Newsletter

Pour recevoir en primeur nos infos fraîches et nos invitations.

Goliard[s], un mot voyageur…

Le Pays de Cocagne, 1567, par Pieter Brueghel (1525-1569).

Goliard[s], d’où vient ce mot, mais qu’est-ce que ça veut dire bon sang de bois ? Des définitions, en voilà à la pelle, par centaines comme les feuilles mortes qui tombaient sur Brest ce jour-là, souviens-toi, Barbara.
Pour simplifier, les goliards auraient été des étudiants itinérants désargentés, échangeant leur savoir contre un verre de vin et un repas chaud, des déclassés se moquant des pouvoirs en place, notamment de l’église. Certains d’entre eux auraient même écrit au XIIIe siècle les Carmina Burana, chansons où le paillard se mêle au grandiose.
Voilà pour l’image d’Epinal. Parce que des goliards, nous ne savons rien, ou presque. Personne n’a jamais écrit un texte au Moyen âge en se revendiquant d’une identité goliarde, pas même François Villon, poète et voleur parisien du XVe siècle, mais étudiant raté. Seuls les textes officiels parlent des goliards, en des termes peu amènes. Or, tenter de découvrir ce qu’ont pu être les goliards à travers ces sources, c’est un peu comme découvrir la banlieue à travers les discours de Claude Guéant…
Reste donc un vague image. Pourquoi s’en revendiquer alors ? Parce que la situation contemporaine s’y prête bien. Les étudiants sans poste, insatisfaits de l’avenir qui leur est réservé, sont nombreux, et ceux qui ont soif d’apprendre, de comprendre, aussi, et d’accéder à un savoir qui leur est désormais interdit. La rencontre entre ces deux publics ne pourra avoir lieu qu’en dehors des universités, qui après quelques décennies d’ouverture après-guerre, se referment de plus en plus, dans ces mêmes rues où les goliard[s] jadis, donnait cours, se jouant des hiérarchies, y compris celles des savoirs…
Et le lien avec la peinture de Pieter Brueghel. Simple, dans la rue, l’échange des savoirs se doit être un festin, une fête, une utopie réalisée… alors quoi, rejoignez-nous, et amenez votre bouteille.

8 réponses à Goliard[s], un mot voyageur…

  • yannick dit :

    Yep, dès que je peux, je vous rejoins !

  • Yaël F. dit :

    Est-ce que le mot ne pourrait pas venir du mot Goliath le Philistin qui se bat contre David? Un historien néerlandais du théâtre l’ a suggéré.

    • goliard dit :

      Tiens, intéressante suggestion. Pourriez-vous nous indiquer une référence s’il vous plaît, cela nous intéresse grandement.

  • Delcuse dit :

    Lien vers le wiki, qui semble des plus sérieux:
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Goliard

  • De la brousse dit :

    Euh, ce ne serait pas la pluie qui tombait sans cesse sur Brest, rappelle-toi Barbara ?
    Nan… c’est bien et surtout stimulant les mélanges et les anachronismes (OK pas ceux de LD^^!) et même les défaillances d’orthographe, c’est pas grave, ça permet de repérer les « djeuns », et non! ce n’est -hélas?- plus décrédibilisant vu que l’administration elle-même laisse désormais passer des notes des ministères ou des DGtrucmachinchose avec fôtes et validées de nos très hautes et très honorées élites. Au moins, les goliard(e)s font des interventions pertinentes et rigolotes (pas mal le comparatif avec Rammstein, mais évidemment ce n’est pas la même génération, Barbara^^).
    Bref, survoler le site est une bonne surprise de cet a-midi pluvieux justement.
    Quant à la critique sur la vulgarité des réponses, un renvoi à la parole des griots/historiens traditionnels africains s’impose: elle est dotée d’une immunité totale puisque dénuée de tout pouvoir direct hormis celui du verbe qui en appelle à la noblesse de l’interlocuteur. Les gens de la parole peuvent même se livrer à des exhibitions scabreuses dont la honte retombe entièrement sur celui qui les a suscitées…

  • Ping : histoire | Pearltrees