise ou qu’on le fasse taire (c’est ce dont les elus POLITIQUES de la ville de Paris discutent grace a votre petite attaque) parce que c’est un en***** de conservateur/reactionnaire qui donne aux saints et aux rois une place importante dans son recit de l’histoire de Paris.

    Je n’ai pas entendu beaucoup de VRAIS historiens (on est pas historien parce qu’on a un Master et qu’on ecrit un blog) monter au creneau lorsque l’on a parle de virer Clovis et quelques autres rois ou empereurs du programme d’histoire de l’education nationale ou encore d’enlever les parties trop « Chretiennes » ou colonialistes au profit d’une histoire de l’Afrique pre-coloniale…

    Pour enfin reprendre votre commentaire sur Stephane Courtois un peu plus haut qui selon vous se fait passer pour anti-conformiste alors qu’en fait ce serait un ami des elites et du pouvoir, sachez que son cours d’histoire du communisme (ce mec a ete un leader actif de Mai 68 et a etudie les archives de l’ex URSS dans des conditions que presque personne n’a eu la chance d’obtenir) a ete interdit dans beaucoup d’universites publiques francaises parce que ce qu’il dit sur les methodes totalitaristes d’extreme gauche derange un peu trop les bons milieux universitaires francais qui revendiquent l’heritage de ces mouvements. Et qui fait parler de votre petite polemique deja? Je vous le donne ne mille: le front de gauche…

    Tout ce que vous faites en deployant toute votre force et votre energie pour nous montrer le complot des elites contre les bons universitaires droits dans leur bottes, c’est simplement nous convaincre un peu plus que l’histoire enseignee a nos enfants en France est une version bien a gauche de l’histoire dont les programmes sont crees et edites par de bons universitaires bien proches des syndicats et partis de gauche qui execrent l’importance du christianisme dans la construction culturelle et historique de notre pays.

  • Brian dit :

    Je suis tout de meme etonne que l’on prenne ce debat au serieux alors qu’il s’agit clairement d’une attaque ideologique en regle… Si vous passez a la radio M. Blanc c’est parce qu’un elu du Front de Gauche que vous avez laisse vous representer s’est fait votre porte parole. D’autre part, la methode de critique est clairement deconstructionniste (methodologie politique de choix des communications politiques communistes et positivistes). Enfin ce qui a franchement l’air de vous agacer, c’est que LD se dit royaliste et parle de saints et de rois plus que de vilains et paysans (je vous ai entendu le dire a la radio il y a quelques instants).

    En fait vous voudriez simplement qu’il se taise ou qu’on le fasse taire (c’est ce dont les elus POLITIQUES de la ville de Paris discutent grace a votre petite attaque) parce que c’est un en***** de conservateur/reactionnaire qui donne aux saints et aux rois une place importante dans son recit de l’histoire de Paris.

    Je n’ai pas entendu beaucoup de VRAIS historiens (on est pas historien parce qu’on a un Master et qu’on ecrit un blog) monter au creneau lorsque l’on a parle de virer Clovis et quelques autres rois ou empereurs du programme d’histoire de l’education nationale ou encore d’enlever les parties trop « Chretiennes » ou colonialistes au profit d’une histoire de l’Afrique pre-coloniale…

    Pour enfin reprendre votre commentaire sur Stephane Courtois un peu plus haut qui selon vous se fait passer pour anti-conformiste alors qu’en fait ce serait un ami des elites et du pouvoir, sachez que son cours d’histoire du communisme (ce mec a ete un leader actif de Mai 68 et a etudie les archives de l’ex URSS dans des conditions que presque personne n’a eu la chance d’obtenir) a ete interdit dans beaucoup d’universites publiques francaises parce que ce qu’il dit sur les methodes totalitaristes d’extreme gauche derange un peu trop les bons milieux universitaires francais qui revendiquent l’heritage de ces mouvements. Et qui fait parler de votre petite polemique deja? Je vous le donne ne mille: le front de gauche…

    Tout ce que vous faites en deployant toute votre force et votre energie pour nous montrer le complot des elites contre les bons universitaires droits dans leur bottes, c’est simplement nous convaincre un peu plus que l’histoire enseignee a nos enfants en France est une version bien a gauche de l’histoire dont les programmes sont crees et edites par de bons universitaires bien proches des syndicats et partis de gauche qui execrent l’importance du christianisme dans la construction culturelle et historique de notre pays.

    Et si vous pouviez arreter de parler de YOP a chaque fois que vous evoquez la personne que vous critiquez de facon tres acerbe, vous auriez certainement plus de credibilite. La, vous passez pour un boutonneux jaloux dans une cour de recre…

  • Ping : À propos de l’affaire « Métronome – Lorànt Deutsch » | L'armurerie

  • Le Poète fait ce qu’il veut et Lorànt Deutsch n’échappe pas à la règle!

    C’est un oiseau libre, il vole!

    Alors, croassez, corbeaux staliniens, continuez, tentez en vain de le retenir, déjà il s’est échappé!

    Et minutieusement, amusez-vous à détailler ses erreurs ,petits esprits, il n’en est que plus grand!

    Et si pour vous, être Historien, c’est être mauvais scientifique, continuez, en fait, vous n’intéressez que vous! :(((

    Et je le défends! O pas seulement parce que je suis royaliste!

    Aussi, je le reconnais, parce que j’ai toujours adoré Saint Denis!

    Un Orelsan Poète qui se promène avec sa tête ne peut que me plaire! !)))

    http://www.youtube.com/watch?v=_DT-4-jJTZc

    Alors vive DEUTSCH! Vive METRONOME!

    Et soyez content, je prends du temps pour rédiger sur ce blog! Cela porte bonheur! ;)))

  • Quidam dit :

    « LD raisonne comme si l’histoire était une suite d’oppositions frontales, culturelles, entre deux civilisations, l’une méditerranéenne (qui aurait été vaincue) et l’autre nordique (qui aurait été vainqueur), culture nordique qui serait la « notre » » >

    Quand on parle de civilisation méditerranéenne, il faut avouer que l’on pense plus à la Grèce et à l’empire Romain. Si vos propos étaient vrais, les italiens et les grecs devraient être les premiers meurtris du livre de M Deutsch. Je ne crois pas qu’ils le soient, la majorité d’entre eux étant assez intelligents pour comprendre que de cette opposition nord-sud, il n’y a pas de gagnant ni de perdant, seulement un résultat : la France d’aujourd’hui. M Deutsch ne dit pas autre chose.

    Mais le plus détestable dans votre cabale est l’esprit dans lequel vous la menez. « Oups, j’ai marché dans Lorànt Deutsch », « Lorànt Deutsch Louvre trop ». Sans doute les millions de M Deutsch justifient-ils à vos yeux qu’on puisse lui manquer de respect. Le peuple, dont vous semblez vous dire le défenseur, a un peu plus de classe et de dignité que cela, heureusement. Il sait voir la sincérité là ou elle se trouve. Le succès du livre de M Deutsch n’est pas dû qu’à sa publicité, contrairement à ce que vous voulez croire.

  • Coolrespirez dit :

    Puis-je relancer le débat différemment?

    LD ne devrait pas parler d’histoire car il fait des fautes factuelles? Vous, vous ne devriez pas écrire car vous en faites aussi des fautes … d’orthographe!

    • Jacques dit :

      LD ne fait pas de fautes factuelles. Les faits qu’il évoque sont soit justes, soit des hypothèses qui ont valeur historique jusqu’à preuve du contraire.

      Il y a dans son ouvrage, quelques erreurs de dates et de lieux, mais point de faits ni d’évènements ni de personnages. Sachant que ces quelques fautes, peuvent être de l’inattention ou des fautes de frappes, comme cela arrive à tout et chacun…

      Comme par hasard, cette polémique arrive plus de 3 ans après la publication de l’ouvrage et au moment où d’une part les ventes sont un succès phénoménal et d’autre part où LD se déclare ouvertement Royaliste.

      La monarchie est un régime politique fort intéressant et plus que respectable. Il a fait et fait la grandeur de bien des pays. A l’inverse, le communiste a détruit tout les pays où il a été instauré soit au niveau économique, soit au niveau humain. Et, cependant, nos gouvernements acceptent des hommes se revendiquant d’idéologie communisme, et n’acceptent pas des hommes se revendiquant Royalistes ! C’est un comble et cela doit changer.

      Les instaurateurs de la république française sont régicides, et fratricides, ce n’est pas anodin….

  • Bob dit :

    L’étudiant en doctorat le plus soigneux, le plus travailleur et le plus honnête n’aurait jamais pu avoir un tel succès médiatique immédiat, sans contacts privilégiés, sans mise en marché coûteuse et sans piston
    avantageux.

    La réacosphère friquée a choisi son poulain. Manque de chance : le petit jeune homme n’a pas le sens de la mesure, adore s’entendre parler … et parle trop.

    • Cortomaltese dit :

      Je comprends votre frustration néanmoins je persiste a penser que l’université par son manque d’ouverture au privé c’est enfermée toute seule dans son monde.
      Alors évidement le privé va surement vous pervertir mais il reste le seul moyen économiquement viable pour que vous puissiez avoir un salaire …un jour !!
      Quand je vois le nombre de doctorant qui sont a la rue, il faut se poser les bonnes question ..le diplôme est il donné?
      8000 euros pour ceux qui encadrent les thèses des doctorants et quand on sait que par exemple a lyon un maître de stage en avait 20…je vous laisse faire le calcul..
      Vous vous étés tues vous même… Vos pairs ont bien vécu dans une insouciance bien française ou l argent coule a flot… vous en payez les pots casses actuellement

      Soyez meilleurs que vos pairs, innovez, et a ce mement le respect vs reviendra..

  • Jacques dit :

    ?

    en détail ça donne quoi ?

  • Babs dit :

    Facile de se prétendre royaliste quand on a eu la chance de naître en France,pays qui garantie l’égalité des la naissance.
    Facile aussi de critiquer le monde politique pour ses erreurs en oubliant quand même qu’eux n’ont pas droit de vie ou de mort sur leur sujets….entre autres…
    J’ai l’impression que Yahoo vous a envoyé tous ces réacs qui vous « traitent » de gauchos des que vous tentez de rendre le débat raisonnable.
    Et pour finir il est drôle de voir des critiques d’erudits ramenées à de la propagande communiste,par ceux la même qui a droite,passe leur temps à faire fructifier la Chine en délocalisant leur productions.

    • Jacques dit :

      Cher(e) Babs (homme ou femme),

      Contrairement à ce que vous pensez :

      1/ il n’est pas facile, à tout époque, être à contre courant. Etre Royaliste aujourd’hui, c’est, pour des gens d’influences, se voir refermer brusquement la porte des médias et pour le quidam que je suis, provoquer l’incompréhension auprès des concitoyens. Mais, heureusement, provoquer aussi une forme de réflexion (ah ben oui, c’est vrai, j’y avais pas pensé, c’est pas bête…).

      2/ Vous êtes l’exemple parfait des conneries qui ont été apprises depuis 150 ans… Le pouvoir Royale, et d’une façon étendu le pouvoir tout court, n’a jamais eu de droit de vie et de mort, d’ailleurs cette notion est incompatible avec la foi Chrétienne dont le Roy est le garant. Le Roy et les Seigneurs (on dirait aujourd’hui le président et les préfets) avait le droit de haute et de basse justice sur la zone géographique qui leur avait été confié par pouvoir royal. Si la justice aboutissait a une peine capital, le condamné pouvait faire appel au Roy qui pouvait soit gracier soit commuer la peine, ce qui arrivait fréquemment. Les archives disposes de minutes de très nombreux procès (parfois pour des choses anodines comme des vols de poules) qui sont suffisamment explicites quant à la justice du bas et haut moyen age par exemple.
      De plus, au cours de notre histoire, de nombreux nobles se sont vus soit confisquer leur charges soit condamner à mort par la justice royale, pour avoir abuser de leur pouvoir. Là aussi il existe de nombreuses archives.
      Lors de certains grands chantiers dans le Royaume (route, cathédrale,….) certaines expulsions pouvaient durer des dizaines d’années, car un bourgeois ou un paysan refusait de céder ses terres. Ce fut le cas pour certaine cathédrale en France où les rues attenantes sont très proches, cela est en général dû au fait que des riverains ont refusé de vendre à l’époque.
      Enfin, a titre d’exemple, Louix IX a réinstauré une coutumes mise en place par les Francs : La Trêve Royale. Dans le cas ou 2 seigneurs risquaient d’en venir à un conflit armé, ils avaient interdiction d’utiliser les armes durant 40 jours et s’engagaient à trouver une issu pacifique (diplomatique) au conflit. Si un des deux violait cette loi Royale, il commettait alors un crime contre la couronne, et le Roy levait une armée pour lui reprendre sa charge… On serait bien inspiré d’en faire autant de nos jours. Bien entendu, tout n’était pas rose, loin de là, il y avait aussi parmi les hommes aux affaires des abrutis capable de mauvaise oeuvres, mais tout comme aujourd’hui parmi nos dirigeants cela représente une minorité. A note, que l’aspect héréditaire des charges a été une grosse bêtise mise en place par des gens cupides, mais aussi pour des raisons d’efficacité, ce qui a été nocif au fur et à mesure du temps.

      3/ Quelle garantie d’égalité à la naissance ? Vous rigolez ! En fonction de la famille dans laquelle vous naissez, les sociologues peuvent s’en peine vous donner votre avenir à peu de chose. Aujourd’hui, si votre famille dispose d’un patrimoine confortable vous pourrez tjrs vous en sortir même si vous êtes le dernier des idiots. Sous Clovis ou St Louis, c’est votre courage et vos actes qui permettaient une ascension sociale. Je vous accord que vers le XVII ces notion ont changé, ce qui a causé entre autre la perte de la monarchie.

      4/ Concernant la Chine, la seule façon qu’elle aura de sortir du joug communiste passera par le capitalisme…

      Au plaisir de vous lire.

      • Babs dit :

        Cher Jacques

        1:Effectivement il est compliqué de nos jours de defendre des idées à contre-courant.Ceci dit cela releve d’un choix personnel.
        Il est vrai qu’aujourd’hui les revisionnistes de 39/45 ont du mal à se faire entendre quand ils nient les camps de concentration allemands.
        De la meme maniere les islamistes ont du mal à faire comprendre à la France que les femmes doivent porter une burqua.
        Les témoins de Jeovah ont aussi du mal à faire comprendre qu’une transplantation sanguine c’est le mal…meme et surtout quand cela sauve une vie.
        Vous me permetterez de remarquer que ces 3 exemples ont tous un point commun…un rapport à la religion intimement lié a leur revendications…(ah ben oui, c’est vrai, j’y avais pas pensé, c’est pas bête…).
        Et je pense qu’un lien intime lie de meme royalisme et catholicisme.

        2:Permettez moi de vous dire d’abord que je n’ai rien d’un exemple ni rien de parfait…Je suis plutôt imparfait de part ma nature humaine et cela me convient tres bien.Quand aux conneries apprises depuis 150 ans j’y ai echappé de part ma cancritude extreme.
        Je suis plutot de ceux qui interpretent les choses sur des réalités bien palpables.Comme le fait que donner tout pouvoir à une personne de maniere arbitraire n’est ni lui rendre service,ni rendre service à ceux qu’il commande.
        On pourra prendre des petits exemples comme des grands,le resultat sera souvent le meme.
        Abus de pouvoir,sensations hautaines envers les autres,ego surdimensioné,j’en passe et des meilleures,les rois n’echappant pas à la regle tout humains imparfaits qu’ils sont.
        Je ne nie pas cependant que certains ont eu assez d’intelligence pour faire de bonnes choses.
        Mais vouloir me faire croire qu’en 1500 ans de monarchie,aucun crime,aucune exaction,aucun abus de pouvoir n’aient été perpetués c’est un peu comme vouloir me faire croire que l’homme est parfait.
        J’appelle cela un mensonge.
        Evidemment il a bien fallu un moment mettre de l’eau dans son vin royale si l’on voulait avoir son blé,son metal et tout ce que le confort d’un roi impose…D’ou un minimum d’intellect necessaire à comprendre qu’il vaut mieux manipuler le peuple que le tyranniser…je doute que cette conclusion soit arrivé en un jour et sans pots cassés…

        3:Donc selon vous les femmes par exemple n’ont rien gagné en termes d’égalité…je suppose que le droit de cuissage est aussi une legende…que les batards des rois et seigneurs avaient le meme statut que les enfants officiels?Qu’il existait des institutions pour prendre leur defenses?
        Pour en revenir a notre epoque,laissez moi vous raconter l’histoire d’un ami,fils de député maire et cardiologue de son metier,tres intelligent et ayant tout pour lui,qui a fini sa vie pendu à un arbre…
        En effet le concret ne remplacant pas l’abstrait il aurait certainement preferé etre plus bas dans la société mais avoir une famille aimante qui l’ecoute,n’en deplaise aux sociologues.Et c’est en cela et uniquement en cela que nous ne serons jamais egaux.
        Malgré ça je pense qu’il vaut mieux naitre pauvre aujourd’hui qu’au temps des rois et seigneurs.Qu’aujourd’hui l’on recolte ce que l’on seme,meme si la chose est toujours difficile.Qu’aujourd’hui l’intellect prime sur la force.
        Maintenant si le choix de certains est de defendre des causes perdues,libre à eux…Personnellement defendre ma propre cause me demande deja assez de temps et d’energie.

        4:Ce que je voulai souligner etait plutot le dédain tres occidental que l’on porte à la Chine,à la fois pour sa politique en place,a la fois pour ces methodes au sens propre,d’un coté et tous les avantages qu’on en tire de l’autre avec les consequences que l’on sait.
        Bizzarement ce sont ceux la meme qui critiquent qui profitent.

        Bien à vous

        Babs

        • Jacques dit :

          @Babs,

          Bon, je pense que l’on arrivera à pas grand chose.

          La religion est liée à la vie et aux hommes. Lorsque nous lui avons tourné le dos, en 1791, les choses ne se sont pas arrangées…

          Effectivement, en 1 500 ans, il n’y a pas eu que des choses parfaites, la maîtrise du pouvoir est une chose complexe où les choix sont souvent Cornéliens…

          Le droit de cuissage n’a jamais existé, il s’agit d’une légende inventée au XIX…

          Concernant les enfants « adultérins », dois-je évoquer nombre de nos présidents…

          La Monarchie est un système politique qui a fait ses preuves, qui permet un fonctionnement sur le long terme, et d’avoir à la t^te du pays un homme qui rassemble, au dessus des partis politiques, garant de la Chrétienté et du bien être de ses sujet, sans intérêt particulier uniquement des devoirs. Mais ces notions sont oubliées depuis longtemps.

          La république n’intéresse plus grand monde, les élections attirent plus ou moins 40% des votants, d’ici 10 ans, ce chiffre tombera à 30%. L’élection majeure met en place un homme pour 5 ans dont le seul but et de prendre la place pour placer les gens de son camp et préparer la prochaine élection et bien avant les élections intermédiaires… Super. En 50 ans, le système s’est écroulé…

          Bref, moi, comme de plus en plus d’autres nous n’y croyons plus, et analysons factuellement ce qui a réussi à notre pays, la conclusion n’est pa compliquée et s’imposera au plus grand nombre.

          Rejoignez-nous ! ;o)

          • Babs dit :

            Effectivement nous sommes d’accord sur un point au moins:nous n’arriverons pas à grand chose…

            Je ne m’octroierait pas l’espace commentaire des Goliards pour continuer ce debat.

            Vous rejoindre?Mais mon pauvre gardez vous bien de posseder un herétique dans mon genre dans vos rangs ;)

            Bonne bourre !

            Babs

  • Lecteur dit :

    Heu…
    Si j’aime bien le livre de LD, que je le lis comme une récréation.

    Si justement j’aime bien les ouvrages qui comportent des erreurs parce-que ça me rassure et que je n’ai pas besoins de lire des livres d’histoire ne contenant que des faits scrupuleusement vérifiés, bien que je m’y penche parfois je le confesse.

    Si je m’en fous de la polémique et de savoir si un gars qui a bu du YOP est encore capable d’écrire quelque chose après.

    Si je froisse parfois quelques puristes, gardiens de la bien-pensance et empêcheurs de tourner en rond et que j’aime les entrepreneurs de tout poil.

    Dois-je aller immédiatement brûler mes lectures coupables, ou bien je peux continuer ?

    Mais… j’y pense tout à coup : Nous sommes (encore) dans un pays ou la liberté de conscience et de penser par soi-même est admise. Mais oui !

    Ouf !

    Bon ben je continue alors.
    En tout cas, j’adore ce blog !

    Bonne continuation à tous,
    Lecteur

    • goliard dit :

      Merci pour ce commentaire…

      Oui, en fait, vous avez raison quelque part. LD aurait dû se contenter d’écrire un « roman historique »…
      Bien cordialement.

  • Rachel dit :

    Monsieur Blanc,

    vous n’avez rien contre les érudits locaux mais vous mettez un point d’honneur à souligner que L. Deutsch ne possède aucun diplôme d’histoire. Les diplômes ne font pas l’historien et ne garantissent ni les talents d’écriture ni la rigueur méthodologique et intellectuelle dont il faut faire preuve pour vulgariser l’histoire. La plupart des doctorants d’histoire sont plus occupés à faire la course aux publications dans des revues auto-financées avec comités de lecture qui promeuvent leurs potes qu’à faire de l’histoire.

    Qu’on reproche à l’auteur de Métronome d’avoir transmis sa vision -forcément partiale et subjective- de l’histoire parisienne passe encore, qu’on lui fasse un procès pour ne pas avancer masqué, c’est ridicule… Quant aux légendes religieuses, elles renseignent sur les représentations mentales et culturelles de l’époque et constituent donc une matière première à ne pas négliger.

    Passez votre thèse, essayer de trouver un véritable éditeur pour la publier (on oublie les éditeurs rue des écoles qui publient des millions de titres jamais distribués) et vous ferez avancer l’histoire, celle avec un grand H qui intéresse petits et grands.

  • Tapeton dit :

    ça y est j’ai enfin trouvé le sinistre « sachant », puceau de la vie et étudiant à la mentalité sodomite de drozophile épistémologique.

    D’habitude je reste économe de mon mépris au vu du grand nombre de nécessiteux, mais là pour vous j’ai ouvert les vannes de ma cuve spéciale, que cette part des anges vous arrive à votre olfactive cervelle d’étudiant attardé narcissique perdu dans son « Moi je » et qui n’a pas l’expérience de vie pour soutenir un savoir qu’on apprend pas forcément dans les écoles (elles-mêmes tenues par d’autres puceaux de la vie).
    Quand dans une société, les gens perdent leurs repères, que les livres d’Histoire enlèvent les hommes « bigger than life », qu’on vit dans une inculture crasse et permanente où l’ignorance tient lieu de modèle, l’humble Laurent Deutsh, plutôt que de nous bassiner avec une bio écrite par un nègre, nous fait partager sa vision subjective de CONTEUR et de TROUBADOUR de l’Histoire de France.

    Et nous la recevons avec bonheur car :
    - elle est orientée sur les stations de Métro (donc le choix idéologique et celui de Fulgence Bienvenüe, pas Deutsh)
    - c’est un passionné qui nous conte SON Histoire, il prend la place d’Homère narrant l’Odyssée, non celle d’Herodote.
    - Oui les légendes et les mythes dans un monde matérialiste anxiogène apportent une bouffée d’air frais qu’un « peine à jouir » comme vous ne peut saisir. Vive « Excalibur » de John Boorman, vive les légendes françaises ça fait plus BANDER qu’une chronologie de sous-préfecture.
    - dans une époque ou les jeunes ne s’occupent que de leurs vêtements et autres univers virtuels, les pousser à aller regarder vers l’Histoire de France QUELQUE SOIT LA MANIERE est forcément utile. Le travail de Laurent Deutsh est d’intérêt public.

    Quand à Droite on acculture les jeunes car cela fait de bons consommateurs pour le Marché et qu’à Gauche on les acculture aussi car le passé est jugé « réactionnaire » parce que ne partageant la Sainte Charte Progressiste de la dernière bulle Bobo, les poussant ainsi par ce jugement à se détacher des racines de ce pays, Laurent Deutsh remet un peu de ce que nos ancêtres se transmettaient oralement, mâtinés de magie et de surnaturel, remettant un peu de fées là ou le bitume a noyé la poésie des hommes (et créé des gens comme vous au passage, chose dont on se serait bien passé).

    Vous vous trompez d’ennemi, Jeune Homme. Gardez votre énergie pour votre travail à VOUS et la reconnaissance pour laquelle vous suintez de tous vos Pores, viendra.

    Merde à William Blanc pour l’éternité (et j’enverrais personnellement ma descendance salir votre tombe)

  • Alexis de Varengeville dit :

    Laurent Deutsch apprécierait certainement votre dévotion aveugle – qui manque toutefois un peu de dignité, tant elle est offerte sans réserve.

    Il serait, en revanche, certainement plus heureux encore si votre enthousiasme aveugle ne vous avait pas galvanisé au point d’être incapable d’orthographier convenablement son patronyme. Vous êtes touchant, dans le fond, comme ces gens modestes, dans les forums, qui viennent clamer leur amour pour « Nicolas Sarkosi » (sic).

    Je ne parle pas de la grammaire de notre belle langue française, le joyau de notre culture, envers laquelle votre commentaire gonflé de la suffisance de celui qui se regarde écrire, constitue une agression en bonne et due forme.

    Vous vous trompez d’ennemi, mon cher. Au lieu d’agresser William Blanc, prenez garde à ce que votre descendance maîtrise les rudiments d’orthographe nécessaires, plutôt que d’aller salir des tombes ; pour les trouver, il faudra certainement qu’elle sache lire couramment.

    Bref, comme dirait l’autre : « avec des amis pareils, nul besoin d’ennemi ».

    • goliard dit :

      Merci pour ce commentaire… vous avez raison, ce flot d’insultes vaut tout les arguments. Les thuriféraires de LD ne sont pas capable de répondre sur le fond.

      • oulipo dit :

        Mais il n’y a pas de fond, ne vous en déplaise!

        Résumé de l’histoire:

        En gros, LD écrit un livre qui, par rapport à la pâtée pour chats qu’on trouve dans les librairies (« pensées » des nègres de BHL, « Passe moi la salière » de Marc Lévy, « Tiens, voila le pot de moutarde » de Guillaume Musso…), s’en sort plutôt haut la main (et donc se vend).

        Ensuite, WB arrive devant LD, ne réussit pas à montrer sa « supériorité intellectuelle » en face à face sur un terrain qui est pourtant le sien (ce qui montre que LD a bien écrit son livre lui-même), et, tel le caniche accroché à sa pantoufle, insiste lourdement en mendiant son fameux débat, quart d’heure de gloire durant lequel « toute la France » pourrait se dire qu’en effet, il est meilleur que LD en histoire (l’inverse serait honteux pour vous).

        Fin du fond du problème.

        J’aurais plusieurs questions/remarques:

        -Etes vous certain de vouloir emprunter la voie universitaire car si vous êtes en mal de reconnaissance (en terme de nombre d’admirateurs et de rémunération, deux « biens » dont dispose LD, à votre grand damn), vous vous exposez à de sévères déconvenues (la star ac est plus rentable en terme de RoE!)?

        -Etes vous conscient qu’il vaut mieux se préoccuper un minimum des questions de communication avant de s’aventurer dans le débat public? Je vous dis cela car votre stratégie est calamiteuse. Personnellement, LD je m’en tamponne le coquillard mais avec une force que vous auriez du mal à imaginer. Vous sortez de nulle part avec un ton à la fois hautain et injurieux en ne représentant rien ni personne, et en prétendant faire la leçon aux deux millions de personne (une paille!) qui ont acheté le livre! Et vous semblez vous attendre à autre chose qu’à vous faire cracher à la gueule!!!

        -Quant à votre étonnement / indignation sur le fait que des livres plus raccoleurs mais moins sérieux se vendent mieux que des livres plus austères et exacts, on a envie de vous dire d’où sortez vous? En tant qu’historien, vous devriez savoir que les sophistes / rhêteurs l’ont à peu près toujours emporté sur les scientifiques, et ce depuis au moins -450 avant Jésus. Je vous trouve un tantinet présomptueux de vouloir inverser la tendance, avec vos petits doigts et votre clavier

        Bref, si vous n’êtes pas content, créez quelque chose au lieu de détruire (ou bien faites vous payer pour cela et rejoignez le cercle parasitaire de nos critiques nationaux). Et cessez de prendre l’histoire et le peuple en otage, cela nous évitera ce spectacle somme toute assez pénible à regarder.

        Un internaute qui n’avait pas d’avis sur la question avant de venir sur votre site (après avoir lu les articles de médiapart et d’@si), et qui n’a pas d’avis sur LD (je n’ai pas acheté son livre ni visionné ses reportages)

        • oulipo dit :

          PS: Et si vous voulez à tout prix insulter LD, faites le avec un peu d’élégance et d’originalité, parce que le traiter de merde, c’est assez cheap…

          • goliard dit :

            Dixit un type qui veut envoyer ses descendants pisser sur ma tombe. Tant mieux, ça aidera les fleurs à pousser ;-)

          • Babs dit :

            En tous cas cela confirme un vieil adage historique…
            Quand on marche dans la merde,on en attire les mouches.

    • Jacques dit :

      Certains se trompent sur l’orthographe du nom, d’autres sur des dates, cela est certes ennuyeux mais ne remet en rien en cause l’Histoire !

      Amusant votre petite citation à la fin, rien à voir avec le contexte car visiblement Tapeton, ou moi même ne nous revendiquons en rien les amis de « Goliard », cela n’est donc pas adapté ! Donc, soit vous souhaitiez absolument la placer dans un de vos post (une sorte de TOC), soit vous aviez fait un pari avec un ami -portant sur le fait de placer cette phrase ce jour-, soit c’est là la seule que vous connaissiez…. Biffez !

      LD est un très bon historien, capable de faire vivre les évènements, capable d’émettre des hypothèses tout à fait plausible, et enfin, capable de remettre en question les dogmes établis…. CQFD

  • oulipo dit :

    Permettez moi de vous signaler que Tapeton (que vous avez l’air de confondre avec moi afin de vous donner une contenance) n’a pas précisé de quelle façon il comptait salir votre tombe…
    Par ailleurs, en mettant « +2″ après son message, je signalais que j’étais d’accord avec la ligne générale de sa bafouille, pas avec tous les détails (par exemple, lui a acheté et semble avoir apprécié le livre de LD ce qui n’est pas mon cas. En ce qui me concerne, l’animosité qui m’a fait vous réecrire plus longuement n’a pas d’autre cause que l’indignité de votre comportement).

    PS: Par ailleurs, je regrette qu’un élu du front de gauche soit allé tremper dans cette mascarade au risque de faire une contre-publicité significative à ce parti.

  • grand nom de France dit :

    Autrement dit, vous déniez aux grands historiens contemporains qui ont traité de la révolution en critiquant la vulgate à la Mathiez et à la Michelet « la révolution est un bloc » et en actualisant les connaissances sur l’époque, comme le regretté François Furet (associate teacher à Ann Arbor University of Michigan, chez les « vilains yankees »), les Académiciens Pierre Nora (homme de gauche modérée et non pas royaliste soit dit en passant), Emmanuel Leroy-Ladurie, René Rémond, etc, toute pertinence et légitimité, ce qui me semble pour le moins culotté de la part d’un petit doctorand étudiant attardé surtout spécialiste du bloc

  • grand nom de France dit :

    age de fac et du coup de poing à l’encontre de la minorité désirant étudier, en bon garde rouge (« jeune garde, jeune garde », cette chanson révolutionnaire beuglée par les fils à papa pseudo-maoistes je l’ai entendue dans les années qui suivaient 68) comme à Tolbiac durant les manifestations contre le CPE.Descendez de votre piédestal « populaire » mon cher, un peu moins d’Hubris ne vous ferait pas de mal!
    En outre j’adore les arguments des gens comme vous et vos amis du Front de Gauche quand ils prétendent ne pas être communistes et si peu marxistes, au moins en 68 ces fils et filles de grands bourgeois partisans de la révolution prolétarienne mondiale n’avaient pas ces pudeurs de chaisière de St Nicolas du Chardonnet, ils se proclamaient fièrement marxistes léninistes! mais la nouvelle gauche radicale reflète bien notre époque cauteleuse où les valeurs petites bourgeoises triomphent et où même les pédés veulent se marier (en attendant les curetons)
    Guy Hocquengem doit se retourner dans sa tombe! le C de PCF ne signifie donc plus rien, pourquoi ce parti n’a-t-il pas changé de nom, alors ? ah oui parce que l’on veut « tendre vers un idéal », idéal que ni l’URSS, ni la Chine, ni la Corée du Nord, ni le Cuba n’ont atteint, mais que la France évidemment réalisera un jour (« cocorico ») en fonction de nos gènes révolutionnaires qui nous placent si loin au dessus des autres pays évidemment (à peine xénophobe comme façon de penser soi dit en passant).
    Dernière réflexion, d’un habitant du 12éme arrondissement, donc en tant que citoyen directement concerné par cette polémique : je connais mon arrondissement , j’y vis. Et ce que je constate , et qui est trés frappant, c’est l’hégémonie du Front de Gauche et des organisations de gauche (syndicats, assocs), dont l’affichage parsème l’espace public. Ceux qui pensent differemment n’ont pas de place dans l’espace public du 12 éme (par ailleurs d’une crasse digne d’un pays du tiers monde, l’un ne va pas sans l’autre, je pense); c’est exactement comme celà dans les pays totalitaires, nous y sommes déjà dans cette « Fronce » de 2012, et rassurez vous, le succès de Métronome , sera bien insuffisant pour renverser cette Bastille…

    • Jacques dit :

      +1

      je serai moins pessimiste, le succès de Métronome et un indice parmi d’autres d’un certain réveil des consciences. Le chemin est encore long, mais nombreux sont ceux qui ont pris la route, en silence, contrairement aux milliers d’affiches et à la place du PCF dans les médias…

      PS : bien que sans rapport avec le sujet, j’aime bien votre passage sur « les valeurs petites bourgeoises triomphent et où même les pédés veulent se marier… », on atteint là un des point bas de la négation de l’espèce humaine et du refus des principes universelles qui régissent le fonctionnement de la vie… Bref, allons y, de toutes les façons se sont les enfants qui vont « morfler », mais cela ne semble pas inquiéter les Bobos et autres ex-post-neo-communistes….

      Résistance.

    • Damned dit :

      « Tu n es pas pur [Grand Nom de France], tu cherches à [nous] détruire car [nous ne sommes] pas au service de ta chapelle, reste dans les limbes de la toile Capeluche ».(sic)

      Rassure-toi mon garçon, ceci était un conseil de LD. Personne d’autre ici n’a la prétention d’être pur. Tu pourrais au moins suivre les directives de ton maître spirituel avant de venir partager avec nous tes couleuvres -ce sont même des vipères, je crois, étant donné la concentration de venin contenue dans tes interventions.

      Ensuite, essaie de t’informer un peu sur la culture des personnes que tu critiques avant de plonger dans l’arène, tu paraîtrais moins ridicule.
      Car, oui, on peut soutenir le front de gauche sans être ni marxiste, ni communiste (Cf. parti de gauche par exemple.) Pour cela, il suffit d’être contre la dictature du prolétariat ou un peu écologiste pour faire simple (car Marx, sans la développer et on le comprend aux vues de la quantité de travail qu’il avait à accomplir, n’était pas dépourvu de sensibilité écologique ; n’oublions pas qu’il était avant tout philosophe… ce dont les communistes n’ont pas toujours conscience.) On peut aussi être marxiste, sans être communiste : pour cela il suffit de considérer que les tentatives de communismes menées par l’URSS, la Chine, Cuba… ont toutes travesti le travail de Marx en ne prenant dedans que ce qui les arrangeait… et que, par conséquent, Marx n’a rien à voir avec tout ce qui y a été fait.
      Et pour finir, on peut encore être communiste sans être marxiste, pour cela il suffit d’être léniniste, stalinien (il n’y en a pas beaucoup), trotskiste, castriste, guevariste ou que sais-je encore ?

      Là-dedans, les Marxistes-léniniste forment encore un autre groupe, qui considère que le seul à avoir proposé réellement une application viable et respectueuse du travail de Marx était Lénine, le terme « Marxiste-léniniste » ayant, par essence, l’honnêteté de reconnaître quand même les libertés qu’avait pu prendre Lénine à l’endroit de Marx. (notamment le fait d’appliquer une méthode dans un pays où l’inventeur de la méthode lui-même, Marx, avait prévenu que les conditions n’étaient pas réunies pour que cela fonctionne… Bref. (rassure-toi, je ne suis pas non plus Marxiste-léniniste).

      Tout ça pour te prévenir : on peut critiquer n’importe qui, avec les idées que l’on souhaite, mais cela demande malgré tout de connaître un minimum l’adversaire. Sinon, on fait comme toi : on passe vraiment pour la dernière des buses !!!

      • Damned dit :

        PS : Et l’homophobie pourrait éventuellement être gardée pour soi, ça ne nuirait en rien à la (qualité ?) de vos interventions. Sans être homosexuel moi-même, ça me fait bien gerber.

        • goliard dit :

          +1. Mais ça en dit long sur une partie des fans de Lorànt Deutsch.

        • Jacques dit :

          Personnellement, ce sont ceux qui acceptent le mariage des pédés et par ce biais l’adoption qui me font gerber…

          Si vous trouvez cela normal, allez consulter. Remarquez, pour des gars du FdG c’est la même chose, la culture de la non-vie, la culture de mort.

          Il y a eu, il y a et il y aura toujours des pédés, mais ils commencent a un peu trop la « ramener » depuis quelques années. Les gens normaux les tolèrent, il ne faudrait pas qu’ils poussent trop.

          Pensez-vous qu’un enfant sera heureux avec 2 tuteurs… Un gosse sans mère ou sans père. ben oui, c’est équilibré ! S’avez vous qu’il y a 15 fois plus de couples homos qu’hetéro qui portent plainte (ou main courante) pour des actes de blessures conjugales (cf. données libres sur les stats police / gendarmerie)…

          Je ne souhaite à aucun enfant du monde de se retrouver dans un tel « couple » de taré….

          Enfin, puisque le leitmotiv de cette connerie est « puisqu’ils s’aiment », la prochaine étape c’est quoi ? La légalisation de la pédophilie, de la zoophilie,…. Eux aussi ils s’aiment…

          Allons, allons, nos ancêtres savaient ce qu’ils faisaient…

          signé Jacques : jcathelin85@gmail.com

      • Jacques dit :

        Ah ben oui, « on est con ! ». En fait personne n’avait rien compris aux Marxistes, Communistes, et autres abrutis du même genre. En fait, tous les pays qui se sont essayés à ces principes de morts se sont trompés… :o)

        Qui traitez-vous de « buse » cher Damned, pardon, qui ???

        Heureusement que vous êtes là !

        Pauvre d’esprit, allez donc passer 1 semaine de vacance en Corée du Nord et on en reparle…

        On peut être FdG sans être Communsites, ben voyons… Même idées, mêmes couleurs, même odeurs, mêmes conneries, mais pas la même chose…. C’est du « CanadaDry »….

        Me dite pas que vous pensez ce que vous ecrivez… Si ! Alors c’est grave docteur.

        FdG=Communistes=Marxistes=Lenninistes=Nazismes= des millions de morts au nom d’un idéal complètement loufoque….

  • grand nom de France dit :

    au fait j’ai oublié dans ma contribution (« autant » et non « au temps » pour moi) de mentionner l’essai magistral de Régine Pernoud qui, dans son « finir avec le moyen âge » avait brillamment déconstruit la légende noire de cette période de l’Histoire et montré tout l’aspect positif de l’époque médiévale, mon petit doigt me dit que LD a dû s’inspirer des travaux de RP.
    Par ailleurs, le post de Damned, qui se complait à énumérer les diverses chapelles proto-marxistes ou pst marxistes (dont le PG, plus ou moins mâtiné d’idéologie altermondialiste saupoudré d’ »indignation » hesselienne, c’est trés fashion surtout dans certains dîners mondains) est révélateur de la suffisance des détenteurs autoproclamés de la culture marxiste, il me rappelle les dialogues ubuesques quej’eus dans les années 70 avec certains militants de la Gauche prolétarienne provenant de milieux huppés
    - Moi : « tes parents ont 4 résidences secondaires, tu vis dans un hôtel particulier , tu as une Porsche, ne trouves tu pas qu’il y a une contradiction entre ton mode de vie et ton engagement politique? »
    - le fils de grands bourgeois : « d’abord as tu lu l’Histoire du PC Soviétique en 3 tomes (le « PC Behr »? »)
    - j’avoue que non
    - alors d’où parles tu ? de ta position de petit bourgeois lecteur du Monde ?
    - …..
    - il faut comprendre que le prolétariat a besoin de dirigeants et que c’est tout naturellement que ceux ci proviennent des classes privilégiées car ce sont les mieux formés , les plus cultivés, les plus à même de les guider sur la voie de la Révolution , comme le dit Mao Tsé Toung dans son essai « de la Contradiction »
    - je te ferais prosaïquement remarquer que la nature humaine étant ce qu’elle est , certains camarades la trouveront peut être mauvaise qu’étant donné tes idées tu ne prêches pas par l’exemple
    - (me regardant comme si j’avai s »lâché une perle » : QUOI? LA NATURE HUMAINE? sais tu que tu viens de me sortir le concept le plus rance de l’idéologie bourgeoise réactionnaire ? hahahahaha! (s’ensuivit une série d’injures peu amènes à mon égard)
    DIALOGUE AUTHENTIQUE
    C’est à la suite d’un certain nombre de confrontations avec les thuriféraires de la pensée marxiste et de ses avatars
    au cours de cette décennie des années 70 que j’ai renoncé (malgré ma bonne volonté initiale, car c’était -et çà l’est encore probablement- payant en terme de « surface sociale « , de respectabilité, voire de prestige auprès de certaines nanas) à rallier « le camp du Bien » et que j’ai, à ma grande honte, progressivement dérivé vers la droite.

    • Jacques dit :

      +1

    • Damned dit :

      Je suis au dessous des minimas sociaux, pour info. D’autres, non (j’espère que c’est pas ta caisse en photo, là, avec le discours que tu tiens ?). Ou bien fais-tu parti de ces cuistres bariolés qui reprochent aux autres d’être ce qu’ils sont eux-mêmes ? (bariolés, c’est une référence au bouffon…)

      Ensuite, je descends certes d’une famille bourgeoise, mais que j’ai en grande partie envoyée pêtre, un peu comme je vais m’autoriser le plaisir de le faire à présent avec toi.

      La nature humaine, je peux en parler, aucun souci (je m’intéresse à la psychanalyse, à la poésie, à la philosophie) même si c’est devenu tout à fait inutile avec toi (Desproges le disait face à Le Pen : si on peut rire de tout, peut-on rire avec tout le monde ? « . [réponse : NON].) Il en va visiblement de même pour philosopher ! Je ne le ferais donc que pour te dire ceci : vois-tu, n’étant pas d’un NATUREL optimiste, je serai même d’accord avec toi pour dire que la nature humaine n’est pas très flatteuse. Est-ce une raison suffisante pour se vautrer lamentablement dans une homophobie patente, contenir entre ses deux cuisses constipées (visiblement les perles passent toujours) son racisme (fascisme ? -car ce n’est la même chose non plus…) primaire ? (si c’n’est toi, c’est donc ton frère -Jacques, pour les intimes !)

      Ah ! Et, puisque nous en sommes aux confidences, sache que j’ai connu pendant quelques années les foyés de réinsertion (non, non, pas en tant qu’éduc spé, tu me suis ?). Donc, la misère en France, sans y être né, je pense la connaitre un peu, et au moins l’avoir côtoyée de près, avoir vécu un temps auprès d’elle… bref. Tes jugements de bac à sable (car ça ne vaut pas plus en termes d’âge mental), beaucoup ici s’en passeraient volontiers. Je ne suis pas non plus militant. Epatant, non ?

       » j’ai renoncé (malgré ma bonne volonté initiale, car c’était -et çà l’est encore probablement-payant en terme de « surface sociale « , de respectabilité, voire de prestige auprès de certaines nanas) à rallier « le camp du Bien » » dis-tu ?
      T’appelles ça de la « bonne volonté » ? J’appelle ça de la manipulation, de la couardise, et si à ton âge (tu parles des années 70) tu n’as toujours pas confiance en toi (je comprendrais en même temps…), personne ne peut de toute façon plus rien, à cette heure. Ou alors, serai-ce l’image que les autres ont de toi qui te démanges tant ? Triste sort -sur lequel tu comprendras que je ne chiale pas trop.

      « le camp du Bien » dis-tu encore, avec un B majuscule comme dans BÊÊÊÊÊÊ (rke) ! Depuis la fin des années 1900 et la publication de Par Delà le Bien et le Mal de Nietszche (en fait bien plus tôt car Rousseau y pensait déjà, et probablement d’autres avant lui), certains réfléchissent aux moyens de sortir de cette vision bipolaire du monde (Biiiien !!! Pas biiiien ! Ca te rappelles rien ?). Il faut croire qu’avec d’autres, il faille recommencer sans cesse et qu’on soit pas au bout de nos peines !

      Enfin, « j’ai, à ma grande honte, progressivement dérivé vers la droite. » ajoutes-tu. Ca t’étonnes si je te dis qu’il n’y a absolument aucune honte à avoir à être de droite ? Par contre, on peut avoir honte d’être un pauvre pantin (passer de gauche à droite et vice versa, un pinnochio, parce qu’alors c’est l’une des deux parties de ta vie que tu trahis -à l’exception de victimes d’une remise en question sincère, brutale et profonde, mais ton discours n’indique pas ça… le flaire… et mentalité manipulatrice n’est pas compatible…). On peut avoir honte aussi dans le cas suivant : dériver non pas à droite, mais à l’extrême de la droite. Pas besoin de dessin. Et à toi de choisir !

      Bon, je t’ai consacré déjà trop de temps (c’est si précieux, surtout quand il est libre !) et d’énergie.

      Et tous mes plus sincères remerciements à Oulipo pour ses points distribués qui auront su créer fort moment de rire pendant la rédaction du post !

      Merci.

  • grand nom de France dit :

    Et je n’ai pas évoqué (et je vais le faire, car c’est révélateur d’un certain état d’esprit dans les années 70 qui allait bien au delà des milieux de l’ultragauche) l’exclamation indignée d’un intellectuel de gôche proche des socialistes et des Verts à l’époque qui me traita de « fasciste » lorsque je lui dit que j’approuvait la politique de fermeté du chancelier social démocrate allemand Helmut Schmidt face à la sinistre RAF ou « bande à Baader »….

    • Babs dit :

      En fait on est pas dans un blog sur l’histoire…Non..Non
      On est dans un blog sur l’histoire de « grand nom de France »,qui est dégouté,un peu parano -tous des rouges que j’vous dis- et sacrement mégalo (il pense que ça interesse quelqu’un!!)

      Et dire qu’on consomme de la mémoire pour ça….

  • Jacques dit :

    Effectivement ça dérive, de LD à Paris on arrive à traiter des communistes et d’une façon générale du Fdg (c’est la même chose). Mais d’un autre coté, ils (les cocos) ont ouverts les « vannes »… :o) Qui sème le vent…

    Bref, ni droite, ni gauche, système qui en 100 ans a créé une fracture énorme dans le pays où il n’y a plus d’unité : un retour à la Monarchie est urgent, Vive le Roy.

    Allez, j’arrête là, je pars en vacances plusieurs mois (c’est l’avantage d’être un gros capitaliste… :o) ) et je ne reviendrais pas sur ce blog où les gauchos de la « dernière heure » essayent péniblement de retenir leur digue qui s’effondre….

  • Damned dit :

    Je m’excuse auprès de vous tous pour mon intervention colérique et HS (puisque nous parlions de Deutsch, et à travers lui, d’histoire). Merci à Babs de nous le rappeler.

    Cependant, je ne la renie pas : il y’a des limites à ce que je peux entendre, et si nos deux compères pouvaient aller converser sur d’autres blogs, ou skype s’ils s’entendent si bien, je suis de ceux qui s’en réjouiraient.

    Ne nous laissons pas abattre, les débats étaient dans l’ensemble riches et animés jusqu’à présent. J’y ai appris beaucoup de choses et je vous en remercie.

    (PS : bien sûr, c’est le début des années 1900 et non la fin, foyer s’écrit bien avec un r comme dans raviolis et c’est UN fort moment de rire qu’Oulipo a provoqué…)

  • Fabien dit :

    Purée, j’ai tout lu de ces échanges,Et ça commençait pas mal.

    J’ai lu « Métronome », je l’ai apprécié. J’ai vu l’adaptation télé, j’ai été déçu car trop raccourci à mon goût.
    Et puis j’ai eu connaissance de la controverse hier soir lors d’une discussion entre amis férus de modération dans les propos. Et je viens, il y a quelques dizaines de minutes de lire l’article et les échanges de cette page internet.
    Ca m’a vivement intéressé, enfin avant que les échanges ne dérivent sur le politique voire le nauséabond, et ne tombent dans les travers (à mon goût) des échanges entres supporters de foot sur les forums sportifs. C’est vraiment l’impression que j’ai eue, désolé.

    Un terme me semble assez juste sur l’œuvre de Lorànt Deutsch (je ne le connais pas, donc LD ou tout surnom, je m’abstiens), conteur, voire troubadour. Bon certains propos injurieux dans le post ayant usé de ces qualificatifs ont failli me faire passer à côté, c’est dommage.

    Le livre n’a pas été présenté ainsi lors de sa promotion, récit d’un conteur d’histoire, là est peut-être le « fond » du problème ?
    Relever les erreurs du livre, ça ça m’intéresse. Féru de romans historiques (Jean d’Aillon par exemple), j’aime approfondir le contexte historique (en allant plus loin que la 1ère page de recherche de google). Après en faire une sorte de diatribe m’intéresse moins. C’est sans doute pour ça que ce que j’ai préféré a été le relevé des erreurs factuelles (sic), et moins le titre et le ton goguenard (moins pire que l’usage de surnom) utilisés parfois.

    Ceux qui s’arrêtent au livre et s’en servent de « référence historique » ont-ils réellement une réflexion (et un intérêt) sur la part d’idéologie royaliste ? Ou prennent-ils le livre juste comme une chronologie de l’histoire de France un peu différente de ce qu’ils pourraient lire habituellement ? Devraient-ils être considérés de manière condescendante pour autant ? Et si en Master le livre est cité par les étudiants, la controverse n’en pourra être que plus factuelle entre universitaires, profs ou étudiants. Mais le problème vient-il du livre ?

    Les œuvres que nous lisons sont celles que nous trouvons à lire, et dans lesquelles nous y trouvons notre place. Ne me traitez pas de simple consommateur, je vous en prie. L’histoire n’est pas forcément l’unique centre d’intérêt, mais ptet un parmi d’autres. Le raccourci serait donc sinon coupable du moins restrictif (beh oui pour un raccourci, logique). Car les livres dans lesquels on entre, communs des lecteurs, sont peut-être sans doute justement des raccourcis, avec les oublis et erreurs qu’ils véhiculent…

    Alors le livre est loin d’être parfait, il a surtout eu un marketing très fort et sans doute pas cohérent avec le contenu, mais de là à le mettre à l’index, ça serait un comble d’une part, et exagéré d’autre part… enfin je crois

    (Et j’ai lu tout l’article, promis)

    • goliard dit :

      Bonsoir,

      Merci pour ce commentaire. Pas de soucis, je vous crois, vous avez le ton de quelqu’un qui a lu l’article et qui veut en parler de manière posée ;-).
      Juste une précision, personne ne veut mettre le livre de LD à l’index (voir cet article). Nous voulons juste dire ce que c’est : un livre de fiction (basé sur quelques faits historiques) réactivant un roman national héroïque et identitaire, a contrario d’une histoire rationnelle (basée sur l’étude des sources) et critique. Après, à chacun de suivre son chemin…
      Bien à vous

      WB

  • Fabien dit :

    L’allusion à l’index était évidemment doucement provocatrice. J’aime bien débattre et creuser, mais que dans un climat serein, et tu réponds sur le même ton,on dirait

    C’est un livre de découverte dont la trame historique a laissé une part de conte héroïque, mais qui donne une idée globale de l’histoire de Paris et de la France par des stations de métro ?
    Car la part historique du livre ne se résume quand même pas à du « quelques »…. J’ai poussé mémé dans les orties, elle n’a pas aimé…
    La trame historique est présente et avérée, c’est sur le reste qu’il y a un désaccord, non ? De la pondération nait un semblant de réalité ?

    (William Je me permets le tutoiement car je ne compte pas crier au loup et hurler à aux extrémismes. C’est moins solennel ou moins méprisant, suivant le ton employé)

  • Fabien dit :

    Je ne pense pas que ce livre ait été écrit à des fins identitaires, ou politiques. Ca n’est que mon avis donc la valeur est bien faible.
    Et je ne pense pas pour l’écriture de ce livre qu’ils aient fait google. Il y a un travail derrière, qui ne doit pas être dénigré non plus.

    J’ai comme l’impression qu’il y a un juste milieu, mais qui n’est jamais productif dans un débat car il apaise au lieu de relancer, dans tout ça. Un aspect écriture, ptet un orientée et certainement manquant de rigueur quelquefois, et un aspect édition et promotion où là évidemment c’est boule de feu.
    Ne pas tout effacer, juste rectifier, et surtout virer la politique de tout ça… L’histoire est suffisamment travestie pour en ajouter les joutes politico-identitaire dont ont fait preuve les posts de ces derniers jours.

    Mais ça n’est que mon avis….
    (et gardons nous la bassesse du « c’est ton avis beh garde le », ça préservera la bande passante du site, et ça n’apportera que peu de choses à l’auteur… hihihi)

    • Damned dit :

      J’ai regardé, par souci d’honnêteté, les parties 2 et 3 du documentaire de LD (je n’ai malheureusement pas pu visionner les parties 1 et 4, si quelqu’un, à ce propos, connaît un lien autre que dailymotion, je suis preneur) que j’ai finalement trouvé bien plus intéressant que ce à quoi je m’attendais. Je serais donc d’accord avec vous, Fabien (je préfèrerais vous tutoyer mais comme je n’ai aucune confirmation sur le fait d’être inclus ou non dans les dérives politiques, ce que je comprendrais, je me dois de rester prudent), pour dire que le vrai problème de fond qui persiste concerne les inexactitudes disséminées dans le propos, et par conséquent la présentation du livre lors de sa promotion.

      Je suis toujours d’accord avec vous lorsque vous regrettez le contenu trop politique du débat (je l’ai moi-même déploré dans mon post à Goliard sur l’article « Lorànt Deutsch Louvre trop »). Malheureusement, il a sa légitimité, étant donné que les articles de WB contiennent un fond politique et que la polémique autour du livre a repris de l’ampleur après l’intervention du FdG que, malgré ma sensibilité, je déplore également (déjà expliqué dans mes posts précédents).

      Ceci dit, fabien, vous faites la preuve que l’on peut brillamment relancer un débat sur un ton serein (sic) et respectueux. Votre point de vue nuancé souligne une intelligence certaine, sans doute pas étrangère à votre réussite.

      Le juste milieu est un Graal plus qu’honorable –à ne pas confondre avec la demi-mesure.

      J’ajoute en guise de digestif qu’effectivement le foot est un sport que j’apprécie particulièrement –ce qui montre qu’en plus d’être fin d’esprit, vous êtes aussi très perspicace–, à l’instar d’Albert Camus, ce qui explique que je ne m’offusque aucunement (au contraire) l’allusion. Tous les supporters de foot ne sont cependant pas des veaux, je pourrais vous en présenter quelques uns, réfléchis, plus calmes que moi de nature, qui vous étonneraient probablement.

      Et enfin, à l’endroit de ceux qui souhaiteraient s’enquérir en musique de mes intentions concernant les pendules que j’ai remises à l’heure : http://www.youtube.com/watch?v=DiUENsv59sY

  • David dit :

    Bonjour,

    Je me permets une petite réaction d’un novice en histoire et je rejoins complètement l’avis de Fabien. Je n’ai pas du tout ressenti, à la lecture de Métronome, une quelconque volonté politique dans tout ça. J’ai même du mal à comprendre pourquoi un parti politique essaye d’en faire tout un plat.
    Je ne m’attarderai pas non plus sur les digressions de grand nom de France et de Jacques qui m’ont donné la gerbe.
    Pardonnons à LD les quelques erreurs historiques et félicitons-le pour avoir écrit un roman historique accessible au plus grand nombre. Je pense qu’il n’avait pas d’autres prétentions que celles-là.
    Cdlt.

    • goliard dit :

      Merci pour ce commentaire,
      Hélas si… LD prétend faire de l’histoire (voir page 10 de son Métronome). La preuve, au lieu de répondre à nos attaque en disant « Ah, mais je fais un roman historique » (au passage, on peut aussi critiquer des roman historique. Voir ce que le site Histoire pour tous a écrit sur Inquisitio), il ne cesse de clamer bien haut que ce qu’il dit est authentique. Que nenni, il invente bel et bien, et pour des raisons idéologiques (voir ses interventions sur des sites royalistes qui se passent de commentaires. Voir aussi cet article : http://www.goliards.fr/goliardises-2/la-revolution-version-deutsch-ou-lhistoire-yop/)
      D’ailleurs, il n’est pas innocent qu’il ait des soutiens comme ceux qui écrivent sur notre blog. Je ne dis pas que LD partage toutes leurs opinions, mais que le type d’Histoire qu’écrit LD (fable héroïque maquillée en histoire) leur convient parfaitement.
      Sur le versant politique de l’affaire, sur lequel je ne m’exprimerai pas, je crois qu’Alexis Corbière vient de pondre un texte explicatif dans le NouvelObs+
      Bien amicalement.

      WB

  • Damned dit :

    Voilà enfin venu le moment d’écrire, sauf accident, et pour le (bien ?) du plus grand nombre, ce qui devrait être ma dernière bafouille (merci [encore] à Oulipo pour ce terme, qui convient à merveille).

    L’objet de celle-ci est l’émission de radio, L’offensive des historiens de garde, que je viens d’écouter à l’instant. C’était dans l’ensemble intéressant, même si je préfère vos articles, plus précis et plus ludiques…

    Néanmoins, juste avant la 7ème minute de la seconde partie, vous semblez vous étonner que des personnes, même si elles ne soutiennent pas l’idéologie (sous-jacente ?) de Métronome, puissent cependant avouer que « si l’histoire avait été [enseignée] comme ça à l’école, [ils] aurai[ent] aimé l’histoire »(sic).

    Eh bien… oui ! Car, sans nécessairement le partager à l’égard de ce livre, je comprends parfaitement ce sentiment, dans le sens pédagogique ou, mot que personnellement je préfère, ludique, du problème.

    En effet, si l’on considère qu’une pédagogie efficace s’appuie toujours sur le quotidien des gens, sur ce qu’ils connaissent, ce qu’ils apprécient ou, pour résumer, sur leurs centres d’intérêts immédiats, afin de développer ensuite, force est de reconnaître que le principe sur lequel se fonde l’ouvrage de LD (à savoir partir de stations de métro, ou de vestiges encore présents dans la ville pour raconter (son ?) histoire de Paris) est très pertinent. C’est en cela, je crois, que son travail reste difficilement attaquable, du moins de manière frontale. Il me semble d’ailleurs que c’est principalement sur ce terrain-là, au niveau du fond, que la défense s’appuie pour discréditer vos critiques.

    Il est donc regrettable, je pense, qu’un réel dialogue n’ai pas pu avoir lieu entre les deux partis, je parle d’un dialogue non médiatique et sincère, je dirais même plus, un échange, au terme duquel LD aurait éventuellement pu écouter vos remarques d’experts pour améliorer son livre, et vous reconnaître que vous auriez pu apprendre de lui en terme de pédagogie.

    Mais cessons les divagations. Les choses étant ce qu’elles sont, je pense néanmoins que vos critiques gagneraient en audience si elles contenaient un peu moins de contenu sur, par exemple, la couleur royaliste de l’interprétation dont beaucoup se fichent (sachant que tous les royalistes ne sont pas si primaires que les deux qui traînèrent ici), et un peu plus d’acceptation envers certaines qualités inhérentes à l’ouvrage, comme celle que je viens d’évoquer. (je crois pouvoir dire qu’Oulipo, David, Fabien… seraient en partie d’accord avec ce propos ; qu’ils n’hésitent pas à me reprendre si je me trompe, personne n’étant immunisé contre l’erreur… moi le premier !).

    Sur ce, je vous souhaite une bonne fin d’été à tous.

  • Fabien dit :

    Damned I agree…
    Pour ce qui est de la mise à l’index William ça n’était qu’un pouce de provocation majeure.
    L’idée d’un dialogue off aurait été une bonne idée, mais était-ce possible ?

    J’aime bien ces derniers échanges qui sont plus posés, qui sont quand même sur le fond, enfin je crois.

    Et j’imagine un tel livre comme support d’enseignement quand dans le village l’instituteur s’opposait au curé. C’est évidemment très cliché, mais on peut parler légèrement du sujet quand on en parle en parallèle sérieusement.

    En fait on a une équation bien complexe : un texte écrit (sur une idée géniale je crois, pour preuve j’ai essayé un travail similaire à mon humble niveau sur Bordeaux, c’est dire si j’aime l’idée), sa

    • goliard dit :

      Pas si géniale que cela, l’idée, vu que d’autres l’ont eu avant lui (voir notamment chez Parigramme).

      • Damned dit :

        C’est une blague ? Cela signifierait-il que le fait de n’être pas à l’origine d’une idée la rendrait mauvaise ? Je n’ose croire que ce propos soit sérieux Goliard. Pourriez-vous m’éclairer à son sujet ?

        (Ce qui ne signifie pas que je soit contre la défense des précurseurs, bien au contraire, à la condition que l’on soit sûr de son coup. Il est trop souvent si difficile de savoir précisément d’où vient une idée. Pour l’historien que vous êtes, cela devrait être une lapalissade !)

        • goliard dit :

          Je n’ai pas dit que c’était une mauvaise idée. Je disait juste qu’il ne s’agit pas d’un « coup de génie » (qui d’ailleurs n’existe quasiment pas en histoire, vu que les idées sont souvent le fruit d’un travail collectif ;-)

          • Damned dit :

            Là, d’accord.
            (Ehm…, je trouve pas les smileys sur ce truc, quel noob !)

          • Fabien dit :

            Il est interdit d’employer le terme « génie » même quand dans son contexte il y a une pondération naturelle ? « une idée géniale je crois, pour preuve je me suis essayé à un travail similaire »
            il faut tout lire et ne pas ponctionner simplement un bout de phrase, un mot, mais j’ai l’impression d’imiter là un goliard.. Mais je suis sans doute allé trop loin dans le degré, mea culpa.

            Je me suis employé à dupliquer l’idée d’illustrer une ville par ses transports pour Bordeaux, parce que l’idée m’a plu. Parce que j’y ai vu une bonne idée (« bonne », est-ce que ça sera contesté ?). J’y ai vu la difficulté du coup, jusqu’à voir que ça avait été écrit, il n’y a pas longtemps. C’est dire que ça n’est pas con comme idée.

          • Oss girl dit :

            @Fabien : Ben moi, une idée que tout le monde a, j’appelle ça un « lieu commun », pas une idée géniale. Désolée, j’ai pas pu m’empêcher. ;-)

  • Fabien dit :

    Mauvaise manip… Je poursuis

    En fait on a une équation bien complexe :
    un texte écrit (sur une idée géniale je crois, pour preuve je me suis essayé à un travail similaire à mon humble niveau sur Bordeaux, c’est dire si j’aime l’idée), avec un prisme dû à ses convictions.
    Un marketing qui se met en place, parce que l’auteur est connu, « bankable », brillant sur les plateaux télé. Dan Brown avait vendu (ou on lui avait fait vendre) son « Da Vinci code » comme vrai dans le contexte historique et religieux, alors qu’il y a un grand écart entre réalité et foutaise, concernant le prieuré de Sion, et une polémique en a suivi, évidemment.
    Des déclarations politiques qui jettent un trouble sur le fond. Et qui en effet ouvrent à l’objectivité de l’oeuvre.
    Une contestation qui du coup s’est politisée.
    Et des contestations historiques avérées, qui ont été diluées un peu dans tout le reste

    Lecteur furieux, amateur d’histoire, apolitique, voilà ma petite équation…

  • Damned dit :

    Quant à moi, je ne résiste pas à vous faire partager ce post, plus pour la vocation d’éducation populaire du site que réellement pour vos qualités d’historiens, post que je ne considère pas comme une perle cette fois-ci mais plutôt comme un joyau et consultable à la suite de l’article de M.Corbière pour le Nouvel OBS+, sur lequel nous renvoyait précédemment Goliard (pour ceux qui ont suivi) :

    « Allons, allons, pas d’agressivité. M. Corbière est membre du parti de gauche (une des composantes du front de gauche), issu d’une scission avec le PS, ce qui ne correspond pas à l’extrême-gauche.
    L’extrême-gauche, en France, c’est lutte ouvrière et le NPA.
    Le Front de Gauche comprend entre autre le parti de gauche et le parti communiste qui a toujours été un parti républicain. De Gaulle reconnaissait aux communistes un certain sens de l’Etat.
    En fait, à certains égards, le Front de Gauche représente mieux que le parti socialiste, la gauche historique et issu du monde ouvrier.
    Signé : un gaulliste raisonnable. »(sic)

    Pour montrer à tous ceux qui en douteraient encore qu’on peut avoir des échanges constructifs, intelligents et respectueux, malgré le contenu politique d’un débat et des sensibilités différentes. Mais… deviendrai-je soudain Gaulliste ? Non. (Heureusement que M. Chirac est déjà passé par-là pour m’en dissuader !)

  • Damned dit :

    Méditez donc cette phrase :

    « Faire de l’Histoire, c’est raconter des histoires. »

    Jean-Yves Jouannais, Des Mots de Minuit du 11 octobre.

    Perso, je la trouve magnifique et il n’y a rien à ajouter.

    • goliard dit :

      Jouannais n’est pas historien et n’a écrit aucun livre d’histoire. Je veux bien qu’il dise ça, mais il parlait de quoi en fait, et dans quel contexte ? Si écrire de l’Histoire n’est que raconter des histoire, donc des fictions, cela veut dire qu’on peut raconter n’importe quoi sur le passé.

  • Damned dit :

    Le propos de M. Jouannais et le contexte importent peu à mon sens, mais vous pouvez vous en enquérir auprès de l’émission que je mentionnais, je la recommande toujours…

    Ceci dit, M. Jouannais n’est pas historien, il le dit lui-même, en effet. Ce qui implique probablement que vous puissiez éprouver quelque difficulté à percevoir toute la portée de cette phrase à l’apparence naïve, presque bête, qui me touche si profondément. Parce qu’elle émane d’une sorte d’intelligence que je connais bien, littéraire, qui est souvent scientifiquement illogique, et que je voulais partager avec vous. C’est mon territoire. Les marais. L’histoire d’un coup de foudre. Mon histoire.
    « Faire de l’Histoire, c’est raconter des histoires »

    Tout d’abord, la façon de tirer la quintessence d’une phrase simple, pour peu quelle soit profonde comme celle-ci, de la presser comme une mamelle ou comme n’importe quelle autre chose que l’on presse, est d’en extirper tous les sens. Plus les sens qu’on en obtient simultanément son variés et cohérents, plus on peut en déduire que la phrase était riche en elle-même.

    « Raconter des histoires », donc. Peut être pris comme : « raconter des bobards ». Inutile de le nier. Impression accentuée encore par la respiration suivant l’Histoire avec un grand H, la discipline, la recherche historique, censée s’abaisser douloureusement ici jusqu’aux histoires avec un petit h, multiples, simples, humbles, des fictions… ou romans historiques. Oui, mais si l’on ne comprend que cela, et seulement cela, en terme d’oppositions qui-plus-est, l’on n’a rien compris du tout (ou alors, ce n’est pas très flatteur pour M. Jouannais, que j’ai trouvé bien plus éveillé que Deutsch au passage, malgré son âge avancé…) ! C’est pourquoi, pour ma part, je préfère poursuivre l’analyse. Penser que si Jouannais aime lui-aussi cette phrase, pour peu qu’il s’y soit tenu jusqu’à présent comme il l’avoua en rougissant presque sur le plateau, cela tient dans l’ensemble à une expérience profonde et humaine. Un sentiment fait de temps, de paradoxes et de contradictions.

    Plus une phrase, si tant est qu’elle contienne un peu de profondeur, est simple d’apparence, plus il nous faut rester humble face à elle pour espérer la dompter. Ici, il nous faut en plus saisir l’atmosphère. Avoir de l’humour un minimum. Comprendre la douce provocation. Car cette petite phrase est avant tout l’histoire d’une réconciliation.

    Ainsi, la proposition « Faire de la recherche historique, c’est raconter des bobards », ne nous sera audible qu’en considérant, avec Nietzsche en l’occurrence, que la subjectivité de l’auteur est intrinsèque à tout ouvrage quel qu’il soit, des arts jusqu’aux sciences brutes et dures en passant par les sciences humaines, peut-être aussi indispensable à la bonne compréhension de l’ouvrage par un lecteur avisé, et que dans le même temps, l’objectivité humaine n’est qu’un Eldorado inatteignable et stérile, une illusion parmi tant d’autres… les êtres humains ne seront jamais des robots, même avec l’EPO ! Tout au plus pourront-ils peut-être en concevoir un jour, s’ils ont le temps… et plus l’auteur ou le chercheur tend vers cette objectivité, plus son ouvrage en devient à la fois obscure et stérile.

    Les groupes de recherche ne changent rien à cela. Si l’individu possède son histoire propre, son éducation, sa culture, son prisme politique etc… qui influeront, ou manqueront, le groupe, lui, qui n’est rappelons-le qu’une somme d’individualités possédant également son histoire propre, ses jeux internes, ses exclusions internes et externes, (un groupe peut se définir par des individualités qui ne s’y trouvent pas ou qui n’y trouvent pas leur place…), qu’une somme d’égos forts et inconciliables le plus souvent, en dehors des terrains que proposent la méthode ou la sympathie corporatiste auxquelles ils s’accrochent imperturbablement.

    Mais là ne s’arrête pas le raisonnement. Pour le comprendre, d’ailleurs, il faut à contrario s’enlever de l’esprit qu’une fiction, un roman historique, une histoire quelconque avec un petit h, raconte nécessairement n’importe quoi. Et savoir faire la distinction entre une fiction sérieuse et un fantasme, un délire, une spéculation intellectuelle frénétique, comme nous l’avons fait entre une science stérile, objective, déconnectée de toute vie immédiate et une science chargée, risquée, vécue, subjective. Savoir faire la part des choses entre le fond et l’apparence, entre l’avoir et l’être, comme le dirait Fromm. Voilà ce que murmure ici la fiction à la science : ose, risque ! Une méthode n’existe que pour être contournée, relativisée. Un livre, quel qu’il soit, pour être ludique et abordable. On ne doit pas s’emmerder en te lisant ! Voilà ce que tonne ici la science, la recherche, à la fiction : discipline-toi un peu crénom, soit curieuse, découvre, apprends ! Et reste ancrée dans le réel bon sang, ne perds jamais ça de vue !

    « Faire de l’Histoire, c’est raconter des histoires ». Cela paraît provoquant à l’oreille de l’historien, cela fait des bulles, et nous le comprenons ! Car l’Histoire, en tant que recherche historique, entretient en effet une relation intime, singulière et par conséquent, privilégiée avec le réel, très différente bien qu’il soit non-vécu, de celle de la fiction, du roman historique, qui sont, eux, libres de le déformer, comme de s’en passer.

    Cependant cette phrase, comme je le disais plus haut, prend tout son sens dans la réconciliation. La réconciliation entre la science et la fiction, entre le livre d’histoire et le roman historique ou plus largement, entre l’esprit littéraire scientifiquement illogique et l’esprit scientifique, littérairement rigide, laborieux et prétentieux, quand ce n’est pas tyrannique. Dans cette phrase naïve et simple les deux se mélangent et se complètent. Si l’on raconte la science, ou si on lit la science comme une histoire, elle peut toucher plus facilement et intéresser. Si la fiction se discipline, s’ancre dans un réel immédiat et se documente, elle en gagne en consistance et en précision. En crédibilité.

    Dans cette perspective, l’assimilation de l’Histoire à un type particulier d’histoires, appuyée à l’oral par l’homonymie et la fameuse respiration, n’est donc ici ni péjorative, ni dégradante, bien au contraire. L’humilité et la décontraction dans lesquelles elle tombe lui donnent du relief, de la fragilité, quelque chose d’humain et de vivant qui la réconcilie du même coup avec le lecteur. L’histoire avec un petit h, la fiction, fait le chemin inverse et s’en voit grandie : à mesure que le réel, construit et précis, s’immisce dans ses organes. Tout y est question de dosage, d’équilibre et de sincérité. C’est ce dernier point qui fait selon moi la différence entre des ouvrages réussis ou ratés, en art comme en sciences.
    Voilà. Vous fut contée à l’instant l’histoire d’amour champêtre entre un petit homme de lettres nerveuses et une petite phrase… douce et si surprenante !

  • dominique dit :

    ce qui m’exaspere le plus dans le succes de ce métronome (celui sorti dans le métro etait bien meilleur d’ailleurs) c’est que maintenant LD est invité dans les écoles pour raconter des conneries historiques que les élèves retiennent. on se moque des élèves qui ne connaissent plus l’histoire de France, mais cela ne gene personne d’inviter comme personne ressource quelqu’un qui fait une erreur historique par phrase, ou a peu pres. je suis prof dans le secondaire, et en 5èmes, les élèves ne font même pas l’erreur de LD sur l’art gothique . mais une amie instit a vu LD en action dans son école parisienne. elle a passé pas mal de temps ensuite à rétablir les faits les plus simples (et l, on parle meme pas d’ideologie, juste de fait factuel elémentaire…) c’est comme si on invitait dans les écoles quelqu »un qui dit que 2+2=5, parce que c’est moins ennuyeux que celui qui dit 2+2=4

    • goliard dit :

      Merci pour ce témoignage très intéressant. D’ailleurs, le témoignage de votre amie nous intéresse. Serait-elle intéressée pour en parler avec nous.

  • amnesiac dit :

    LD vient de faire un livre sur Céline et a oublié de mentionner qu’il était antisémite.

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